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Jean-Philippe Giroux
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL
La province a pris la décision de retirer la demande et de maintenir le statut patrimonial de l’ancienne église Sainte-Marie de la Pointe-de-l’Église, en vertu de la Loi sur les biens patrimoniaux de la Nouvelle-Écosse, a annoncé l’Association Sainte-Marie héritage et développement (ASMHD), le 24 octobre.
L’Association a eu la permission du propriétaire de l’édifice, l’archidiocèse de Halifax-Yarmouth, de partager l’information.
«Le fait qu’ils nous ont permis de diffuser cette information-là, ça m’en dit gros, mentionne Stéphanie St-Pierre, coprésidente de l’ASMHD.
«Ils nous ont aussi affirmé qu’on avait le droit de dire publiquement qu’on entrait en discussion avec eux pour un protocole d’entente et qu’ils n’avaient pas l’intention de faire d’appel à la désignation patrimoniale.»
Stéphanie St-Pierre, coprésidente de l’ASMHD.
L’objectif du protocole d’entente, c’est de s’assurer que les gens à qui la propriété sera transférée, que ce soit l’ASMHD ou une autre entité, peuvent avoir l’appui et le soutien nécessaire pour procéder aux réparations.
Grâce à la loi provinciale, les propriétaires qui bénéficient d’une protection patrimoniale ne peuvent pas faire l’objet d’une démolition.
«Maintenant on peut vraiment concentrer nos énergies sur l’avenir de Sainte-Marie», a exprimé MaryAnn Gauvin, membre du comité consultatif local de l’Association, via un communiqué.
La coprésidente de l’Association précise que, bien qu’une démolition était moins probable à ce stade, certains aspects auraient pu être évoqués, dont le cout des réparations, pour justifier une démolition.
D’où la valeur ajoutée de la suspension. «On sentait que c’était quand même important de mettre une pression politique rapidement pour assurer que les gens soient au courant que, non seulement est-ce que les prix de réparation n’étaient pas si exorbitants que ça pour un édifice de cette taille-là, il y avait une équipe en place qui souhaitait voir quelque chose pour l’avenir», dit-elle.
D’autres étapes ont été complétées en amont. Sainte-Marie ayant été identifiée comme étant potentiellement dangereuse, il était important également pour l’ASMHD de faire une évaluation architecturale autonome pour démontrer qu’il n’y avait pas de problème structurel.
Mme St-Pierre insiste sur le fait que c’est les membres de la communauté impliqués dans le projet de protection et de restauration qui ont fait la différence, de plus que des appuis supplémentaires d’organisations, comme l’alerte patrimoniale émise par ICOMOS International.
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C’est un édifice magique, majestueux, qui a été construit par un village. On dit souvent que ça prend un village pour la construire, et ça va prendre un village pour la sauver.
Réparation du toit
Suivant cette annonce, une campagne de financement a été lancée pour effectuer, cet automne, des travaux de réparations au toit de l’édifice, où il y a une fuite. Il s’agit de l’élément le plus urgent, d’après les ingénieurs et architectes impliqués.
«On cherche environ 50 000 $ présentement pour des réparations d’urgence qui seraient faites avant cet hiver, précise Stéphanie St-Pierre. C’est vraiment notre souhait.»
Une partie de cette somme a déjà été collectée grâce à des levées de fonds dans la communauté, et l’Association sera présente dans quelques marchés de Noël cet automne.
«Puis, on va espérer qu’il y aura aussi des gens qui voudront faire des dons en espèces dans les semaines à venir», ajoute Mme St-Pierre.
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Une journée de réparation des fenêtres de l’édifice Sainte-Marie, au début de 2025.
De plus, au lieu d’ouvrir un nouveau GoFundMe, l’Association a invité les gens à aller sur la page actuelle qu’elle a déjà monté pour la première étape du projet, celle de la recherche et de la documentation.
En fin de compte, les services des architectes et ingénieurs ont été offerts gratuitement et les fonds amassés, aujourd’hui à plus de 11 000 $, ont été réaffectés aux réparations d’urgence.
Potentiel pour la région
Le prix des Gouverneurs 2025, décerné par la Fiducie nationale du Canada pour récompenser une initiative patrimoniale contribuant au sens d’appartenance d’une communauté, a été remis à l’ASMHD lors de leur conférence annuelle.
Selon Margo Sheppard, vice-présidente de la Fiducie nationale du Canada, le projet de Sainte-Marie est un «exemple de conservation du patrimoine mené par la communauté démontrant comment le leadeurship local peut protéger les identités culturelles et réinventer l’avenir des lieux patrimoniaux».
L’Association travaille en ce moment sur des plans pour éventuellement reconfigurer Sainte-Marie en Musée de la civilisation acadienne «célébrant l’expérience acadienne après leur retour de l’exil, ancré au sein d’une communauté acadienne et francophone vivante», communique l’ASMHD.
Ce projet pourrait éventuellement générer dans la région 4,4 millions de dollars d’activité économique et contribuer au PIB local à hauteur de 2,2 millions de dollars, d’après une évaluation économique professionnelle préliminaire, de plus que créer 38 emplois à temps plein.
L’ASMHD tenait à souligner les réalisations reconnues par la Fiducie, dont la numérisation haute résolution de Sainte-Marie, garantissant sa préservation en ligne, la pétition provinciale de près de 800 signatures en Nouvelle-Écosse et l’«Opération Pigeon», qui a eu lieu le 22 mars dernier.
