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Petit garçon, Didier Bovard, passionné de ballon, s’imaginait mener une carrière de footballeur professionnel. Mais les aléas de la vie en ont décidé autrement.
Enchaînant les petits boulots pendant quelque temps, c’est alors qu’un jour, il arrête tout pour partir enfin à l’aventure. Quelque chose dont il avait toujours rêvé.
«J’ai tellement dévoré des bouquins quand j’étais gamin, d’aventuriers, se souvient-il, que je me suis dit pourquoi pas moi?»
Nous sommes en 1996, et le voilà qui se lance avec My Way, son hydrocycle bâti par ses propres mains, pour une traversée de l’Atlantique, du Portugal aux Antilles. Le tout, en pédalant.
«Parce que personne ne l’avait jamais fait!»
Ses virées se poursuivent. Il continue sa découverte de l’Atlantique, et puis vient le tour de la mer des Caraïbes, du golfe du Mexique ou encore du lac Léman.
En 2021, il repart pour le projet Liberty 1886, un voyage qui l’amène depuis Paris jusqu’à la Statue de la Liberté.
«C’était l’après-Covid, pour parler justement de la liberté qui nous avait tant manqué.»
Après ce voyage, alors qu’il pensait en avoir terminé de ses aventures en mer, l’envie d’une nouvelle traversée de l’Atlantique finit pourtant par le titiller à nouveau.
Didier Bovard.
Et cette fois-ci, c’est d’Halifax qu’il souhaite partir pour arriver jusqu’à la France.
«Je me suis dit un jour, pourquoi je ne repartirais pas?»
Un jour, ou plutôt une nuit, car c’est en rêve que lui vient l’idée de sa nouvelle expédition. Un rêve où, surprenamment, son bateau lui apparaît tout en rose. Un signe de prédilection?
«Rose, pour moi, c’était Octobre rose, c’était Ruban rose, donc l’association contre le cancer du sein. Et je me suis dit, allez, je lance mon nouveau projet!»
Car à l’origine de chacune de ses traversées, Didier Bovard a toujours été animé par la volonté de soutenir une association.
«Je suis un aventurier, tout simplement, qui essaye de faire les choses au mieux.»
Il a d’ailleurs été quatre fois parrain des Virades de l’espoir pour la lutte contre la mucoviscidose, ainsi que de Une chance, un cœur, une fondation qui offre une prise en charge chirurgicale et médicale à de jeunes patients de pays défavorisés.
«Pour moi, c’est important parce que c’est un moyen de communication, c’est un moyen de faire une récolte d’argent. Vous savez, moi, j’ai perdu mon père à cause du cancer, donc je suis touché personnellement. Et voilà, je crois que la seule façon pour que la recherche vraiment avance, c’est de donner de l’argent, de faire des dons.»
Ainsi, avec Projet Résilience, le nom qu’il a choisi pour sa future traversée à bord de son bateau rose, son objectif est de récolter un euro pour chaque kilomètre parcouru.
«On peut toujours rêver qu’il y ait des gens qui donnent un maximum. Et un euro, c’est quand même pas grand-chose pour une personne. Donc, si on s’y met tous!»
Le bateau My Way.
Actuellement à Thonon-les-Bains, en pleine rénovation de son bateau qu’il chouchoute et dorlote avant le début du Projet Résilience l’été prochain, on lui demande: et après ça, lui qui ne semble jamais s’arrêter, a-t-il encore des rêves à réaliser?
«Le grand projet dans ma tête, c’est de voir finir la vie de mon bateau My Way dans un musée. Il a tellement un historique extraordinaire, ce bateau!»
Pour autant, l’aventurier reste lucide. En habitué des mers, il sait bien que, sur les eaux, tout peut arriver.
«Soit le bateau va s’échouer sur des rochers, soit je vais le perdre en mer, j’en sais rien. Donc, je ne mets jamais les choses en avant. Mais c’est clair qu’après, si le bateau, si moi, revenons en bonne santé, si je n’ai pas trouvé un musée, peut être que j’aurai encore une autre idée en tête. Il y aura toujours une fondation, une association qui va m’accompagner, ça, c’est clair.»
Si l’occasion se présente, ce serait cette fois une fondation pour la cause animale ou pour celle des enfants qu’il aimerait soutenir.
«Les enfants font toujours partie de mes projets. Je fais toujours des conférences dans les écoles, je passe beaucoup de messages sur justement le fait d’avoir des rêves, de faire tout pour les réaliser. C’est très important.»
Aujourd’hui, en quête de commanditaires, de réseau, de toute personne qui pourrait appuyer son projet, il espère très sincèrement que ses objectifs viendront toucher les cœurs de la Nouvelle-Écosse.
«C’est très important quand j’arrive à un départ, que ce soit au Portugal, en Espagne ou quand j’étais aux Antilles, d’avoir vraiment des gens qui s’occupent de moi, qui m’accueillent, ne serait-ce que pour le bateau. Parce que quand je vais arriver par cargo, le bateau, il faut absolument que j’arrive à trouver une remorque, qu’on puisse voir où je peux le mettre, que je puisse créer de l’amitié autour de ce projet.»
Car s’il envisage son arrivée en Nouvelle-Écosse en juin 2027, il est certain que, dans son esprit d’aventurier et pour My Way, le voyage a déjà commencé.
«Je suis comme un oiseau, comme un aigle royal, si j’arrête de battre des ailes, c’est bon, je pique du nez.»
Le site Internet de Didier Bovard pour suivre ses actualités : http://www.didierbovard.com/
