Type de contenu: Actualité
Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
JP: Quelle est l’historique de Back to the Sea?
MG: J’ai fait un bac en biologie, puis une maitrise en muséologie. J’ai toujours travaillé dans les institutions muséales, scientifiques. Pis là, on a déménagé à Terre-Neuve, pis j’ai découvert le Petty Harbour Mini Aquarium. C’est le premier aquarium communautaire que j’avais visité.
Comment on définit les aquariums communautaires au Canada? Il y en a quand même plusieurs maintenant. Le premier qui a ouvert ses portes, c’est le Ucluelet Aquarium, en Colombie-Britannique. Le Petty Harbour a été inspiré de celui-là, de Ucluelet, et moi j’ai été inspirée du Petty Harbour […] habituellement, ils sont plus petits qu’un grand aquarium, comme [celui de] Toronto ou Vancouver, mais c’est pas juste la grosseur. C’est qu’on a vraiment choisi de montrer juste des espèces locales. Faque de parler des animaux qu’on a dans nos eaux à nous, puis de parler des enjeux qui […] font partie de l’Atlantique.
Ensuite, d’avoir beaucoup d’interactions avec le public […] Je ne suis pas contre les grands aquariums qui ont une place importante, mais souvent, quand qu’on visite les plus grandes places, on peut faire une visite au complet pis jamais parler avec personne. Faque nous, ici, c’est impossible. Tu vas toujours interagir avec nos employés, nos bénévoles, etc. Pis ça, c’est quelque chose qui fait vraiment qu’y’a un gros impact sur la visite des gens. Quand qu’on reçoit des commentaires, y’en parle beaucoup.
Puis finalement […] le «collect, hold and release». On attrape les animaux, on les présente pendant une saison, pis ensuite, on les relâche à la fin. Faque quand j’ai vu ça au Petty Harbour Mini Aquarium, puis le fait qu’il y avait des touch tanks, qu’on pouvait tenir les animaux – moi, je venais juste de travailler à l’insectarium de Montréal, pis j’avais vu la différence que ça peut faire quand qu’on permet aux gens d’avoir un hands-on education. Faque des gens qui rentraient dans l’insectarium pis qui, au début, avaient peur de toucher un petit phasme, un petit insecte super mignon, [en disant]: «Oh non, jamais, jamais!» Quinze minutes plus tard, ils me demandaient: «Sont où, les tarentules? Sont où, les scorpions?» Je voyais vraiment le changement dans les gens. Faque quand j’ai vu les touch tanks, ça m’a vraiment inspirée. J’étais comme, «Okay, ça, c’est l’équivalent pour les océans.»
Magali Grégoire, biologiste, éducatrice et muséologue au centre Back to the Sea de Dartmouth.
JP: Où est-ce que vous allez, pour collecter les animaux marins?
MG: On a l’aide de l’Université Dalhousie pour ça. Donc, c’est leur plongeur scientifique qui nous aide. Y va alentour du Northwest Arm, à Halifax, pis aussi à Sandy Cove, de Terence Bay.
JP: Quelles sont les procédures à suivre?
MG: Oui, il faut avoir des permis. Donc, nous, on fait une demande de permis auprès du [ministère de Pêches et Océans Canada]. Ils nous donnent notre permis pis ils analysent les espèces. Il faut dire le nombre d’espèces qu’on va attraper ou qu’on va les attraper. Pis, par la suite, afin de les relâcher, ça, c’est un permis différent. Donc, une fois qu’on a commencé notre saison, on dit quels animaux qu’on a. On leur demande la permission de les relâcher.
Ils sont quand même assez stricts. Ils regardent tout ça parce qu’ils veulent pas que, par exemple, si un animal pourrait devenir malade dans nos aquariums, y faudrait pas qu’on relâche un virus quelconque dans l’eau.
JP: Comment pensez-vous que votre philosophie de collecter, maintenir, relâcher contribue à la conservation de la vie marine locale et à l’éducation du public?
C’est bien parce que, premièrement, ça minimise notre impact environnemental. Donc, les animaux peuvent finir leur cycle de vie dans l’océan. Ça, c’est un de nos buts premiers. Pis aussi, ça l’aide parce qu’au cours des années, la perspective par rapport aux aquariums a beaucoup changé.
[…] on parle beaucoup du fait que c’est important de protéger les animaux marins, la conservation, mais des fois, les gens nous demandent, «Mais est-ce que c’est pas un peu hypocrite de laisser les gens ensuite toucher les animaux? Est-ce que ça les stresse?» Les gens se questionnent par rapport à ça. Pis, chuis toujours comme vraiment contente quand les gens posent ces questions-là parce que ça montre que les gens sont préoccupés.
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