le Vendredi 5 juin 2026
le Mercredi 25 octobre 2023 9:00 Nos communautés - Clare

Marie Virginie Nyela, agente de développement scolaire et communautaire à l’École Stella-Maris

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Marie Virginie Nyela, agente de développement scolaire et communautaire à l’École Stella-Maris, située à Meteghan, en Clare.  — PHOTOS : De gracieuseté - Marie Virginie Nyela
Marie Virginie Nyela, agente de développement scolaire et communautaire à l’École Stella-Maris, située à Meteghan, en Clare.
PHOTOS : De gracieuseté - Marie Virginie Nyela

Marie Virginie Nyela est originaire du Cameroun, en Afrique centrale. Elle est en poste comme agente de développement scolaire et communautaire à l’École Stella-Maris de Clare depuis octobre 2019.

Marie Virginie Nyela, agente de développement scolaire et communautaire à l’École Stella-Maris
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Avant de vous la présenter, j’aimerais vous avouer que je pourrais écouter Marie Virginie parler pendant des heures sans me fatiguer. C’est une femme impressionnante, toujours bien habillée, qui dégage une grande sagesse, beaucoup de classe et émane le calme et la sérénité. 

C’est une personne facile à vivre, qui apprécie la présence et la compagnie des gens bien. Elle aime beaucoup les enfants « parce que ce sont des êtres fragiles, aimants et vrais qui rendent le bien-être gratuit ». 

Son parcours professionnel

Marie Virginie Nyela est titulaire d’une licence en sciences économiques et de gestion. « L’équivalent ici serait un Bac en administration des affaires », explique-t-elle.  

Au Cameroun, elle travaillait principalement dans le domaine de l’aviation civile. Elle a fait sa formation pour être hôtesse de l’air et a également travaillé comme hôtesse des relations publiques pour Aéroports Du Cameroun. « J’ai ensuite été recruté à la Cameroon Civil Aviation Authority, où j’étais pendant 16 ans », mentionne-t-elle.

Marie Virginie Nyela

Du Cameroun au Canada

L’agente a traversé l’océan Atlantique avec ses enfants pour venir rejoindre son mari, qui enseigne à l’Université Sainte-Anne. 

Marie Virginie Nyela avait l’habitude de vivre dans de grandes villes avant son arrivée au Canada, mais elle est tombée amoureuse de Clare et avoue qu’aujourd’hui, si on lui demandait d’aller vivre en ville, elle n’est pas certaine qu’elle accepterait. « Maintenant, je préfère visiter les villes en vacances, confie-t-elle. Après deux semaines, j’ai envie de rentrer chez moi, au calme, où c’est beau avec la vue sur la mer. » 

L’importance de travailler en français

À son arrivée à Clare, Marie Virginie Nyela voulait travailler en français. Elle raconte que les opportunités semblaient plutôt limitées, mais elle a commencé par faire du bénévolat, notamment avec la Société acadienne de Clare et le Groupe d’accueil communautaire de Clare. « J’y ai rencontré beaucoup de monde et c’est pendant cette période que j’ai vraiment établi mes relations communautaires », précise-t-elle. 

Avant d’être agente, elle travaillait à la Bibliothèque Louis-R.-Comeau de l’Université Sainte-Anne. « Je cherchais les opportunités de travailler en français », répète-t-elle. 

Marie Virginie parle de Clare avec beaucoup d’amour dans sa voix. « Les gens ici sont très accueillants. Je me sens bien ici, vraiment. Je travaille dans une très bonne école, j’ai une belle équipe. Quand je sors pour aller à Stella-Maris, j’ai envie d’aller au travail, raconte-t-elle, et si les projets que j’entreprends réussissent si bien, c’est en grande partie parce que les enseignants m’appuient. » 

Ce qu’elle apprécie le plus de son travail, mise à part la grande diversité et la flexibilité des activités à l’école et des tâches, c’est de voir la fierté et la reconnaissance des élèves et des parents.  

L’importance de se battre pour préserver sa culture

Un peu avant de terminer notre entrevue, Marie Virginie Nyela a reçu un appel de sa sœur. Lors de leur conversation, elles ont échangé dans une langue qui m’était étrangère. 

Après l’appel, j’en ai profité pour lui demander quelle langue elle parlait. À son tour, elle en a profité pour me partager une leçon qu’elle a apprise depuis son arrivée au Canada. « Quelque chose qui se passe ici et qui est allé me chercher, dans mon for intérieur, c’est la fierté acadienne, explique-t-elle. Comment les Acadiens se battent pour garder leur langue. La langue pour laquelle ils se battent, ce n’est pas le français standard, c’est la langue acadienne. » 

« C’est allé me chercher parce que moi, je n’ai pas fait ça. Je ne me suis pas battue pour préserver ma langue, relate-t-elle. Les Acadiens se battent pour le français, comme toutes les minorités francophones, mais en plus, ils se battent pour leur culture et leur langue ! Ici, ils se battent pour l’acadjonne ! » 

« J’ai appris ici que chaque être humain devrait se battre pour son identité et en être fier. On en parle. Nous, on a été victime de la colonisation. C’est venu avec des langues et une culture, et nous avons commencé à nous définir en lien avec ça, mais c’est grave et ça ne devrait pas être ça. On le dit, on sait que c’est important, mais on ne se bat pas comme les Acadiens pour préserver notre culture et nos langues, fait-elle remarquer. Les Acadiens, eux, se battent avec énergie et persévérance pour préserver leur culture acadienne ! »