le Mercredi 3 juin 2026
le Jeudi 8 mai 2025 11:00 Nos communautés - Halifax

Femmes Action Halifax: «créer ces réseaux, c’est vraiment spécial»

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Mélodie Jacquot-Paratte, coordinatrice bénévole de Femmes Action Halifax, était la bénévole de l’année 2021-2022.  — PHOTO: Facebook - Mélodie Jacquot-Paratte
Mélodie Jacquot-Paratte, coordinatrice bénévole de Femmes Action Halifax, était la bénévole de l’année 2021-2022.
PHOTO: Facebook - Mélodie Jacquot-Paratte

Après un début d’année mouvementé, Mélodie Jacquot-Paratte, coordinatrice bénévole de Femmes Action Halifax, un regroupement de membres de la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse de la région de Halifax, s’est exprimé sur les dernières actualités de la communauté.

Femmes Action Halifax: «créer ces réseaux, c’est vraiment spécial»
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Type de contenu: Actualités

Au sortir d’une année 2024 des plus tumultueuses, marquée par deux évènements de grande importance, le Sommet des femmes et le Congrès mondial acadien, les projets n’ont pas tardé à arriver pour 2025, alors que cette dernière ne faisait que commencer.

Déplacer les gens, c’est pas facile non plus, ou [les] motiver à participer. Mais mélanger ça avec l’apprentissage de quelque chose de plus manuel ou physique, c’est vraiment ce qui attire.

— Mélodie Jacquot-Paratte

«Ça a été surtout pour le 8 mars, expose Mme Jacquot-Paratte. Avec l’Alliance française, on a fait la présentation de films. Il y avait deux réalisatrices disponibles par Zoom. On a pu discuter avec elles. C’était notre gros truc.» 

À présent, c’est sur un nouveau concept visant à favoriser les regroupements que les membres s’affairent. «Déplacer les gens, c’est pas facile non plus, ou [les] motiver à participer. Mais mélanger ça avec l’apprentissage de quelque chose de plus manuel ou physique, c’est vraiment ce qui attire. D’apprendre à faire quelque chose, ça motive énormément les femmes, en général. Peu importe le type d’activité, ça marche toujours.»

Rappelant que la connexion communautaire demeure leur principal objectif, elle raconte qu’avec Femme Action Halifax (FAH), ils ont donc eu l’idée de mettre en place, «Femmes pour la paix», une série d’ateliers, simples et accessibles, conçus pour favoriser les rencontres entre femmes, et peut-être même les encourager à s’engager. Comme une forme d’«activisme caché». 

La seule demande de FAH pour participer à l’activité étant de faire un don à un organisme, tels que Médecin sans frontières ou la Croix-Rouge.

Mme Jacquot-Paratte explique qu’à chaque atelier, une personne ressortissante d’un pays en crise, touché par la guerre ou autre stabilité d’enjeux majeurs, est invitée à présenter un élément, une particularité de ce qu’elle appelle la «culture vivante».

«Un partage culturel vivant pour un peu rappeler que, peu importe les conflits, peu importe qui est impliqué, il y a des gens sur place qui vivent cette culture et qui existent. […] C’est un mélange d’éducation, mais aussi de célébration. Autant pour que moi j’apprenne une autre culture, mais aussi [pour] que les présentatrices puissent partager un aspect positif de leur culture.»

Avec ces ateliers, FAH aspire donc à se recentrer autour des valeurs humaines, dans un contexte, où de plus en plus de monde semble dépassé par les nombreuses crises qui affluent à l’international.

«Moi, personnellement, en tant qu’être humain, je ne peux rien changer à un conflit armé ou à un autre scénario qui est vraiment difficile à entendre. Mais, ça se passe quand même et on se sent vraiment impuissant.» 

«Je pense qu’en général, on est tous un peu dans ce mode-là. Donc, c’est de contribuer, d’une façon ou d’une autre, à essayer d’appuyer des humains, de vraiment revenir à l’idée de l’humain.»

