le Mercredi 3 juin 2026
le Lundi 11 août 2025 12:52 Photoreportage

À la découverte des origines de l’Acadie à LaHave: une fouille archéologique pour révéler le passé

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Bénévoles et étudiants en archéologie procédant aux fouilles archéologiques se déroulant au musée Fort-Point, le samedi 9 aout, à LaHave, sur la Rive-Sud de la Nouvelle-Écosse. — Crédit: Nicolas Jean
Bénévoles et étudiants en archéologie procédant aux fouilles archéologiques se déroulant au musée Fort-Point, le samedi 9 aout, à LaHave, sur la Rive-Sud de la Nouvelle-Écosse.
Crédit: Nicolas Jean

Les 8, 9 et 10 aout, le musée Fort Point a ouvert ses portes au public pour trois journées d'archéologie participative, offrant une occasion unique de se plonger dans l'histoire et de déterrer les secrets du passé. Ce projet, mené en collaboration avec l'archéologue Wesley Weatherbee, vise à explorer les vestiges du Fort Sainte-Marie-de-Grâce, une fortification française du 17e siècle.

À la découverte des origines de l’Acadie à LaHave: une fouille archéologique pour révéler le passé
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Jessie Grigg-Farquhar, directrice du musée Fort Point, explique l’initiative: «Aujourd’hui est une journée d’archéologie publique. Au cours de la dernière année et demie, nous avons travaillé avec l’archéologue Wesley Weatherbee pour faire des recherches sur la propriété ici.» 

Elle ajoute que l’objectif principal est de «découvrir le périmètre du fort pour avoir une meilleure idée de l’empreinte réelle, car il existe des cartes et des dessins anciens». La réponse du public a été enthousiaste. Toutes les places disponibles pour les deux équipes d’environ six personnes par jour ont été pourvues, soit près de 35 participants sur trois jours.

Jessie Grigg-Farquhar, directrice du musée Fort Point.

Crédit: Nicolas Jean

Les participants sont de divers horizons. «C’est une grande variété de gens du coin qui s’intéressent à ce site et connaissent l’histoire, ou des gens qui ont voyagé parce qu’ils ont une descendance acadienne ou mi’kmaw et qu’ils veulent vivre ce genre d’expérience, car c’est une occasion rare de faire ce type de travail.»

Des étudiants en archéologie sont également présents pour acquérir une expérience pratique.

L’archéologue Wesley Weatherbee, qui dirige les recherches au Fort Sainte-Marie-de-Grâce.

Crédit: Nicolas Jean

L’archéologue Wesley Weatherbee, qui dirige les recherches au Fort Sainte-Marie-de-Grâce, précise les cibles des fouilles: «À cet endroit, nous examinons la palissade ou le mur de clôture extérieur en bois du fort et nous cherchons à commencer à définir quelles parties du fort subsistent en examinant d’abord l’empreinte.»

Les découvertes sont déjà significatives. «Jusqu’à présent, nous avons retrouvé la tranchée de la palissade, qui a été identifiée pour la première fois en 1977. Nous l’avons retrouvée et avons pu la dater au radiocarbone et confirmer que cette caractéristique est bien liée au Fort Sainte-Marie-de-Grâce et à la colonie de Razilly.» 

Une fois collectés, les artéfacts sont catalogués, analysés, et les pièces brisées sont restaurées avant d’être confiées au Musée de la Nouvelle-Écosse. L’espoir est de les «transformer en exposition et de les faire conserver ici à LaHave afin qu’ils puissent faire partie de l’interprétation continue du site».

Carte de l’Acadie en 1632 dressée sur la base des données fournies par Champlain issue des archives de la famille Razilly. Cette carte est consultable au musée Fort-Point.

Crédit: Nicolas Jean

L’archéologue Wesley Weatherbee a eu un succès formidable en localisant et en excavant une partie d’un dépotoir, ou fosse à déchets, situé sur le côté nord ombragé de la chapelle en pierre qui se trouvait sur le site du Fort Sainte-Marie-de-Grâce.

Cette excavation a fourni beaucoup d’informations. Parmi les artéfacts découverts dans cette fosse, on trouve beaucoup de verres vénitiens très fantaisistes et de nombreuses poteries haut de gamme. Ces trouvailles suggèrent que les habitants vivaient dans l’abondance à cet endroit

Ce projet n’est qu’un début. «Nous ne faisons que commencer», l’objectif étant d’examiner l’ensemble du paysage de la colonie de Razilly et les familles qui en sont issues.

