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Le 17 novembre 2025, chaque seconde a compté lorsque les professionnels de la santé du Centre des sciences de la santé QEII sont intervenus pour lui sauver la vie.
Ce soir-là, il avait ressenti un malaise. Sa femme a décidé qu’il fallait consulter immédiatement et l’a conduit au Centre des urgences et de traumatologie Charles V.-Keating du QEII.
« Elle a pris les devants, raconte-t-il. Sans elle, je serais probablement mort. »
En quelques minutes, l’équipe médicale a reconnu la gravité de la situation et la nécessité d’une intervention urgente.
« On a pris ma température et ma tension artérielle, on a fait un ECG et à peine dix minutes plus tard, le médecin a annoncé que je faisais une crise cardiaque », explique Renaud.
Malgré le caractère potentiellement paniquant de la situation, la prise en charge a été remarquablement bien coordonnée. « Les médecins ont travaillé avec efficacité, dit-il, et les équipes soignantes m’ont traité avec bienveillance. Tout s’est déroulé rondement. » Il sait que cette intervention rapide a contribué à sauver son cœur.
Le Dr Ata-ur-Rehman Quraishi, chef de la division de cardiologie au Centre des sciences de la santé QEII.
Chaque seconde compte
Le Dr Ata-ur-Rehman Quraishi, chef de la division de cardiologie au QEII, rappelle qu’en cardiologie, chaque minute est cruciale. En cas de crise cardiaque, plus on intervient tôt, plus l’issue est favorable.
« Une crise cardiaque survient lorsqu’une artère coronaire se bloque soudainement, explique-t-il. Plus vite on ouvre cette artère, plus on sauve de muscle cardiaque. Nous encourageons les patients à appeler ou à se rendre ici dès les premiers signes de malaise. »
D’habitude, les patients arrivent en ambulance ou se présentent directement à l’urgence, comme Renaud. Lorsque les symptômes correspondent à un type précis d’infarctus, ils sont rapidement dirigés vers une salle de cathétérisme cardiaque, souvent en quelques minutes.
« Notre objectif est de rouvrir l’artère dans un délai de 90 à 120 minutes, précise le Dr Quraishi. Nous n’avons que très peu de temps pour agir. »
Après le diagnostic, Renaud a été transporté d’urgence à la salle de cathétérisme cardiaque Joseph Shannon Family, qui est financée grâce aux dons de la Fondation QEII et où des interventions vitales sont réalisées chaque jour.
Par une petite incision au bras droit, les médecins ont introduit un cathéter jusqu’au cœur, localisé l’artère obstruée, puis utilisé un ballon et une endoprothèse pour rétablir la circulation sanguine.
« Ils ont ouvert la valve qui était bouchée, dit Renaud. Et une autre aussi était passablement obstruée. »
Une seconde intervention a été nécessaire deux jours plus tard pour traiter cet autre blocage.
Renaud se dit reconnaissant pour les soins exceptionnels reçus à un moment critique, ainsi que pour le rôle joué par les donateurs à la salle de cathétérisme cardiaque Joseph Shannon Family.
« Leur soutien est précieux, parce que ces appareils coûtent cher, souligne-t-il. Je les ai vus fonctionner, et on bien voit leur très grande qualité. ».
De la crise cardiaque au rétablissement
Après un séjour de quelques jours à l’unité de soins coronariens du QEII, Renaud est rentré chez lui.
Au début, il se limitait à faire quelques pas. Dès la fin de semaine suivante, il reprenait la randonnée d’un pas au moins aussi vigoureux que sa femme.
Le Dr Quraishi rappelle que le rétablissement se poursuit après le retour au domicile.
« Les patients sont généralement hospitalisés pendant environ 72 heures, période durant laquelle leur traitement médicamenteux est optimisé, dit-il. Ensuite, ils rentrent chez eux et sont automatiquement orientés vers un programme de réadaptation cardiaque.
