le Lundi 15 juin 2026
le Vendredi 14 février 2025 12:00 Actualités provinciales

Les petites bibliothèques francophones à travers la Nouvelle-Écosse

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Petite bibliothèque aux couleurs de l’Acadie, à Lunenburg.  — PHOTO : Ariane Gleize
Petite bibliothèque aux couleurs de l’Acadie, à Lunenburg. 
PHOTO : Ariane Gleize

Une idée de petite bibliothèque francophone est née en 2021 grâce au Conseil Jeunesse Provincial de la Nouvelle-Écosse. L’objectif est de créer un point de rencontre pour les lecteurs francophones souhaitant partager leurs coups de cœur littéraires et de donner une plus grande visibilité à la littérature acadienne dans des espaces publics majoritairement anglophones.

Les petites bibliothèques francophones à travers la Nouvelle-Écosse
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Maude Blondin-Benoit, agente de communication au Conseil Jeunesse Provincial (CJP) de la Nouvelle-Écosse, et Violette Drouin, employée d’été, ont trouvé une petite bibliothèque de rue. Elles ont eu le gout d’installer une bibliothèque semblable aux couleurs de l’Acadie, près de leurs locaux, à la Maison Acadienne à Dartmouth.

À l’époque, le projet n’a pas pu être mis en place, mais l’idée est restée. Mme Drouin, étudiante en littérature, avait un intérêt particulier pour un projet qui rendrait les livres francophones attrayants aux jeunes, où qu’ils se trouvent en Nouvelle-Écosse. 

Originaire de Truro et ayant étudié dans une école francophone, Mme Drouin racontait à Mme Blondin-Benoit qu’il était difficile de trouver des livres de littérature acadienne ou francophone dans sa communauté.

La même année, des jeunes impliqués au CJP voulaient organiser des clubs de lecture dans les écoles francophones. 

Mme Blondin-Benoit indique que le CJP a fait une demande de financement pour faire fabriquer six bibliothèques et acheter des livres jeunesse, dans le but de faire rayonner la littérature francophone et acadienne dans toutes les régions. 

Ce financement a été possible grâce au soutien de Patrimoine canadien, du gouvernement de la Nouvelle-Écosse et de Support4Culture.

Petite bibliothèque au Hub de Clare.

 

PHOTO: De gracieuseté - Natalie Robichaud

En 2022, le projet se met en place

L’ébéniste francophone Erwan Fresq à Halifax a fabriqué cinq des bibliothèques, et la sixième a été réalisée par un ébéniste de Truro. Les bibliothèques, n’étant pas entièrement imperméables, devaient être placées sous un abri. 

Pour Maude Blondin-Benoit, l’un des principaux défis était de trouver des endroits accessibles au public, et que chaque région en soit dotée, tout en étant sous la supervision d’une personne pouvant assurer l’entretien et l’approvisionnement de livres. 

Chaque région a participé de façon à donner une identité propre à sa petite bibliothèque, grâce aux groupes d’élèves et aux partenaires des bibliothèques. Une fois peinte, une boite de livres a été remise grâce à des achats et à des dons en partenariat avec Bouton d’or Acadie. 

Mme Blondin-Benoit précise qu’«une de nos priorités était de mettre de l’avant des titres (récents) écrits par des auteurs et autrices de la région, de l’Atlantique et de la francophonie canadienne. Un accent était mis sur la littérature jeunesse.»

Localisation et états des lieux

  • À Clare, ce sont la Société acadienne de Clare et l’École secondaire de Clare qui ont peint et installé la bibliothèque au Hub culturel de Clare. 
  • À Grand-Pré, les élèves de l’École Rose-des-Vents ont peint une bibliothèque, qui a été installée par la suite à l’édifice d’accueil de Grand-Pré.
  • À Lunenburg, l’équipe du CJP avait peint la bibliothèque aux couleurs de l’Acadie, et elle avait été placée à la librairie Lunenburg Bound.
  • À Truro, l’École acadienne de Truro et le Marché public avaient installé la bibliothèque au marché. Aujourd’hui, elle n’y est plus, faute de livres.
  • À Sydney, le Marché public du Cap-Breton avait réalisé un projet de peinture avec des jeunes et avait installé une bibliothèque dans ses locaux. L’emplacement de la bibliothèque est à confirmer, depuis le déménagement du Marché.
  • À Arichat, l’École Beau-Port l’avait installée au Café La Goélette à Pépé. Malheureusement, elle n’a pas survécu à son premier hiver. Le CJP souhaite la remplacer.

