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Originaire de Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, Natalie Robichaud occupe le poste de directrice générale de la Société acadienne de Clare et siège au sein de plusieurs comités culturels de la Baie Sainte-Marie.
Titulaire d’une maîtrise en cultures et espaces francophones, elle a réalisé son premier documentaire, Trécarré, en 2024. Produit par l’Office national du film du Canada, il s’agissait de son premier film professionnel.
Deux ans plus tard, Natalie Robichaud retourne derrière la caméra et revient sur le devant de la scène avec Le plaisir c’est de les mettre.
Ai-je mentionné que ce film porte sur des lignes à hardes? Oui, mais pas seulement. En près de 12 minutes, Robichaud nous embarque dans une comédie mettant en scène des personnages complètement opposés.
D’un côté, Suzanne, une jeune mère de famille citadine qui vient s’installer à la campagne. De l’autre, Agathe, une femme retraitée, traditionnelle, attachée à sa culture et, surtout, à ses hardes.
Avez-vous déjà emménagé dans un nouveau quartier et eu cette voisine qui se veut bienveillante, mais qui, à la limite intrusive, vous accueille comme elle seule sait le faire? Alors, vous vous reconnaîtrez sûrement en Suzanne.
Agathe, pensant bien faire, ne peut s’empêcher de s’indigner de la façon dont Suzanne sèche ses hardes «n’importe comment», déclenchant une interaction loufoque, à la limite de la querelle de voisinage.
D’aucuns pourraient trouver Agathe agaçante avec ses histoires de hardes. Mais si seulement il ne s’agissait que de ça.
Il fut un temps où les lignes à hardes ne servaient pas uniquement à étendre le linge. Très ancré dans la culture et le parler acadiens, cet outil à l’apparence banale permettait de créer des moments de communion entre les personnes, souvent d’un même quartier.
Luc d’Eon, Jacques Blinn, Anne LeBlanc, Marcel Aymar, Chelsea Comeau, Monique Comeau, Justine Boulianne, Natalie Robichaud et Alexandre Pirottin sur le tournage du film «Le plaisir c’est les mettre».
De là est née une véritable identité culturelle. La façon de sécher ses hardes, le type de poulies, de pinces utilisées, les tris par couleur ou par matière, sont devenus des caractéristiques propres à certaines localités.
Lors de l’avant-première de son film, Natalie Robichaud a ramené ces nuances parfois oubliées au centre des discussions. La projection a été suivie d’un long échange sur la façon de sécher les hardes et a suscité de nombreuses réactions et opinions.
Ce message rappelle que les lignes à hardes ne sont pas de simples objets de jardin. À une époque où elles ont été remplacées depuis belle lurette par les sécheuses automatiques, étendre ses hardes sur des cordes devient presque une corvée que l’on s’inflige volontairement. Pourtant, comme Robichaud nous le rappelle : «Le plaisir, c’est de les mettre».
Le court métrage sera disponible au grand public au début de l’année 2027, après avoir été soumis à des festivals.
Et vous, comment séchez-vous vos hardes?
