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La décision a été prise lors de la réunion régulière du Conseil des gouverneurs, le samedi 20 septembre. «Arthur LeBlanc est un grand Acadien dont le parcours inspire l’engagement et le leadeurship. Pilier de notre communauté, avocat et juge respecté, il incarne l’excellence, la sagesse et le dévouement qui guideront notre institution vers l’avenir», a dit Michel Samson.
Lors de la réception de reconnaissance, de gauche à droite: le recteur Kenneth Deveau, le chancelier sortant, Noël Després, et le président du Conseil des gouverneurs de l’Université Sainte-Anne, Michel Samson, lors de la présentation d’un cadeau pour ses années de service, une peinture de l’artiste locale, Amy Paradis.
«Monsieur LeBlanc s’inscrit dans une lignée de grandes personnalités et de chefs de fil de la francophonie canadienne et de l’Acadie à occuper la chancellerie de notre vénérable université. En tant que premier chancelier originaire du Cap-Breton, sa nomination témoigne de la présence provinciale de [l’]Université Sainte-Anne», selon Kenneth Deveau, recteur et vice-chancelier de l’Université.
Originaire d’Arichat-Ouest, Arthur LeBlanc a obtenu un baccalauréat en commerce de l’Université St. Francis Xavier en 1964 et un baccalauréat en droit de l’Université Dalhousie en 1968. Admis au Barreau de la Nouvelle-Écosse en 1968, il a pratiqué le droit pendant plus de 30 ans. Il a été nommé Conseiller de la reine en 1983 et juge à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse en 1998.
En 2000, le juge Arthur LeBlanc a arbitré en faveur des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse dans leur poursuite de l’obtention d’une éducation en français (voir l’article du Courrier de la Nouvelle-Écosse du 23 mai 2025, page 3) en insistant sur l’obligation énoncée dans la Charte canadienne des droits et libertés donnant gain de cause au cas de Doucet-Boudreau en 2003, un groupe de parents, et de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse (FPANE) après une longue bataille judiciaire pour obtenir la création d’écoles francophones homogènes en Nouvelle-Écosse.
Arthur J. LeBlanc, nouveau chancelier de l’Université Sainte-Anne.
Dans une décision marquante en jurisprudence canadienne, le juge LeBlanc avait insisté sur le fait que les obligations énoncées dans la Charte canadienne des droits et libertés comportent un caractère réparateur, obligeant le gouvernement provincial à prendre des mesures positives dans le but de freiner l’assimilation des ayants droit dans les régions de langue minoritaires.
Installé comme lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse en 2017, le nouveau chancelier s’est surtout intéressé aux questions liées à l’enseignement supérieur, aux arts de la scène, à la reconnaissance des anciens combattants, à l’histoire et au patrimoine acadien, aux relations entre la Couronne et les Autochtones et à la réconciliation jusqu’à la fin de son mandat en 2024, selon le communiqué de l’Université Sainte-Anne.
Arthur LeBlanc est membre de l’Ordre de la Nouvelle-Écosse, Chevalier de justice de l’Ordre de Saint-Jean et lauréat de la Médaille du jubilé d’or de la reine Elizabeth II (2002), de la Médaille du jubilé de platine de la reine Elizabeth II (2022) et de la Médaille de couronnement du roi Charles III (2024). Il est récipiendaire de doctorats honorifiques de l’Université du Cap-Breton en 2023 et de l’Université Sainte-Anne en 2025.
Arthur LeBlanc et son épouse, Patsy, ont trois fils, Pierre, André et Robert, leurs partenaires, ainsi que six petits-enfants, un ancrage familial qui reflète son profond attachement à la communauté, encore selon le communiqué sur sa nomination par l’Université.
Arthur J. LeBlanc, nouveau chancelier de l’Université Sainte-Anne, lors d’une cérémonie à Government House.
Lors de la réception en l’honneur du chancelier sortant, Noël Després, le recteur Kenneth Deveau a noté que, pendant les six ans dans son poste, Noël a comblé une longue liste de rôles au service de l’Université. «Il avait déjà accumulé 10 ans de service comme membre du Conseil des gouverneurs de l’Université avant de combler son rôle de chancelier. Avec 16 ans de service, j’ose croire qu’il détient le record pour les années de service. En plus, il a été président de l’Alumni de l’Université pendant cinq ans de 2007 à 2012», a noté le recteur.
Il en est très reconnaissant. «Alors que son mandat comme chancelier devait normalement tirer à sa fin l’an passé, selon la tradition, il a offert de rester une année de plus pour m’aider à m’installer comme il faut dans mon poste de recteur. Je serai toujours reconnaissant pour cela. Fidèle à son mot, il a été là pour moi pendant toute l’année pour offrir ses conseils, sa sagesse et son expérience.»
Pour sa part, le chancelier sortant a noté qu’il est venu au Collège Sainte-Anne à l’âge de 15 ans depuis Moncton. Il en retient beaucoup de souvenirs. «Ah, les mémoires de ma jeunesse ici. Je ne vais jamais oublier les amis, les sports, les études, le dortoir. C’est ici que j’ai rencontré Yvette», en parlant de sa famille, depuis qu’il s’est installé à Saulnierville dans la famille de Comeau Sea Foods, où il est devenu directeur général.
«Le village de Saulnierville, la région de Clare et l’Université ont réveillé en moi pas seulement une fierté, mais la réalisation que je suis ici suite aux milliers de sacrifices de nos ancêtres, et j’en suis un Acadien reconnaissant. Ça fait 125 ans que cette institution est ici et je suis convaincu qu’elle va continuer à éduquer et à contribuer aux gens de Clare et d’ailleurs.»