«Nous cherchons une personne ou un organisme, situé dans un espace accessible au public, qui aimerait héberger une bibliothèque et nous appuyer dans la fabrication, la peinture, et installer une nouvelle bibliothèque dans cette région, indique Mme Blondin-Benoit. Il faudrait aussi que cette personne puisse, dans le futur, s’assurer de l’approvisionnement des livres et de l’entretien de la bibliothèque.» 

Aujourd’hui, le CJP cherche un lieu pour recevoir de nouvelles petites bibliothèques, soit à Chéticamp, Isle Madame ou Sydney.

Les défis de ce projet

L’enjeu majeur concerne l’approvisionnement de livres. Certains touristes francophones prennent des livres, mais n’en laissent pas en retour. 

Le CJP aimerait que des bénévoles locaux organisent des collectes de livres dans leur communauté pour approvisionner le réseau et que des partenariats se créent pour avoir accès à des livres.

Certaines bibliothèques ont été endommagées par la météo, comme celle d’Arichat, qui a dû être retirée. 

L’autre défi est le roulement du personnel dans les lieux d’accueil qui complique le suivi. Maude Blondin-Benoit avise qu’il se peut que les personnes impliquées au début du projet ne soient plus en poste et qu’il est difficile de maintenir l’engagement. 

Elle explique que, «depuis le déménagement du marché de Sydney, nous n’avons pas eu de nouvelles de la bibliothèque. Si quelqu’un sait si elle est toujours en place dans le nouvel emplacement du marché, nous aimerions en être informés!»

À Clare, pour Natalie Robichaud, directrice générale de la Société acadienne de Clare, le défi est que les gens oublient, et qu’il faut leur rappeler de temps en temps de porter des livres.

À Lunenburg, pour Michael Higgins, de la librairie Lunenburg Bound, le défi est que les livres sont pris, mais très peu sont donnés. Il indique qu’ils ont dû acheter des livres francophones pour les mettre dans la petite bibliothèque. 

Il a l’impression que, pour l’essentiel, il s’agit d’une transaction à sens unique et que ce modèle n’est pas durable.

Les bénéfices

Pour le CJP, le projet offre une plus grande visibilité à la littérature francophone et à la culture acadienne, surtout dans les endroits majoritairement anglophones. Les bibliothèques peintes aux couleurs de l’Acadie attirent l’œil du public francophone et anglophone.

Le CJP constate que les livres circulent rapidement et qu’il y a un réel besoin d’approvisionner les petites bibliothèques. 

Pour Maude Blondin-Benoit, «cela témoigne d’un réel intérêt pour la littérature francophone. Par exemple, au site historique de Grand-Pré, nous avons plusieurs visiteurs qui consultent notre bibliothèque lors de leur séjour et qui repartent avec des titres francophones découverts grâce à notre projet.» 

«Nous avons accueilli ce projet à bras ouvert, souligne Natalie Robichaud. Nos bureaux sont dans un genre de hub culturel que nous partageons avec d’autres associations culturelles, et donc ça fait un bel ajout dans le foyer, l’entrée de l’édifice.»

«Nous aimons l’idée de mettre de l’avant des livres en français. Parfois, les gens nous donnent des livres quand ils font du nettoyage. Maintenant, nous avons un endroit à les mettre.»

Elle informe aussi que la promotion sur leurs réseaux sociaux les aide à assurer un bon roulement dans les livres.

Michael Higgins pense que c’est une idée merveilleuse d’avoir une petite bibliothèque francophone dans une ville très anglophone. Selon lui, l’avantage évident est qu’il y a des livres gratuits dans la communauté.

Les besoins pour la suite

Le CJP est à l’étape de réapprovisionner en livres neufs, de jeunesse et d’œuvres d’auteur(e)s acadien(ne)s, les bibliothèques de Grand-Pré et de Lunenburg. Les livres seront disponibles en février et mars à Lunenburg et en mai pour la réouverture du site historique de Grand-Pré. Maude Blondin-Benoit l’annoncera sur leurs réseaux sociaux (@Boomdanstaface). 

Mme Blondin-Benoit précise aussi que le CJP est «toujours à la recherche de partenaires et de bénévoles pour assurer la pérennité du projet dans les communautés. Toute personne ou organisme intéressé à s’impliquer est le bienvenu.» 

Type: Actualités

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