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J’ai appris qu’elle avait été étudiante dans un programme d’immersion à Kentville, bien qu’elle ait grandi dans une famille anglophone. Rencontrer quelqu’un avec qui échanger dans la langue de Molière dans ce petit village de la Nouvelle-Écosse fut sans aucun doute une magnifique surprise pour elle, mais il en fut une pour moi aussi.
QUESTION-RÉPONSE
FT: Pourrais-tu te présenter en quelques mots?
RW: Je suis Rachel Wadden, j’ai 23 ans et j’ai grandi à Kentville, en Nouvelle-Écosse. Je travaille comme enseignante d’anglais en Europe, mais cet été, je travaille ici à la bibliothèque de Canning.
FT: Depuis combien de temps vis-tu dans la vallée?
RW: J’ai vécu 19 ans dans la Vallée. Je suis partie à l’université Mount Allison, au Nouveau-Brunswick, pour 4 ans.
FT: Quelle est ton expression française préférée?
RW: Comme çi comme ça.
FT: Comment décrirais-tu ta relation avec la langue et la culture françaises?
RW: À l’âge de cinq ans, j’ai commencé le programme d’immersion française à l’école Kings County Academy à Kentville. J’ai aussi fait mon secondaire en immersion française.
C’est grâce à ce programme si aujourd’hui je parle français.
FT: Comment utilises-tu la langue française dans ta vie de tous les jours?
RW: Je n’utilise pas beaucoup la langue française, maintenant que j’ai fini mes études à l’école d’immersion. L’année passée, j’ai travaillé dans un restaurant et j’ai eu l’occasion à quelques reprises de parler en français.
Dans ma vie de tous les jours, j’aime écouter des livres audio. Je pratique l’écoute active (porter une attention spéciale afin de saisir le message émis par l’interlocuteur). Je pense que c’est une chose tellement importante.
Parfois je parle en français avec mon copain.
FT: Y a-t-il une langue que tu aimerais apprendre ou parler un jour?
RW: Oui j’aimerais apprendre une autre langue. C’est difficile de penser à propos de ça parce que français et espagnol, c’est déjà beaucoup. Dans le futur, j’aimerais apprendre la langue des signes française (LSF) parce que c’est un monde différent des autres langues. L’Italien ou le portugais sont des langues semblables au français, alors cela m’intéresserait de les parler.
FT: As-tu une chanson francophone que tu voudrais partager avec nous?
RW: Voici une chanson bilingue que j’aime: «I lost my baby» de Jean Leloup.
FT: Que t’apporte le fait d’être francophone? Et le fait d’être bilingue, qu’est-ce que cela représente pour toi? Comment navigues-tu entre les deux langues?
RW: Je trouve que j’aime beaucoup les différentes langues parce qu’elles me donnent aussi différentes perspectives dans ma tête.
C’est difficile parce que je sens que peu importe si je serai bonne ou pas en français un jour, je ne sais pas si je vais me penser totalement bilingue. Je pense que c’est à cause de mon environnement. Je crois que pour avoir une plus grande identité française, je devrais être capable de parler avec plus d’aisance et utiliser des expressions dans mes conversations.
FT: Y a-t-il, dans ton entourage, une personne qui partage ton héritage linguistique, qui t’inspire dans ton désir de parler français?
RW: La personne qui m’encourage beaucoup à parler français est ma mère, même si elle ne parle pas cette langue. Elle est toujours tellement contente que ses enfants puissent parler français. Elle est fière de nous.
FT: Si un jour tu avais des enfants, est-ce que tu voudrais qu’ils parlent le français?
RW: J’ai beaucoup pensé à cela. Oui, c’est tellement important pour moi. Je veux que mes enfants soient bilingues, et plus, si possible. Où est-ce que je veux vivre? Où est-ce que mes enfants auront la possibilité d’avoir une expérience bilingue?
J’ai adoré mon entretien et mes quelques rencontres hebdomadaires avec Rachel. Je l’ai vu s’exprimer sans filet lors de nos échanges informels durant nos sessions de Conversations in French. Audacieuse, même si parfois elle doutait de ses paroles en français. Je suis confiante qu’elle va continuer à apprendre, à acquérir de nombreuses connaissances lors de son séjour en France.
Peu importe si elle va s’exprimer en anglais ou en français, Rachel va laisser une magnifique impression où qu’elle soit.
Je te dis le mot de Cambronne ma belle. Si tu ne sais pas ce que cela veut dire, je t’invite a faire des recherches en ligne. C’est une expression que nous utilisons au Québec et elle est aussi utilisée en France.
J’attends avec impatience de connaitre ce que la vie t’offrira en France.
Sur cela, je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire. Je vous dis à bientôt. J’ai hâte de vous faire découvrir sous peu un nouveau portrait, un nouveau visage, une nouvelle voix en français dans la Vallée.
