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Cette année, le prix a été décerné, le vendredi 17 octobre, à Darrell Samson, ancien conseiller scolaire du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) et ancien directeur général du CSAP, avant de devenir membre élu au Parlement canadien.
Darrell a été d’abord enseignant dans la région de Halifax. Il a été élu membre du CSAP dès ses premières élections en 1997. Il était conseiller scolaire jusqu’en 2003, lorsqu’il a démissionné pour devenir directeur général adjoint du conseil scolaire dans la région centrale. Il est ensuite devenu directeur général du CSAP en 2005, poste qu’il a occupé jusqu’en 2015.
Il a alors été élu député fédéral au Parlement canadien, où il a siégé pendant 10 ans.
«Fier Acadien, Darrell Samson a marqué l’histoire du CSAP par son leadeurship et sa détermination à garantir aux ayants droit un accès réel à une éducation en français de qualité, peut-on lire dans le communiqué de la FNCSF. Dès les années 1990, il s’est illustré par des actions audacieuses, notamment lorsqu’il a attiré l’attention publique sur l’état précaire de l’École acadienne de Pomquet, obtenant ainsi la construction d’une nouvelle école.»
Selon la FNCSF, Darrell a également joué un rôle déterminant dans la défense des droits scolaires des Acadiens et francophones de la Nouvelle-Écosse. «Il a notamment contesté les pratiques discriminatoires qui limitaient l’accès de certains élèves aux écoles de langue française en s’appuyant sur la Charte canadienne des droits et libertés. Grâce à sa ténacité, de nouvelles écoles ont vu le jour dans des communautés menacées par l’assimilation, permettant à des générations d’élèves de renouer avec leur langue et leur culture.»
Son engagement s’est poursuivi en devenant directeur général du CSAP. «D’abord, il a défendu avec vigueur les intérêts des élèves acadiens et francophones tout en renforçant les partenariats entre la communauté et les instances gouvernementales. Visionnaire, il a contribué à la mise en place du programme Grandir en français, un projet novateur de prématernelle qui assure aux enfants assimilés un apprentissage précoce de langue française. Cette initiative, toujours en vigueur aujourd’hui, a consolidé les assises de l’éducation en français en Nouvelle-Écosse.»
De plus, comme député fédéral de la circonscription de Sackville-Preston-Chezzetcook, Darrell a su sensibiliser la classe politique aux obstacles à une offre éducative en français. Il a su apporter notamment un soutien important dans le cadre des démarches politiques afin que Statistique Canada inclue, pour la première fois lors du recensement de 2021, des questions pour dénombrer les enfants admissibles à l’éducation en français, langue première, en contexte minoritaire.
N’étant pas capable d’assister à la présentation de son prix le 17 octobre, Darrell Samson avait préparé une vidéo par lequel il a remercié les membres des conseils scolaires francophones pour le prix prestigieux, le travail exceptionnel qu’ils font et leur leadeurship dans leurs propres régions, ainsi qu’au niveau national dans le domaine scolaire francophone.
Il a noté trois expériences vécues comme conseiller scolaire. Il y avait d’abord son intérêt envers la petite enfance. «Je criais l’importance d’avoir un programme de quatre ans pour permettre aux élèves d’apprendre la langue française avant de débuter l’école de façon formelle et d’assurer la qualité de l’éducation française ainsi que d’augmenter le pourcentage d’élèves. Après cinq ans comme directeur général, on a réussi à aller chercher l’argent et d’offrir un programme pour les enfants âgés de quatre ans», a-t-il noté.
La deuxième expérience qu’il a notée est celle de l’École acadienne de Pomquet. «Une réunion très importante a eu lieu dans une région acadienne qui voulait une nouvelle école pour remplacer une école très vieille. J’y suis allé avec une casquette dure en indiquant qu’il en faut une pour entrer dans la vieille école.»
En troisième lieu, il y avait le cas de cour Doucet-Boudreau lorsque la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse amenait le CSAP en cour pour bâtir des écoles d’ayant droit. «La réussite a indiqué le pouvoir qu’on a de négocier avec les gouvernements», selon lui.
Mon père me disait toujours: “Mon peuple veut, mon peuple a besoin, mon peuple mérite. C’est ma responsabilité de le défendre.”
«Mon père me disait toujours, selon Darrell: “Mon peuple veut, mon peuple a besoin, mon peuple mérite. C’est ma responsabilité de le défendre.” C’est exactement ce que vous faites (à la FNCSF), continuez ce travail. Il faut continuer de prendre sa place. Quand les temps sont difficiles, quand il y a moins d’argent sur la table, ce sont les minorités qui souffrent. On ne doit pas permettre cela.»
Darrell Samson avait déjà reçu en 2016 le Prix Edgar-Gallant, qui vise à souligner l’apport, à l’échelle nationale, d’une personne francophone ou d’un(e) Acadien(ne) au développement de l’éducation en français à titre d’administrateur(trice) dans le domaine de la gestion scolaire.
À la retraite de l’éducation et de la politique, Darrell rédige présentement un livre sur le leadeurship en éducation en langue française et en politique. Il est également consultant auprès des entreprises en éducation en langues officielles et en politique.