La réadaptation est essentielle à la prévention. »
Le programme de réadaptation cardiaque de Santé Nouvelle-Écosse met l’accent sur l’exercice, l’alimentation, la gestion des médicaments et la réduction des facteurs de risque. En effet, après la résolution d’une crise, le travail de protection du cœur se poursuit.
« Hypertension, diabète, cholestérol élevé, tabagisme : ce sont les principaux facteurs de risque à maîtriser. Les médicaments seuls ne suffisent pas. » En effet, selon le Dr Quraishi, les patients doivent surveiller et réduire leur tension artérielle et leur taux de cholestérol à l’aide d’une combinaison d’interventions.
Faire avancer les soins cardiaques par la recherche
Après sa crise cardiaque, Renaud s’est inscrit à un essai clinique au QEII appelé Artemis, dirigé localement par le Dr Quraishi en tant qu’investigateur principal de l’étude à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
« Il s’agit d’une étude multicentrique internationale menée en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, et nous sommes fiers de faire partie des centres canadiens participants », dit le Dr Quraishi.
L’étude vise à déterminer si une injection mensuelle d’un anti-inflammatoire contenant une molécule spécialisée peut réduire le risque de récidive d’infarctus chez les patients à haut risque.
« L’une des hypothèses est que l’inflammation des artères coronaires joue un rôle dans les récidives. »
Les participants reçoivent soit le médicament actif, soit un placebo et font l’objet d’un suivi étroit par l’équipe de recherche cardiaque. Les résultats seront disponibles d’ici deux ans.
Le Dr Quraishi souligne que la recherche est essentielle pour faire avancer les soins, mais qu’elle repose sur la participation des patients. « Nous sollicitons beaucoup de patients, dit-il, et nous sommes très reconnaissants envers ceux qui acceptent de participer à nos études. »
Il estime que l’investissement dans la recherche en soins cardiaques est essentiel en Nouvelle-Écosse comme au Canada, compte tenu du vieillissement de la population et de l’arrivée de personnes de divers horizons.
« L’âge est un facteur de risque pour les maladies cardiaques, dit-il, mais la Nouvelle-Écosse compte aussi une population immigrante jeune. Certaines personnes issues de l’immigration présentent aussi un risque accru de diabète et de maladies cardiaques plus tôt dans la vie. »
Le Dr Quraishi n’hésite pas à dire que les dons de la Fondation QEII contribuent directement aux recherches et aux avancées en soins cardiaques. Grâce à des initiatives comme le Fonds d’innovation du Centre cardiaque des Maritimes, le soutien des donateurs permet d’offrir des subventions aux chercheurs en santé cardiaque et aux médecins dans les provinces de l’Atlantique.
« Les dons nous permettent d’améliorer les soins partout en Nouvelle-Écosse, dit-il. En tant que seul centre tertiaire en cardiologie et centre de transplantation de la province, nous accueillons des patients de toutes les régions.
La Fondation QEII et ses donateurs ont beaucoup aidé à faire avancer la recherche, à acquérir de l’équipement et à améliorer les soins. »
Un temps de réflexion
La musique continue pour Renaud grâce aux soins d’excellente qualité reçus au QEII, à la générosité des donateurs et au battement régulier de son cœur reconnaissant.
À la suite de sa crise cardiaque, il a pris les deux mois de congé prescrits avant de réintégrer l’Orchestre symphonique de la Nouvelle-Écosse.
« Je suis un peu plus fatigué à la fin de la journée, reconnaît-il, mais cela n’a rien à voir avec ce que j’ai vécu ce jour-là. »
Dans ses temps libres, Renaud savoure des moments précieux : faire de la musique avec sa femme, partir en randonnée avec leur chien aux alentours du lac Kearny ou jouer à des jeux de société. Il demeure reconnaissant envers les équipes de soins du QEII qui se sont montrées calmes, compétentes et bienveillantes.
« Aussi paradoxal que ça puisse paraître, j’ai vraiment apprécié les soins qu’on m’a prodigués de si bon cœur, dit-il. Une très belle expérience, en fin de compte. »