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Depuis 2017, Bailey Ross fait partie du conseil de direction de Canadian Parents for French (CPF) en Nouvelle-Écosse, une association qui milite pour donner accès à l’apprentissage en français aux jeunes Canadiens. Après en avoir été le représentant jeunesse, le secrétaire, puis le vice-président, il est aujourd’hui le président.
Également membre du conseil d’administration, plus précisément ancien trésorier du bureau de direction, de la Société Nationale de l’Acadie (SNA), il a notamment participé à l’organisation du Congrès mondial acadien 2024.
Des engagements envers l’Acadie remarqués par le lieutenant-gouverneur, qui récompense chaque année des personnes contribuant à son identité culturelle par la préservation de la langue française et la valorisation de son patrimoine.
J’ai essayé de contribuer à son maintien, à son développement autant que possible.
«Au fur et à mesure des années, je suis devenu un genre de converti», dévoile M. Ross. Originaire de Digby, une ville à majorité anglophone du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, dès la maternelle, il a bénéficié d’une éducation française, grâce au programme d’immersion de son école.
Un apprentissage qu’il a choisi de poursuivre à son entrée à l’Université Saint-Anne, qui a marqué les débuts de son implication dans la communauté acadienne. «Je suis devenu très fidèle à sa culture, sa langue. J’ai essayé de contribuer à son maintien, à son développement autant que possible.»
Depuis, son engagement n’a cessé de grandir, année après année.
Bailey Ross recevant le Prix d’excellence du lieutenant-gouverneur pour l’Acadie et la francophonie de la Nouvelle-Écosse.
Selon lui, ce qui rend l’Acadie si intéressante, c’est le fait que ce soit une nation sans frontières, avec une identité commune et plurielle.
Bien que cette diversité puisse aussi être une source de conflit, notamment lorsque l’on s’y intègre avec des origines anglophones. «J’ai eu des discussions avec plusieurs Acadiens à ce sujet parce qu’il y en a beaucoup qui m’ont dit: “Tu devrais t’identifier comme Acadien. Tu vis dans une région acadienne, tu parles français quotidiennement.”»
«Pourtant, longtemps [comme] je n’avais pas de racines biologiques pour me dire Acadien, je ne sentais pas que je pouvais m’identifier de cette façon. Tout le monde me disait tout le temps, “Mais non, tu devrais dire que t’es francophone!” Mais, il y a deux ans, on m’a appris que j’avais une arrière-arrière-grand-mère qui était de Saulnierville. Ça fait que je me sens un peu plus à l’aise de dire que je suis Acadien.»
«C’est une chose très délicate. J’ai toujours de la misère aujourd’hui à dire que je suis Acadien, mais, techniquement, pour plusieurs raisons, je pourrais facilement m’identifier de cette façon.»
Des sentiments d’illégitimité qui se retrouvent également dans la grande surprise qu’il a eue lorsqu’il a appris qu’il avait reçu le Prix d’excellence. «Je ne fais pas du bénévolat pour recevoir des prix. Je suis une personne qui aime beaucoup aider à organiser des choses. Je n’ai pas besoin d’être en avant de tout le monde, de recevoir du crédit pour ce qui est arrivé. Mais lorsqu’on m’a dit que j’ai gagné ce prix-là, j’étais content que mes contributions aient eu un impact positif sur l’Acadie.»
Une certaine satisfaction donc, qui se révèle d’autant plus grande lorsqu’il reconnait l’importance de ce prix pour la visibilité de la communauté acadienne. «Dans nos institutions gouvernementales, on est plus visibles. On devient un peu plus légitimes pour pouvoir dire au monde: “L’Acadie est forte ici, en Nouvelle-Écosse.” Bien qu’on soit dans une province anglodominante, notre Acadie est forte, puissante et bruyante.»
Une des raisons pour lesquelles M. Ross désire, aujourd’hui encore, continuer à s’engager. «Je vais certainement m’impliquer dans la communauté francophile et francophone, au fur et à mesure des années. Je vais être entraineur aux Jeux de la francophonie.»
«En plus, je veux construire, faire du bénévolat au sein du CPF. Ce ne sont certainement pas des projets dont je vais me débarrasser dès que je ne serai plus sur les conseils. Les droits linguistiques, la culture acadienne, ce sont des enjeux qui me tiennent à cœur.»
D’où l’importance pour lui de dédier ses derniers mots à la communauté acadienne, dans laquelle il semble se sentir parfaitement à sa place. «Merci à tous ceux et celles avec qui j’ai travaillé, au fur et à mesure des années, pour réaliser des projets à travers l’Acadie. C’était vraiment un grand plaisir de travailler avec vous, d’apprendre tellement de choses à l’égard d’une culture à laquelle je n’étais pas super informé lors de mon adolescence. Et puis, merci pour l’accueil que j’ai reçu de nombreux Acadiens à travers le Canada.»
