Des mineurs en 1935.
C’est Nicolas Denys, un explorateur français qui a signalé la présence du charbon sur l’ile du Cap-Breton en 1672.
Pendant les années qui suivirent, c’étaient plutôt les habitants locaux et les militaires en visite qui s’en prenaient pour un usage domestique. Puis, au début des années 1700, les Français ont commencé à exploiter cette ressource pour construire la forteresse de Louisbourg. À cette époque, l’exploitation se faisait à petite échelle, et le charbon était extrait le long des falaises.
La première mine a officiellement ouvert à Port Morien en 1720. Elle servait notamment à approvisionner la forteresse, et une certaine quantité de charbon était également exportée, clandestinement.
Cette mine était la première à utiliser des méthodes d’extractions souterraines régulières au Canada. Elle était aussi, semblerait-il, la première entreprise commerciale d’exploitation du charbon du pays.
À partir de là, l’industrie s’est développée petit à petit. La première exportation officielle de charbon a eu lieu en 1724. En fait, il s’agissait non seulement de la première exportation de charbon, mais la première exportation officielle de minéraux en provenance du Canada.
Vers la fin du 18e siècle, un quai d’expédition a été construit à Sydney Mines, ce qui marquait le début d’une nouvelle ère pour l’exploitation du charbon en Nouvelle-Écosse.
Vue aérienne de la mine No. 26 Colliery à Glace Bay.
L’exploitation minière a donc continué à prendre son essor. Dans les années 1800, il y avait des centaines de mineurs à Port Morion. Et de nouvelles mines ont commencé à ouvrir un peu partout au Cap-Breton, notamment dans la partie est de l’ile, dans des villes comme Sydney Mines, New Waterford et Glace Bay.
L’industrialisation et l’exploitation du charbon allaient de pair: l’industrialisation a certainement contribué à la hausse de la production annuelle du charbon et, en retour, le charbon a joué un grand rôle dans l’industrialisation et l’urbanisation de l’est du Canada.
En 1870, 21 mines étaient en activité au Cap-Breton et, ensemble, produisaient un peu plus d’un million de tonnes de charbon. Ce nombre a continué à augmenter: en 1915, le Cap-Breton a produit plus de 6 millions de tonnes de charbon, ce qui représentait presque la moitié du total à l’échelle nationale.
Le charbon servait soit à des usages locaux, soit à être envoyé dans d’autres provinces du Canada, comme le Québec, soit à être exporté aux États-Unis, dans le nord-est du pays
L’exploitation de cette ressource a été un moteur économique majeur de l’ile du Cap-Breton jusqu’au milieu du 20e siècle, époque à laquelle elle a commencé à connaitre des hauts et des bas.
Progressivement, les mines ont commencé à fermer. La dernière a fermé en 2001, ce qui a mis fin à l’industrie historique de l’extraction souterraine du charbon en Nouvelle-Écosse.
