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Vestiges perdus, secrets enfouis: ce que cache le sol de Port-Royal (partie 2)

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Le chercheur et auteur Mark Carter Borton présente le monument du gouvernement canadien dédié au moulin de Poutrincourt.  — PHOTO: Jean-Philippe Giroux
Le chercheur et auteur Mark Carter Borton présente le monument du gouvernement canadien dédié au moulin de Poutrincourt.
PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Un chercheur du Connecticut s’est embarqué dans un projet décennal afin de trouver le site du moulin de Poutrincourt de 1607, ayant marqué le début de l’histoire agricole européenne de l’Amérique du Nord. Une recherche qui inclut, depuis tout récemment, le soutien du public.

Vestiges perdus, secrets enfouis: ce que cache le sol de Port-Royal (partie 2)
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Type de contenu: Actualité

Une vue sur le terrain du marais et de la rivière Allain, près de la propriété de Richard Laurin. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

L’on a ciblé le site potentiel – et non définitif – de ce moulin, souligne-t-on. Mais le chercheur et auteur Mark Carter Borton est sûr que les recherches vont porter ses fruits, notamment grâce aux technologies du 21e siècle, dont la technologie LIDAR, pour cibler et limiter le nombre de fouilles. 

En effet, le LIDAR a déjà été utilisé par le Nova Scotia Community College pour faire des collectes de données sur une partie du marais, dans l’espoir de les inciter à poursuivre les recherches sur le reste de la zone.

M. Borton et les individus qui le soutiennent comptent également s’appuyer sur d’autres outils, comme la photographie aérienne de Robert Surette, président de l’Association des Familles Acadiennes de Port-Royal 1632-1755. 

À visionner: La lutte pour l’Acadie à Annapolis Royal

On sait que le moulin est quelque part dans les environs. Il reste à déterminer le lieu exact, parmi 10 sites identifiés par les historiens au fil des années. «On dispose d’un grand nombre d’indications sur l’emplacement possible du moulin», confirme M. Borton. 

Richard Laurin, lors de la visite du marais. L’on soupçonne que le moulin de Poutrincourt est dans les environs, près de sa propriété. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Ce dernier s’est fié notamment sur une carte de Samuel de Champlain, qui a joué un rôle clé dans la création de Port-Royal. La technologie du siècle permet de comparer les informations des cartes d’antan aux nouvelles données, pour repérer les inexactitudes. 

La communauté d’Annapolis Royal est bien sûr à la découverte du moulin de Poutrincourt, mais aussi, au dire de M. Bourton, d’autres moulins enfouis sous la terre. «Il y en avait au moins trois, peut-être quatre, dit-il. On les cherche tous, et on cherche la plus vieille.» 

Toute cette histoire a commencé en octobre 2022 lorsqu’un résident d’Apple River lui a envoyé la carte de Samuel de Champlain, qu’il estimait géniale et indispensable, en raison de son excellente représentation du littoral. 

En superposant la carte à une image satellite Google, il a trouvé quelque chose dans le coin du marais, sa piste principale pour trouver le moulin. Et que veut-il y déterrer? Du bois détrempé, qu’il peut facilement dater. 

La prochaine étape a été l’obtention d’un permis archéologique provincial, suivi de cinq déplacements vers Annapolis Royal depuis le Connecticut, où il habite. 

M. Borton passe maintenant d’un processus plus discret à un processus plus public, invitant la communauté à lui fournir toutes les informations dont elle dispose pour retrouver les restes du moulin de 1607.

Il déconseille aux locaux et aux loisiristes d’explorer seul la rivière Allain pour ces vestiges, car il y a le risque de tomber et de rester piégé dans les crevasses de marée. Il veut que le processus soit effectué de manière professionnelle et méthodique. 

Depuis 400 ans, l’écosystème de la rivière a évolué. Il y a eu une élévation de la mer d’un mètre, le marais étant aujourd’hui de 3 à 4 pieds plus haut. 

Ainsi, s’ils construisaient en bois, ce qui était probablement le cas, le bois se trouve probablement sous la boue et il est probablement encore préservé.

— Mark Carter Borton

Et qui dit mer dit boue, beaucoup de boue, un fabuleux agent de conservation du bois. «Ainsi, s’ils construisaient en bois, ce qui était probablement le cas, le bois se trouve probablement sous la boue et il est probablement encore préservé», explique le chercheur. 

«Ce qui est au-dessus a tendance à pourrir, mais ce qui est en dessous ne pourrit pas. Encore une fois, c’est une belle opportunité.»

Une vue aérienne de la rivière Allain, le lieu de naissance des moulins français de la région de Port-Royal. 

PHOTO: Robert Surette, AFAP

Il s’attend à ce que la recherche dure, dans son ensemble, une dizaine d’années, avec des excavations – si elles ont lieu – vers la fin du projet. «J’espère que vous, en tant que communauté, soutiendrez cette initiative», a-t-il lancé comme invitation à la foule, lors de la cérémonie municipale. «Vos connaissances seront très importantes», ajoute-t-il. 

«Rien de tout ça va pouvoir être élucidé ou trouvé avec le temps si la communauté n’est pas partante», selon Richard Laurin. 

Ce dernier est d’avis que cette exploration a le potentiel de créer de l’emploi dans le comté, puisqu’il faudra de la main-d’œuvre spécialisée pour développer le secteur touristique du coin. 

Selon lui, il pourrait y avoir, par exemple, des sentiers pour relier les sites d’importance historique majeure. Il songe à ouvrir sa propriété au public en créant un parc et en offrant des emplois, pour encourager les touristes à découvrir ce chapitre historique du début de l’agriculture en Amérique du Nord. 

«Il y a beaucoup de spéculations, beaucoup d’historiens qui ont dit qu’il y avait ci, cela, il était ceci, il était là. Mais c’est toutes des spéculations, dit M. Laurin. Il n’y a jamais eu vraiment d’études sérieuses, approfondies, scientifiques (sur les moulins français), et puis encore moins de fouilles archéologiques pour prouver ou pour déterminer où était le site. Puis Mark amène cette dimension-là, tout d’un coup. C’est très, très rafraichissant.»

M. Borton souhaite réaliser un bulletin pour les gens qui veulent des mises à jour périodiquement. 

Sa structure n’a pas encore été déterminée. «On essaie également de déterminer quel est le bon niveau de distribution de l’information», complète le chercheur. 

Type: Actualités

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