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Des femmes acadiennes qui ont migré aux États-Unis sont à l’honneur

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Il y a 172 fiches biographiques des Acadiennes du Sud-Ouest parties aux États-Unis en exposition.  — PHOTO : Richard Landry.
Il y a 172 fiches biographiques des Acadiennes du Sud-Ouest parties aux États-Unis en exposition.
PHOTO : Richard Landry.

POINTE-de-l’ÉGLISE - Sur invitation d’Yves Frenette du projet pancanadien «Trois siècles de migrations francophones (TSMF) en Amérique du Nord, 1640-1940», le professeur Clint Bruce, directeur de l’Observatoire Nord-Sud à l’Université Sainte-Anne, a accepté de coordonner un aspect du projet au sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Des femmes acadiennes qui ont migré aux États-Unis sont à l’honneur
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Il s’agit d’un aperçu des femmes acadiennes de la région qui ont migré aux États-Unis avant 1940 et d’éléments acadiens vécus ailleurs, comme la râpure (voir Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, édition du 4 octobre 2024, page 8: Partir aux États).

En collaboration avec la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie, le projet du Sud-Ouest a pris de l’envergure, au point où il y a une exposition présentement à la Galerie Père-Léger-Comeau sur le campus de l’Université Sainte-Anne à la Pointe-de-l’Église. Le vernissage a eu lieu le samedi 8 mars, lors de la Journée internationale de la Femme, et y sera jusqu’à la fin mars, le Mois des Femmes au Canada.

L’exposition présente des maquettes de 172 fiches comprenant environ 200 biographies de femmes acadiennes de la région qui ont migré aux États-Unis pour le travail. Certaines sont même revenues dans la région après avoir travaillé là-bas, donc beaucoup de tantes et de parenté des Acadiennes et Acadiens du Sud-Ouest.

Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface au Manitoba est historien et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les migrations, les transferts et les communautés francophones. Financée par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada, cette initiative réunit un grand nombre de chercheurs et d’organismes partenaires dans le but de mieux comprendre les mouvements et les processus migratoires qui ont façonné les communautés francophones.

Le professeur Clint Bruce a expliqué le projet aux invités, le 8 mars, à la Galerie Père-Léger-Comeau.

PHOTO : Richard Landry

L’exposition locale, coordonnée par Carmen d’Entremont, associée de recherche à l’Observatoire Nord/Sud qui a fait beaucoup de recherches sur le sujet, est le fruit d’une démarche collaborative qui a débuté il y a cinq ans. Cette collaboration a réuni un comité de chercheuses bénévoles de Clare, affiliées à la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie et à l’Association Madeleine LeBlanc, et d’Argyle, affiliées dans leur région à l’Association des Acadiennes d’Argyle ainsi qu’au Musée des Acadiens des Pubnicos.

Deux expositions avaient déjà été lancées le 16 aout dernier à l’Université Sainte-Anne lors du Congrès mondial acadien, puis le 25 aout au centre communautaire de Pubnico-Est. L’exposition à la Pointe-de-l’Église comprend six thèmes: partir pour les États, les villes d’accueil, faire sa vie à la «Marique», le monde du travail, la râpure et la profession d’infirmière.

Les participantes de Clare et d’Argyle qui ont collaboré au projet local se sont inspirées des souvenirs de leurs tantes et d’autres membres de famille qui sont parties aux États-Unis. Ces bénévoles ont recueilli, auprès des gens de la communauté, des documents et des récits de migrations. 

Il y a aussi une importante collection de photos qui a été numérisée à l’Observatoire Nord-Sud. Les efforts du comité sont venus enrichir les enquêtes menées par les chercheurs universitaires, notamment Carmen d’Entremont et Clint Bruce, avec l’aide de plusieurs étudiants assistants de recherche. Les maquettes ont été préparées par Ramona Blinn, étudiante en maitrise à l’Université Sainte-Anne.

Un des six thèmes abordés à l’exposition.

PHOTO : Richard Landry

«La majorité des familles ici envoyaient des filles aux États-Unis et des jeunes hommes aussi. C’était un besoin de faire cette recherche sur les femmes, car on connaissait les histoires des hommes, mais pas des Acadiennes, a noté Murielle Comeau Péloquin de la Société historique. Nous avons aidé l’équipe à Clint Bruce, qui allait faire des entrevues. Nous avons rédigé les entrevues et nous avons demandé pour des photos des familles. Les gens locaux ont été généreux avec ces photos.»

Murielle a poursuivi en notant que, selon les notes rédigées, les femmes acadiennes qui allaient travailler aux États envoyaient souvent une partie de leur revenu à leurs familles ici en Nouvelle-Écosse. «Les Acadiennes avaient un peu d’argent de leurs salaires parce qu’elles ne payaient pas de loyer, de nourriture ni les déplacements pour se rendre au travail, puisqu’elles étaient pour la plupart des servantes chez leurs employeurs. Elles envoyaient de l’argent ici en Clare, ce qui a beaucoup aidé à l’économie locale.» 

«Chacune des personnes interviewées avait des différentes histoires à raconter. Il y a, entre autres, l’histoire des Acadiennes qui revenaient avec les cheveux coupés, ce qui ne se faisait pas en Acadie et qui a commencé une nouvelle tendance au Sud-Ouest.» 

«Quant aux jeunes femmes d’ici, la plupart d’entre elles se sont dirigées vers la Nouvelle-Angleterre, mais aussi à destination de New York, a noté Clint Bruce. En plus de chercher du travail et des opportunités éducatives, elles ont émigré pour s’éloigner d’un mode de vie traditionnel et sédentaire et pour s’épanouir et vivre de nouvelles expériences.» 

«L’émigration depuis les provinces des Maritimes a eu un impact majeur sur les communautés francophones tout en implantant de nouvelles branches de la diaspora acadienne aux États-Unis. S’il est essentiel de comprendre ce contexte général, notre exposition privilégie tout autant des récits de vie d’individus.»

Toutes les fiches préparées pour l’exposition seront éventuellement placées sur le site de l’Observatoire Nord-Sud pour permettre au public de les consulter dans l’avenir.

Type: Actualités

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