L’importance du site pour l’histoire acadienne est capitale, selon M. Weatherbee. «Oh mon Dieu, il semble que c’est là que la majorité des familles acadiennes sont venues en premier, puis ont déménagé à Port-Royal. La plupart de la population est venue de la migration de LaHave à Port-Royal.»

Il semble que c’est là que la majorité des familles acadiennes sont venues en premier, puis ont déménagé à Port-Royal. La plupart de la population est venue de la migration de LaHave à Port-Royal.

— Wesley Weatherbee, archéologue

Déroulement d’une fouille, étape par étape

La fouille commence par une séance d’introduction par l’archéologue pour en expliquer aux bénévoles les objectifs et le fonctionnement.

Crédit: Nicolas Jean

Le matériel fourni aux bénévoles est simple: une pelle, un seau, une petite balayette ainsi qu’une truelle pour grater le sol.

Crédit: Nicolas Jean

L’archéologue Wesley Weatherbee expliquant aux bénévoles comment se servir des outils fourni. Le sol doit être méticuleusement gratter, progressivement, pour creuser tout en s’assurant de ne pas endommager les artefacts qui pourraient s’y trouver. La terre collectée est placé dans un seau.

Crédit: Nicolas Jean

Une fois le seau rempli de terre, il doit être apporté à un tamis. 

Crédit: Nicolas Jean

Le tamisage est une étape cruciale qui permet de séparer la terre des roches et des possibles artefacts qui pourraient s’y trouver: charbon, brique, clou, etc. 

Crédit: Nicolas Jean

Une fois la terre tamisée, il faut manuellement rechercher les artefacts qui pourraient s’y trouver.

Crédit: Nicolas Jean

Lorsqu’un artefact est trouvé, ce dernier est sauvegardé dans un sac en plastique. 

Crédit: Nicolas Jean

Chaque artefact est placé dans un sac avec plusieurs informations qui permettent de déterminer la localisation et la date de la découverte. 

Crédit: Nicolas Jean

Tout au long du processus de fouille, l’archéologue prend des notes pour documenter la progression et les découvertes. 

Crédit: Nicolas Jean

Cette fouille a permis de commencer à délimiter l’emplacement de la palissade du fort.

Crédit: Nicolas Jean

Une fois la recherche terminée, des bâches de plastique sont étendues au-dessus des fouilles pour les protéger.

Crédit: Nicolas Jean

Les bénévoles nous parlent de leur motivation.

Christopher Pernette, de West LaHave, bénévole présent lors de la fouille du samedi 9 aout.

Crédit: Nicolas Jean

Plusieurs bénévoles présents ce jour ont partagé leurs motivations. Chris Pernette, de West LaHave, est un habitué de ces fouilles. Il apprécie «l’histoire de la région» et il «aime creuser dans la terre pour trouver des choses». Bien qu’il ait des ancêtres anglais liés aux «Tuniques rouges» et à Cornwallis, il a découvert que son quatrième arrière-grand-père aurait même «pris la déclaration pour Cornwallis à Grand-Pré».

Pour lui, ces fouilles sont une façon de comprendre l’histoire. «On apprend des choses que personne ne connaissait même si cet endroit est là depuis tant d’années.»

Il souligne également l’aspect social de l’expérience: «Vous rencontrez des gens intéressants. Des gens viennent de loin», citant des participants de Grand-Pré et même de la Caroline du Nord.

On apprend des choses que personne ne connaissait même si cet endroit est là depuis tant d’années.

— Chris Pernette

Ann Bennett, bénévole présente lors de la fouille du samedi 9 aout, ainsi que celle ayant eu lieu en 2024 avec sa famille.

Crédit: Nicolas Jean

Ann Bennett, qui passe ses étés à Petite Rivière et vit à Calgary, a également un lien familial avec le site: l’oncle de son mari était «en charge de l’armée ici il y a longtemps», et sa grand-mère était «l’une des premières personnes impliquées» dans la reconnaissance du site historique. Elle et son mari partagent une passion pour l’histoire, et son mari est lui-même Acadien, renforçant leur connexion au site.

Ce projet archéologique au Fort Point n’est pas seulement une exploration du passé; c’est une plongée dans les fondations de l’identité acadienne en Nouvelle-Écosse. En invitant la communauté à participer, le Fort Point Museum, soutenu par des dons privés, assure que cette histoire reste une partie active de la mémoire collective.

Pour ceux qui n’ont pas pu participer, le musée travaille à rendre l’information accessible en ligne à l’automne.

Carte disponible au musée et montrant la localisation du fort.

Crédit: Nicolas Jean

Type: Actualités

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