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Cette réflexion m’est venue alors que je participais, en début de mois, au Congrès national 2026 de Réseau.Presse, qui marquait, notamment, le 50e anniversaire du regroupement à Ottawa.
Depuis que je travaille pour Le Courrier, le nom de cet organisme a souvent été évoqué au cours de nos réunions d’équipe, et j’ai moi-même été plusieurs fois en contact avec ses communicants par échange de mails et autres courriels — à défaut d’avoir un pigeon voyageur sur l’épaule pour leur transmettre mes pensées.
Je savais donc bien que nous sommes membres du réseau, autrement dit que nous faisons partie d’un regroupement national de médias qui rassemble, soutient et représente les journaux francophones en situation minoritaire, partout au Canada.
Mais au-delà de cette jolie définition, est-ce que j’avais sensiblement compris ce que cela signifiait réellement? Aujourd’hui, je dois bien l’admettre, non, je ne le crois pas tout à fait. Du moins, je n’avais pas entièrement saisi ce que cela constituait.
Car échanger par messages interposés n’est pas la même chose que rencontrer des individus en personne. (Je vous en apprends une belle, n’est-ce pas?) Et pourtant. Il ne me semble pas de trop que de dire qu’à l’ère de l’hyperconnexion, converser réellement avec quelqu’un est presque devenu de moins en moins anodin. De même que, dans cet étrange monde dans lequel nous vivons, il peut être facile de se perdre et d’oublier la flamme qui nous anime, les causes que nous défendons et les valeurs que nous portons.
Or, en échangeant avec ces personnes, en prenant le temps de les écouter, et en assistant aux diverses conférences, tables rondes et autres activités qui étaient organisées, je me suis rappelée pourquoi, en premier lieu, j’avais eu envie de faire ce métier, et pourquoi il me plaisait autant de l’exercer ici. Dans une province canadienne — pays officiellement bilingue — où celles et ceux qui parlent le français, ma langue maternelle, sont perçus et considérés comme une minorité.
Parce qu’être journaliste, pour moi, mais aussi photographe, vidéaste, infographiste, et la liste serait encore longue pour citer tous les artisans de l’information, c’est avant tout vouloir raconter des histoires qui nous semblent importantes, découvrir et porter des récits, notamment de celles et ceux qu’on n’entend pas, pas toujours, et parfois pas du tout. C’est savoir accepter de se mettre dans l’ombre pour laisser la lumière à celles et ceux qu’on ne voit pas.
Dans les rues d’Ottawa.
Comme nous, ici, en Nouvelle-Écosse, tous les membres de Réseau.Presse s’affairent à cela. Au sein des différentes régions, du Yukon à Saskatchewan en passant par l’Ontario et l’Île-du-Prince-Édouard, partout au Canada, leurs plumes et leurs images donnent la voix aux minorités provinciales — francophones, mais pas que —, rappellent que ce grand pays est pluriel, divers et interculturel.
Ainsi, en tous les rencontrant, toutes celles et ceux qui étaient présents, en partageant ensemble ces moments, durant ces deux journées intenses et des plus enrichissantes, j’ai d’autant plus réalisé, qu’aussi loin que nous puissions les uns et les autres nous trouver, et sans intimement nous connaître, nous sommes pourtant tous humblement liés par les mêmes objectifs et valeurs.
Pour notre société, pour nos collectivités, nous voulons que nos papiers et petites boîtes numérisées servent à narrer, reporter, informer des vies de la francophonie, de ses enjeux et défis, du quotidien des communautés marginalisées, parce que, elles tout autant, légitimes d’exister et dignes d’être représentées.
Enfin, alors que l’on se questionne de plus en plus sur l’avenir des médias, et notamment de la presse écrite, aujourd’hui, après ces deux jours de congrès, je me sens un peu plus optimiste. Oui, j’y crois. Je crois en l’avenir des médias, je crois en leur force, je crois en leur pouvoir et en leur bonne influence sur le monde.
Je crois, et je dis cela sans aucune prétention, que lorsqu’un journal exerce en toute liberté, il peut bel et bien contribuer à de belles avancées au sein de nos sociétés.