Il s’agit aussi, pour les différentes participantes, de les aider à dépasser leur peur de l’inconnu, en leur faisant découvrir de nouvelles cultures, en partageant sur les aspects positifs et réconfortants de leur pays d’origine. «Rappeler qu’à l’intérieur de tout ça, il y a des gens qui existent. C’est ça, les grands buts. C’est toujours de resserrer les liens.»

D’autant plus que l’activisme dans les communautés francophones peut être une véritable lutte quotidienne. «On n’est pas beaucoup à se faire entendre sur des sujets spécifiques. Et on est francophone, c’est les femmes, etc. C’est vraiment pas facile. Et je pense que réunir tout le monde sur un sujet, qui n’est pas nécessairement joyeux, mais d’un côté plus culturel, plus vivant, plus sur l’échange, que ça va rejoindre beaucoup plus de personnes qui ne participeraient pas à ce genre de choses normalement.»

Mais, pour la jeune femme, malgré ces difficultés, et autres nombreux obstacles qu’elle a pu traverser depuis qu’elle a intégré FAH, en 2020, elle n’a jamais regretté une seule fois de s’y être engagée.

«J’ai rencontré des femmes de tous les backgrounds, de partout. C’est super cool. C’est un tout petit groupe, mais c’est un groupe vraiment spécial. Ça crée des connexions. J’ai travaillé dans beaucoup d’organismes et de toutes les choses à un petit groupe communautaire comme ça, je n’aurais jamais pensé que ça créerait des liens comme ça le fait.»

D’autant qu’elle est aussi très fière du chemin parcouru depuis son intégration. «On va essayer de restructurer un petit peu pour que ce soit plus fonctionnel pour la pérennité, puis un peu diversifier les tâches. […] Mais, ça a énormément évolué. Je suis partie avec à peu près rien, donc c’est facile à comparer. C’est sûr qu’on pourrait faire beaucoup plus et varier. Mais, je pense qu’on est sur le bon chemin.»

Soutenant aussi que FAH n’a pas pour objectif de rivaliser avec des organismes plus grands, elle reste toutefois convaincue de son utilité et de l’intérêt à s’y engager, notamment parce qu’il s’adresse à un très large nombre de personnes.

«Le nom, c’est Femmes Action Halifax. C’est vraiment fort parce que ça fait pas peur à des personnes de plein de différents backgrounds de s’y intéresser. [Parce qu’]il y a d’autres groupes où ça va être les femmes acadiennes de X, entre autres, des trucs comme ça, et il n’y a rien de mal avec ces noms-là, évidemment, mais il y en a beaucoup qui ne vont pas oser parce qu’elles disent, “Mais je ne suis pas acadienne”. Donc, le fait qu’il y a ce nom-là, à Halifax, c’est vraiment important parce que ça crée des liens avec des femmes de partout.»

Grâce à des réseaux comme ça, tu peux un peu sortir de ta bulle et ne pas te sentir seule.

— Mélodie Jacquot-Paratte

«C’est vraiment de l’entraide entre femmes, poursuit-elle, de se connaitre entre femmes et ensuite de pouvoir voir où est-ce qu’on a besoin d’aller avec les besoins de tout le monde. […] Grâce à des réseaux comme ça, tu peux un peu sortir de ta bulle et ne pas te sentir seule. […] C’est ça qui change des fois la vie des gens, des liens informels, parce que c’est vraiment difficile de créer des liens et de trouver des personnes. Donc, je pense que c’est vraiment la force des liens des communautés.»

Quelque chose de très spécial, selon elle, qu’elle ressent aussi personnellement. Ses engagements lui apportant tout autant que l’énergie qu’elle y consacre, de façon totalement bénévole.

«C’est vraiment quelque chose qui a fait que j’ai l’impression d’avoir ma place dans Halifax […] Je trouve que ça [m’]a vraiment ancré, et je pense [aussi] pour d’autres personnes.»

C’est pourquoi elle tient à encourager toutes les personnes qui s’identifient comme femmes et qui parlent français, tous milieux confondus, à venir les rejoindre.

«S’il y en a qui sont intéressées à devenir membres, elles sont toujours les bienvenues. C’est vraiment pour tout le monde. […] Peu importe le background et l’âge, il y aura quelque chose pour elle.»

Type: Actualités

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