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le Lundi 3 novembre 2025 9:00 Actualités provinciales

Le CSAP dénonce les obstacles à l’éducation en français

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Affiche de l’École secondaire de Clare, l’une des 23 écoles du Conseil scolaire acadien provincial.  — PHOTO: Archives
Affiche de l’École secondaire de Clare, l’une des 23 écoles du Conseil scolaire acadien provincial.
PHOTO: Archives

Malgré les progrès accomplis, les élèves acadiens et francophones de la Nouvelle-Écosse continuent de faire face à d’importants obstacles. Le Conseil scolaire acadien provincial appelle à des actions concrètes pour atteindre une véritable équivalence.

Le CSAP dénonce les obstacles à l’éducation en français
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Type de contenu: Actualité

Jean-Philippe Giroux
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL

Le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) a rendu public son plus récent rapport, qui présente l’état de l’éducation en langue française en Nouvelle-Écosse. 

Elle énumère des recommandations pour franchir les obstacles à l’éducation, qui comprend le temps en autobus pour se rendre à l’école, les enjeux d’infrastructure et «la quête de l’équivalence réelle».

L’équivalence réelle réfère à l’écart de financement à combler pour «atteindre une véritable équivalence réelle avec les écoles anglophones», publie le CSAP. 

«Reconnaissant que l’éducation en français en milieu minoritaire entraine des couts supplémentaires, le CSAP souhaite établir, en collaboration avec le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, une formule de financement unique et transparente qui réponde pleinement aux besoins des élèves et des communautés francophones.»

Pour offrir cette expérience, le conseil scolaire veut: 

  • des installations et des ressources à la fine pointe;
  • un personnel qualifié francophone;
  • des programmes solides de soutien culturel et linguistique;
  • des possibilités égales pour les activités parascolaires.

Les obstacles liés à la distance sont notamment une perte de temps pour les devoirs, moins de chances de s’impliquer dans les activités parascolaires, moins de temps en famille et avec la communauté et plus de fatigue, ayant un impact sur le rendement scolaire, soutient le CSAP. 

«Un enfant qui vit à 40 kilomètres de l’école, qui voudrait rester après l’école pour un club ou un sport… c’est pas toujours évident que ses parents peuvent venir le chercher», explique Diane Racette, présidente du conseil du CSAP. 

Le conseil recommande, dans un premier temps, un élargissement de l’infrastructure. Pas seulement plus d’écoles dans les zones mal desservies ou non servies, comme Amherst, mais aussi dans les communautés acadiennes où les écoles sont pleines ou surpeuplées, comme à Halifax et sur la Rive-Sud. 

Ce qu’on cherche, c’est vraiment de rapprocher l’éducation des communautés et des familles. On veut que les enfants puissent voir leur école dans leur communauté.

— Diane Racette

«Ce qu’on cherche, c’est vraiment de rapprocher l’éducation des communautés et des familles, précise la présidente. On veut que les enfants puissent voir leur école dans leur communauté.»

L’on veut aussi que les élus investissent davantage dans des solutions pour rendre le transport scolaire plus efficace et adapté aux besoins des familles.

«On le sait que ça prend du temps à avoir de nouvelles écoles, ça ne se construit pas du jour au lendemain, dit-elle. En attendant, on demande que le ministère revoie sa politique de transport», afin de diminuer le temps passé sur l’autobus. 

Diane Racette, présidente du conseil du CSAP, lors d’une annonce fédérale, le 24 octobre, à l’École secondaire du Sommet. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

En Nouvelle-Écosse, la durée maximale d’un déplacement est d’une heure le matin et d’une heure l’après-midi. «Seul le directeur des opérations, en consultation avec le directeur exécutif régional, peut accorder des dérogations», est-il indiqué dans la politique provinciale relative à la transportation scolaire. 

Le CSAP recommande également un financement adapté, qui prend en compte les couts supplémentaires en matière de transport et d’achat de ressources et français. 

«On aimerait que le ministère développe une formule de financement qui répond à l’unicité du CSAP. Donc, pas une formule de financement qui est la même que les centres d’éducation en anglais, qui ont des besoins différents. On voudrait avoir une formule qui répond vraiment à nos besoins.»

La dernière déclaration du rapport est autour du dialogue, pour donner plus d’autonomie sur les questions qui concernent l’éducation en français. Il aimerait avoir une plus grande voix en ce qui concerne la construction des écoles, de leur emplacement au plan même des projets, et un plus grand contrôle sur les critères d’admission. 

Selon les données du recensement de 2021, qui ont été utilisées pour réaliser le rapport du CSAP, en 2023-2024, 24 585 enfants étaient admissibles à l’éducation en français langue maternelle. Or, 6 763 enfants étaient inscrits dans une école du CSAP. 

Pour son analyse, le CSAP se fie à la somme des inscriptions dans 22 de ses écoles. Bien que le conseil scolaire possède aujourd’hui 23 écoles, incluant l’École Belle-Baie à Torbé, cette dernière n’était pas ouverte lors de l’analyse.

Le rapport présente aussi des données pour chacune des communautés scolaires, en s’appuyant sur des cartes des zones scolaires. 

Dans certaines communautés acadiennes, les écarts sont plus larges. Par exemple, à Truro, 332 élèves étaient inscrits en 2023-2024, lorsque le plancher d’admissibilité était de 1 130. Dans la Vallée, il y avait 256 élèves pour un potentiel de 890. 

La présidente mentionne que le CSAP, tout comme les communautés francophones à travers le pays, a grandement bénéficié de ces données, qui comprennent les réponses à des questions portant sur les langues parlées au sein d’une famille. 

Pour approfondir son travail, le conseil scolaire a effectué une estimation intermédiaire afin d’inclure les ayants droit, mais aussi les enfants qui parlent le français — ou plusieurs langues, incluant le français — à la maison, même si leurs parents n’ont pas le statut officiel d’ayants droit.

Dans le contexte de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, par ayant droit, il faut entendre un enfant qui a au moins un parent ayant été à l’école primaire au Canada dans la langue officielle en question. En Nouvelle-Écosse, la situation est un peu différente. La politique du CSAP, de plus que la Loi sur le CSAP, permet d’inclure aussi les enfants dont un grand-parent ou un arrière-grand-parent est d’ascendance acadienne ou francophone. 

Avec 2 995 enfants de plus, le nombre d’élèves serait plutôt 27 580, et donc l’écart entre le potentiel et la réalité est plus grand. Effectivement, les inscriptions réelles passeraient de 27,5 % à 24,5 %. 

Mais cette liberté souhaitée ne concerne pas seulement les personnes d’expression française. Le CSAP voudrait aussi donner l’option, par exemple, aux familles immigrantes allophones de choisir entre une éducation en français et une éducation en anglais. «Ça serait de voir comment est-ce qu’on peut aller chercher tous les enfants qui pourraient fréquenter [nos écoles].»

En outre, le ministère a formulé la recommandation de mettre sur pied un comité mixte avec des gens du CSAP et des ministères avec un pouvoir décisionnel. Leur mandat est d’examiner les pistes d’action concrètes, comme sensibiliser les familles admissibles à l’éducation en français langue première. 

Et de faire comprendre, entre autres, les spécificités de l’éducation en français, comme la différence entre l’éducation du CSAP et un programme d’immersion française, complète Mme Racette. 

Type: Actualités

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Jean-Philippe Giroux - Rédacteur en chef - Généraliste

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