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Le Festival international du film de l’Atlantique: l’importance de créer du lien

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  PHOTO: Jean-Philippe Giroux
PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Depuis 1981, le Festival international du film de l’Atlantique est un évènement culturel incontournable du Canada atlantique. Cette année n’a pas fait exception. Dès le premier jour, aux portes ouvertes de l’Office national du film du Canada organisées à Halifax, le 10 septembre dernier, cinéphiles, cinéastes et professionnels de l’industrie du monde entier étaient au rendez-vous pour célébrer ensemble leur passion pour le septième art.

Le Festival international du film de l’Atlantique: l’importance de créer du lien
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Type de contenu: Actualité

Ce premier rendez-vous avec l’équipe de producteurs francophones et anglophones de l’Office national du film (ONF) était l’occasion pour les professionnels et les amateurs culturels de se rencontrer et de créer des connexions. «L’ONF est présent dans la communauté depuis très longtemps, c’est important de garder ces liens-là vivants», exprime Christine Aubé, productrice avec les créateurs francophones dans l’Atlantique pour l’ONF. 

«Il y a vraiment toutes sortes de secteurs, en fait, connexes au domaine du cinéma, du documentaire, qui se rencontrent dans un festival comme ça. C’est toute une industrie vivante, qui a toutes sortes de branches, ou toutes sortes de liens interconnectés. Puis, moi, ça me permet aussi d’être au fait de toutes les nouvelles de l’industrie finalement.»

Nathalie Cloutier, productrice exécutive à l’ONF, abonde dans son sens. «C’est encore un métier quand même humain, où on a besoin de créer des contacts. C’est comme ça que les alliances se font, assure-t-elle. C’est toujours des évènements qui sont très porteurs, qui ont beaucoup de répercussions.»

«On doit aussi se trouver une place dans la tête du public, ajoute Mme Aubé. On fait de très beaux documentaires, de très beaux films d’animation qui, à mon avis, contribuent à l’intelligence collective.»

Pour des cinéastes comme Hélène Lebon, l’intérêt de participer à ce festival est également de pouvoir réseauter avec d’autres personnes que celles de sa province. «Halifax, c’est quand même un gros pôle dans la région atlantique. Je viens de l’Île-du-Prince-Édouard, c’est une province qui est à la fois plus petite et surtout plus petite en termes de francophones, assure-t-elle. Donc, créer un réseau qui va être régional, ça aussi, c’est important pour appuyer ma pratique.»

Les rencontres qui se font au cours de ce genre d’évènements contribuent ainsi fortement au développement du milieu et à son dynamisme. «Les vrais liens se créent quand on a le temps de rire autour d’un verre, autour d’un café, quand on a le temps de se regarder dans les yeux les uns des autres, affirme Mme Lebon. C’est aussi le moment, peut-être, de vivre le cinéma autrement que juste à l’écran, en créant des liens, pas seulement avec la magie du cinéma, mais aussi avec la magie des humains.»

Le contexte du festival favorise, en effet, l’entraide et la solidarité, engendrées par la découverte d’autres personnes partageant une passion commune.

Quelque chose d’autant plus déterminant pour les professionnels francophones et francophiles, qui évoluent dans un pays à majorité anglophone. «Je pense que le public en francophonie canadienne est avide de contenu francophone, soutient Mme Cloutiere. Parce qu’ils sont sensibilisés à l’importance de la langue française dans cette situation minoritaire et donc ils cherchent des produits culturels. Là-dessus, il faut les rejoindre.»

«Ce qu’on fait en Atlantique a un regard particulier et vraiment intéressant, s’enthousiasme Mme Aubé. Il y a vraiment un réel engouement pour ça. Je pense qu’on a vraiment une place et une pertinence qui sont importantes de réaffirmer et de toujours garder.»

D’où l’intérêt de faire comprendre aux porteurs de projets qu’il existe des moyens de les aider à exprimer leurs idées créatives et que de nombreuses personnes sont prêtes à les accompagner dans cette démarche. «C’est dans ces moments-là où on peut vraiment se tendre la main, affirme Mme Lebon. Il est plus nécessaire que jamais, et même pour nous, quand on crée des histoires, il faut toujours se rappeler pourquoi on le fait.»

Car cette rencontre est aussi, et peut-être avant toute autre chose, l’occasion de célébrer la passion du cinéma. 

Quelle que soit leur fonction, tous les professionnels de l’industrie cinématographique se retrouvent dans cette volonté: mettre en scène des récits qui fédèrent un public. «L’ONF a vraiment un positionnement de contribuer à créer des films, parfois sur des enjeux de société, créer des débats, vraiment se positionner comme un outil de conversation, assure Mme Aubé. L’ONF peut jouer un rôle très important dans cette quête de compréhension du monde dans lequel on vit.»

L’organisme s’attache en effet à produire des projets ancrés dans la société qui captiveront le public et l’attireront dans les salles de cinéma et dans les festivals, car sa présence, selon lui, est essentielle à la vitalité de l’industrie. «Il faut qu’il y ait quelque chose de plus pour l’auditoire qu’ils ne peuvent pas avoir chez eux», explique Mme Cloutiere. 

«Ils vont se déplacer parce qu’il y a une plus-value, donc une rencontre avec un créateur, une rencontre avec un des personnages dans le film, un spécialiste du sujet qui les touche, une conversation.»

Finalement, l’intérêt de se rencontrer et consommer des films dans des évènements collectifs, comme le Festival international du film de l’Atlantique, est de se connecter, retrouver, redonner et donner le gout de rêver. «Dans le monde d’aujourd’hui, qui est aussi anxiogène, avec toutes les crises, les guerres, juste ce pouvoir de rêver, c’est quelque chose d’extraordinaire et précieux à cultiver», complète Mme Lebon.

Type: Actualités

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