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Dans l’empreinte du renard, il nous emmène tout naturellement au Mali, plus précisément chez les Dogons, un peuple hors du commun.
L’amitié est une vertu sacrée pour les Dogons et quiconque agit en traitre doit en assumer les conséquences. C’est donc le sort qui a été réservé à Nemego, le meilleur ami, si ce n’est le frère de Yadje, qui a osé entretenir des ébats avec sa fiancée, Yakomoro.
Le châtiment est alors inévitable: Yadje doit affronter son traitre d’ami Nemego, afin de laver son honneur, et ce, malgré qu’il ne le souhaite pas. Ainsi, très encouragé par sa sœur Yalemo, elle qui est une Dogono fière, et par son oncle Kansaye, également très attaché aux traditions de leur peuple, Yadje a bel et bien affronté Nemego sur la pierre sacrée où se déroulent tous les combats.
Hélas! C’est Yadje qui perdit la vie à la fin du duel, suivi de sa sœur qui, folle de rage, est tombée de la falaise en essayant de se précipiter sur Nemego. À partir de cet instant, les malheurs vont s’enchainer avec une suite de meurtres étranges laissant des victimes avec le corps atrocement enflé. Qui peut bien être à l’origine de méfaits aussi bizarres? C’est la question à laquelle le commissaire Habib et son fidèle compagnon, l’inspecteur Sosso, comptent bien répondre.
Fraichement sortis de Bamako, la capitale du pays, où la loi est régie par l’État, les deux flics se retrouvent alors dépaysés à leur arrivée en pays Dogon. Ils comprennent qu’afin de réussir leur enquête, ils doivent déconstruire leur logique basée sur la rationalité et s’immerger dans le monde mystique des Dogons. Sur ces terres, il n’y a pas besoin d’être visible pour tuer et ça, Habib et Sosso l’apprendront de gré ou de force, parfois au péril de leur vie.
L’Empreinte du renard n’est pas qu’une histoire de résolution de crimes par un commissaire de renom. Ici, l’enquête n’est qu’un canal permettant de nous présenter les facettes de ce peuple si particulier qu’est le peuple dogon. Cette tangente narrative apporte une dimension scientifique au roman, qui devient un vrai documentaire qui présente, analyse, et même confronte le mode de vie des Dogons à ses limites.
En effet, bien que le commissaire Habib soit né et ait grandi au Mali, il éprouve un dépaysement face aux Dogons, qui conduit à ce qu’il se sente étranger dans son propre pays. Son personnage l’avoue à la fin de l’enquête, et concède que ce fut une belle leçon d’humilité pour lui, d’avoir vécu auprès d’un peuple aussi ancré dans ses traditions, malgré l’usure du temps, le changement des mœurs, et même parfois l’oppression de L’État.
Moussa Konaté érige son roman au rang d’étude socioculturelle, qui recentre la question de la légitimité ethnologique: est-ce que l’appartenance à une ethnie mérite moins de considération, car leurs habitudes, leur mode de vie et leurs coutumes ne rentrent pas dans le moule conventionnel de la société?
Méditer sur cette question revient à cerner la pensée profonde de ce roman à la limite philosophique. Moussa Konaté offre une vision du Mali authentique, qui se veut détachée du regard des cultures étrangères.
