le Mardi 16 juillet 2024
le Lundi 15 avril 2024 12:00 Communautaire

, un recueil de poèmes pour faire le tour de la Baie Sainte-Marie

Nâ, paru en mars de cette année, est le premier ouvrage du poète Guyaume Boulianne. 
 — PHOTO:  Instagram - Prise de parole
Nâ, paru en mars de cette année, est le premier ouvrage du poète Guyaume Boulianne.
PHOTO: Instagram - Prise de parole
L’artiste Guyaume Boulianne présente son premier ouvrage, où les lecteurs feront un voyage littéraire à travers la région de Clare, un village à la fois, un poème à la fois.
, un recueil de poèmes pour faire le tour de la Baie Sainte-Marie
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Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Publié par les Éditions Prise de parole, le recueil comprend des récits inspirés d’anecdotes et d’histoires en lien avec les villages de sa région d’origine. 

Fragmenté en deux parties, et Ô, chaque section suit le même trajet, mais le second est effectué en sens opposé pour offrir deux perspectives différentes des lieux. 

Le périple comprend le chemin du roi, de Rivière-aux-Saumons à Bas-de-la-Rivière, le chemin du fer, de Church Point Station à Hectanooga, et le chemin du bois, de Lac-des-Doucet à Southville. 

«Le concept derrière le livre, c’est que j’écris un poème pour chaque village de la Baie Sainte-Marie pis tu te promènes de manière de a à z dans la première moitié pis là, dans la deuxième moitié, tu te promènes de z à a», explique l’auteur. 

Guyaume Boulianne, artiste originaire de la Baie Sainte-Marie. 

PHOTO: Éric Dow

est beaucoup plus inspiré de son vécu et de la Baie Sainte-Marie moderne des 30 dernières années, tandis que Ô présente un travail davantage artistique et historique portant sur la fondation des villages. «C’était la première fois que je faisais un travail comme ça icitte, mais j’en ai beaucoup appris, dit-il, pis c’était vraiment le fun!» 

Il souhaite que les lecteurs développent une appréciation historique de la culture acadienne de Clare, de son passé et de son présent, tout en se divertissant. 

En 2018, Boulianne a été l’un des 22 auteurs en lice pour le Prix de poésie Radio-Canada, destiné aux professionnels et amateurs canadiens de la création littéraire. Il a présenté un extrait de pour la première fois dans le cadre de ce concours. 

Six ans plus tard, son projet est devenu un recueil complet. Il a fallu environ une année de travail d’édition avec Sonya Malaborza, éditrice pour les provinces de l’Atlantique à Prises de parole, et Chloé LaDuchesse, poétesse et écrivaine. 

Pour ce faire, elles ont adopté une approche coopérative. Ne venant pas de Clare et n’étant pas au courant de tous les référents culturels et linguistiques de la région, elles se sont plutôt concentrées sur les thèmes et les éléments des poèmes qui pourraient intéresser un public plus diversifié et plus large. 

«C’est ça qui a fait une grande différence sur ma méthode pis mon approche, observe le poète. Pis c’est ça que je voulais itou, en travaillant avec des éditrices de même.» 

Son ouvrage débute avec deux citations, une de l’écrivain portugais Fernando Pessoa, et une autre de Georgette LeBlanc : «On a beau célébrer la noblesse de l’oralité, le temple du monde occidental demeure la bibliothèque.» 

Boulianne aime beaucoup l’oralité, les contes et les chansons traditionnelles, qui ont eu une grande influence sur son épanouissement artistique. Il aime aussi l’écrit. D’ailleurs, dans son recueil, il cite plusieurs livres d’historiens et d’artistes de Clare qu’il a progressivement ajoutés à sa bibliothèque personnelle. 

«C’est beau la tradition, mais je crois qu’il faut point nier toute l’importance de ce qui a été mis noir sur blanc sur papier pis qui vit de cette manière-là, mentionne-t-il. L’oralité, c’est great, don’t get me wrong, j’adore la tradition, mais tu sais, faudrait pas oublier qu’un livre, ça va loin.» 

est rédigé dans son parler, l’acadjonne, et inclut des mots qui ne sont pas dans l’usage de tous les jours. «Il y a une importance là-dedans itou. Tu sais, écrire ou performer dans un français qui est standard ou en anglais, I guess que je pourrais le faire, mais ça serait point authentique.» 

Il y a des lacunes en matière d’accessibilité à la lecture et l’écriture en Nouvelle-Écosse, constate l’auteur, mais il rappelle qu’il y a divers auteur(e)s, dont Germaine Comeau, Georgette LeBlanc et Céleste Godin, qui se sont fait un nom. 

À lire aussi : Se frayer un chemin en tant qu’écrivain

Pour les nouveaux auteurs et poètes, il conseille de faire lire ses œuvres et de chercher de la critique constructive, «une grosse étape dans tout apprentissage artistique». 

Le lancement officiel de se tiendra au Laundromat Espresso Bar, le 18 avril, lors de l’édition 2024 du Frye Festival de Moncton. 

Boulianne sera également au Salon du livre du Grand Sudbury, qui aura lieu au mois de mai, pour promouvoir son recueil de poèmes.