La problématique est que le budget fédéral 2023 a livré un prolongement des fonds supplémentaires du programme Développement des communautés par le biais des arts et du patrimoine (DCAP), mais pas pour ceux du Fonds du Canada pour la présentation des arts (FCPA). À moins d’un changement de cap du gouvernement, les clients du FCPA voient et reçoivent des confirmations que leur financement va chuter de 23 % en moyenne, et ce, dès avril 2024.
Les recommandations supportées par CAPACOA
- Pérenniser les investissements supplémentaires de 8 millions de dollars par année dans le Fonds du Canada pour la présentation des arts (FCPA) et de 7 millions par année dans le programme Développement des communautés par le biais des arts et du patrimoine (DCAP), annoncés pour la première fois dans le budget de 2019, puis prolongés dans les budgets de 2021 et de 2023.
- Investir 30 millions de dollars de plus par année dans ces deux programmes (21 millions pour le FCPA et 9 millions pour DCAP) afin de soutenir l’adaptation et la croissance du secteur du spectacle vivant à l’ère postpandémique.
Cette augmentation serait extrêmement bénéfique pour RADARTS et ses membres de l’Atlantique francophone, car plus de 70 % d’entre eux ne sont pas encore clients au programme du FCPA. Sans bonification de l’enveloppe du ministère du Patrimoine canadien, ils seront encore laissés pour compte.
L’inflation a érodé les investissements de 2019 et sans hausse après la fin des mesures exceptionnelles, le financement de base qui sera accordé dans les années sera découpé en des parts de plus en plus petites par client. Les diffuseurs se retrouveront alors dans une situation d’autant plus critique et cela aura pour impact direct de fragiliser encore plus la circulation des arts de la scène dans nos communautés francophones en situation minoritaire au Canada atlantique.
Pourquoi est-ce grave de ne pas avoir ce financement de base revu à la hausse et pérennisé ? Parce que de plus en plus de personnes autrefois motivées et moteurs de l’industrie perdent foi dans le métier et quittent le secteur. Parce qu’il manque cruellement de ressources humaines pour faire fonctionner les organismes et assurer leur professionnalisme.
Reconnaître l’importance de ce secteur et maintenir sa santé afin qu’il puisse engager du personnel à des salaires raisonnables, c’est faire vivre les arts dans nos régions. Or, c’est tout le contraire qui se produit avec les choix de financement proposés.
Le budget 2023 a alloué plusieurs millions de dollars pour la croissance du tourisme, mais les diffuseurs hors festivals ne seront pas admissibles à ces aides. Les diffuseurs en salles doivent être enfin vus comme des atouts pour le tourisme et l’essor de la culture canadienne.
Pour les organismes qui travaillent dans les communautés en situation minoritaire, il s’avère prioritaire de faire reconnaître le secteur de la diffusion comme un maillon essentiel du développement artistique et culturel ainsi que du bien-être de l’ensemble des Canadiens et Canadiennes. Le gouvernement du Canada et son ministère, Patrimoine canadien, se doivent d’avoir un plan viable pour la croissance et la résilience du milieu.