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Depuis son invention, la retraite d’été fait partie de l’un des plus gros évènements socioéducatifs annuels organisés par la Fédération des artistes canadiens (FAC), une association caritative qui œuvre auprès des artistes émergents et établis au Canada, en leur offrant des opportunités d’exposition, mais aussi des programmes éducatifs.
Instituée en 1980, c’est la première fois que l’évènement sera accueilli en Nouvelle-Écosse.
L’organisme, qui possède près de 2800 membres de partout dans le Canada, mais dont la plupart sont situés en Colombie-Britannique, en Alberta et à Vancouver, a mené la majorité de ses retraites dans l’Ouest canadien. Aujourd’hui, il aspire à toucher davantage les provinces de l’Est.
Dès le début de la mise en place du projet, l’évènement a été organisé en plein air par des artistes professionnels, dont certains faisaient partie des fondateurs de l’organisation.
Pour l’édition de cette année, la FAC s’est associée avec Visual Arts Nova Scotia (VANS), un organisme voué à la promotion des arts à Halifax. C’est ce dernier qui leur a notamment permis d’entrer en contact avec l’artiste James Middleton, l’un des professeurs qui animeront la retraite.
Quant au choix de l’emplacement, c’est avec l’Université Acadia qu’ils ont décidé de collaborer, l’établissement leur ayant proposé de les accueillir et de les aider à organiser l’évènement à Wolfville.
«Nos étudiants seront chaque jour à l’extérieur, accompagnés des professeurs, a expliqué Katrin Sarstedt, gestionnaire du programme de la FCA. Ils iront visiter différents lieux près de Wolfville. Nous allons, par exemple, aller au parc provincial Blomidon, à Hall’s Harbour, ou encore, visiter le lieu historique national de Grand-Pré.»
Au cours de la matinée, les professeurs feront des démonstrations et partageront leur approche de la peinture en plein air. «Nous mettons vraiment en avant le mentorat, souligne-t-elle. Des artistes plus expérimentés, professionnels, guideront et enseigneront aux jeunes artistes émergents.»
«Mais, cet évènement est aussi ouvert aux artistes plus établis. Nous essayons de rester le plus ouverts et inclusifs possible.»
La deuxième partie de la journée sera consacrée à des activités de communion sociale, notamment des discussions artistiques avec les professeurs. «Ils parleront de comment ils ont fait pour développer leur pratique artistique, pour s’installer en tant qu’artistes, pour approcher les galeries, pour développer leur pratique professionnellement.»
Donc, le but n’est pas juste d’acquérir des compétences en peinture, mais aussi d’avoir l’opportunité, pour ces artistes, de se connecter, et d’en apprendre de l’expérience des uns et des les autres.
Mme Sarstedt explique également leur volonté de créer une certaine connexion avec le lieu d’accueil de l’évènement. Dans ce contexte-ci, l’Université Acadia leur fera visiter son jardin botanique tout en partageant l’histoire de l’établissement.
Pour leur dernière soirée, il y aura une exposition, accessible à toute la communauté de Wolfville, révélant les œuvres d’art réalisées pendant la retraite.
Les artistes y présenteront le sujet sur lequel ils auront choisi de travailler durant toute la semaine. «Ils sont toujours très nerveux de ce dernier évènement, mais c’est une occasion excitante», s’enthousiasme Mme Sarstedt.
Paysage de Wolfville.
«C’est aussi un bon moyen de connecter les artistes canadiens entre eux, car nous avons des participants qui viennent de tous les horizons, ajoute-t-elle. Des gens de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse. […] Cet évènement plein air est bel et bien l’une des plus grandes retraites plein air au Canada.»
Quelque chose qui rend particulièrement fière la FAC, pour qui il a toujours été très important, en tant qu’organisme canadien, de promouvoir l’art canadien, mais également l’histoire du Canada en général. De même, la fédération s’attache, à chacune de ses retraites, à mettre en lumière l’histoire du site qui les accueille.
L’évènement se passant cette année à Wolfville, près du lieu historique national de Grand-Pré, il était évident pour l’organisme d’inclure dans leur programme une présentation de l’Acadie et de donner aux artistes l’opportunité d’en apprendre plus sur son histoire. «L’histoire des Acadiens est une partie si importante et vitale du Canada qu’il était important de la promouvoir.»
D’autant plus, pour l’organisme, lorsque cela peut se faire à travers l’art, qui le perçoit comme un élément essentiel de l’histoire et de l’identité canadienne, et un beau moyen de les mettre en lumière. «[L’art] a vraiment aidé à former une identité canadienne qui est basée sur la résilience, sur la force. Le Canada est un pays très puissant.»
«Je pense que l’art nous apprend beaucoup à propos de l’histoire. Souvent, on peut voir beaucoup de choses exprimées à travers l’art, pas juste de choses positives, mais aussi des moments difficiles de la vie.»
«J’ai le sentiment que l’art nous parle de tellement de façons différentes, dans certaines de ces luttes, mais aussi de la beauté du monde, c’est quelque chose de très unifiant», poursuit Mme Sarstedt.
Les émotions exprimées à travers l’art, par des coups de pinceaux et de vibrantes couleurs, sont toujours intéressantes, fascinantes et particulièrement touchantes, selon elle. «Je pense que n’importe quelle personne qui regarde une œuvre d’art va se retrouver, d’une manière ou d’une autre, traversée par une émotion.»
De l’émotion, c’est ce qu’elle espère aussi que ressentiront les artistes participants à la retraite, surtout s’il s’agit de joie et de plaisir.
«Mes attentes, mes vœux pour chacune de nos retraites, sont toujours que tout le monde puisse passer un bon moment, que les artistes s’amusent, apprennent de nouvelles choses, et arrivent à créer du lien les uns avec les autres. Et j’espère qu’ils reviendront enrichis de tous ces expériences et enseignements qu’ils auront vécus durant cette semaine.»
