Type de contenu: Rubrique
En moins de deux, nous avons planifié un rendez-vous à Paradise pour un café et une jasette.
FT: Pourrais-tu te présenter en quelques mots?
MM: Je suis Mireille Messier, autrice jeunesse. Nouvellement résidente de la vallée d’Annapolis depuis octobre, j’habite dans un petit village qui s’appelle Paradise. Auparavant, j’habitais à Toronto.
FT: Quelle langue était parlée chez toi?
MM: J’ai grandi en Ontario dans une situation francophone minoritaire, donc j’avais cette fougue à propos de l’importance du français. Mes parents étaient francophones, j’ai fait mes études dans des établissements francophones. En tant qu’adulte, je suis allée à George Brown à Ottawa en théâtre.
FT: Quelle langue parles-tu à la maison?
MM: Je suis Franco-Ontarienne. Mon conjoint est anglophone. Cependant, il est allé dans les écoles d’immersion et il parle très bien français, donc souvent, on parlait en anglais entre nous. On est vraiment une famille typique, exogame. Mes enfants s’adressent à moi en français et en anglais à leur père.
FT: Comment utilises-tu la langue française dans ta vie de tous les jours?
MM: J’écris en français, alors plusieurs des projets que je propose aux maisons d’édition sont soient bilingues ou francophones. Je fais de la rédaction, de la traduction, je fais aussi des voix pour des systèmes téléphoniques, des vidéos corporatifs, des publicités dont je fais l’enregistrement dans un studio chez moi.
FT: En quelle année ton premier livre a-t-il été publié?
MM: Mon premier livre est sorti en 1999. Selon mes recherches, il s’agit de Mirouille raconte, un recueil de contes qui s’adresse aux enfants âgés de six ans et plus.
Au cours de notre entretien, j’ai appris que certains de ses livres ont été publiés en espagnol, catalan, italien, coréen, chinois, arabe et en slovène. Mireille m’a mentionné qu’elle a un exemplaire de chacun des livres traduits en langues étrangères. Autre fait intéressant, certains de ses livres ont été adaptés en braille et en langage des signes québécois.
FT: Parle-moi de l’expérience de tes enfants qui ont grandi dans un environnement bilingue?
MM: Il y avait beaucoup de français et d’anglais dans la maison. Se faire dire de parler français par leur maman était parfois un fardeau pour mes enfants. Cependant, on n’avait pas de règle. Maintenant adultes, elles voient l’importance du bilinguisme — c’est un atout. Aujourd’hui, nos textos sont en français. Je crois que c’est important de continuer nos échanges dans cette langue. Pour moi, il était clair dès le départ que j’allais parler en français à mes enfants.
FT: Y a-t-il une langue que tu aimerais apprendre ou parler un jour?
MM: J’ai commencé à apprendre l’espagnol, c’est pratique quand tu voyages. Le japonais est une autre langue que j’aimerais aussi apprendre, si j’avais le temps.
FT: Comment ta capacité à parler les deux langues a-t-elle influencé ton expérience d’autrice?
MM: Le fait que je puisse écrire dans les deux langues à un niveau assez élevé est un atout autant pour les éditeurs que pour moi. En tant que créatrice, il y a certaines idées qui se prêtent mieux à un texte en français. Certains de mes livres ne sont pas disponibles en anglais. Lorsqu’il y a des jeux de mots ou qu’une histoire a davantage rapport avec la communauté francophone, ce livre va être publié en français. Je travaille avec des maisons d’édition françaises et anglaises. Lorsque surgit une idée, je sais maintenant que j’ai plusieurs années d’expérience en tant qu’auteur à qui je peux proposer le projet.
FT: Si tu pouvais inviter trois figures francophones à souper (vivantes ou décédées), qui choisirais-tu et pourquoi?
MM: J’inviterais mon oncle Jean-Marie, car il est vraiment drôle. Louis-José Houde serait aussi un invité à ma table parce qu’il est drôle. J’inviterais aussi Charles Beauchesne, qui présente les chroniques historiques «Les pires moments de l’histoire» sur OHdio. Il parle vite, c’est tordant. Ces chroniques sont drôles et parfois tragiques. Ce serait une soirée où on parlerait fort et on rirait fort tout en mangeant une bonne bouffe. Ce serait une belle soirée.
FT: Quelle chanson francophone voudrais-tu partager avec nous?
Homme Autonome de Damien Robitaille.
Quel plaisir d’avoir rencontré Mireille, une femme pétillante, inspirante et talentueuse. Je suis ravie que, à travers nos échanges, elle m’ait fait découvrir son monde littéraire et la manière dont elle partage son héritage francophone et anglophone avec les gens d’ici et d’ailleurs.
Si vous souhaitez découvrir ses livres et où vous pouvez la rencontrer, je vous invite à la suivre sur les plateformes suivantes.
