Type de contenu: Actualités nationales
Le projet de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) a été conçu afin de représenter les priorités et les besoins des futures générations.
La plateforme s’articule autour de trois grands axes, le leadeurship éthique, l’économie et l’éducation, et vise à proposer des actions concrètes, dans l’objectif de les voir reprises par les partis politiques, au sein de leur programme.
Le but étant de les inciter à s’engager davantage auprès de la jeunesse et de s’assurer que le prochain gouvernement portera ses enjeux.
C’est vraiment un geste fort pour parler directement aux partis politiques.
C’est la quatrième fois que la FJCF met en place cette plateforme, les premières éditions ayant eu lieu, respectivement, dans le cadre des élections fédérales de 2015, 2019 et 2021.
«C’est vraiment un geste fort pour parler directement aux partis politiques», explique M. Thériault. «On va vraiment dans les actions concrètes et pas juste dans les grandes idées, ajoute-t-il. On énumère des choses très spécifiques.»
Il souligne notamment l’importance fondamentale du retour d’un ministre de la jeunesse au sein du gouvernement canadien. «C’est une des propositions dans notre section du leadeurship éthique, justement parce que le dernier cabinet de M. Carney n'[en] avait pas fait la nomination, il n’y avait pas de ministre attitré au dossier jeunesse.»
«C’est un travail constant de s’assurer que la jeunesse est entendue sur la place publique [et] auprès des partis politiques», lance le président.
Ce dernier met aussi l’accent sur la problématique du logement, l’une des principales priorités des générations d’aujourd’hui. «On est super heureux de voir qu’il y a des promesses envers la construction de nouveaux logements pour permettre à des jeunes d'[y]avoir accès. Mais [il reste] certaines choses qu’on aimerait voir.»
Par exemple, faire en sorte que les dépenses de loyer soient comptées dans le calcul de la cote de crédit des Canadien(ne)s. «Beaucoup de jeunes paient souvent des frais de loyer assez élevés et ça fait que ça ne compte pas dans la cote de crédit. Pour un jeune qui veut ensuite devenir propriétaire, ça a énormément d’impact.»
«C’est des actions comme ça qu’on souhaite voir, qui ne sont pas toujours couteuses. Une promesse comme ça, ça peut-être des changements de politiques, de manières de faire […] qui vont permettre de mieux servir les jeunes canadiens et canadiennes.»
Parmi les autres préoccupations, il souligne également l’augmentation du cout de la vie et l’incertitude vis-à-vis de la situation avec les États-Unis. «Tout ça a énormément d’impact sur les finances des jeunes.»
Mais, surtout, il met l’accent sur les difficultés d’accessibilité à l’éducation postsecondaire en français, dans l’ensemble du Canada. «Ça demeure un grand défi parce que, pour certains jeunes, c’est plus dispendieux de faire le choix d’étudier en français que de choisir le campus anglophone qui est dans sa ville ou dans sa communauté», fait-il remarquer.
«Souvent, ils doivent déménager, se trouver un logement, aller dans une plus grande ville avec des couts supplémentaires. Donc, on veut plus de promesses au niveau de l’accessibilité à l’éducation postsecondaire en français, notamment en abolissant les prêts étudiants pour les études postsecondaires, et ce, en permanence.»
M. Thériault estime, en effet, que, si certains partis semblent aller dans ce sens, la spécificité des études postsecondaires reste toutefois encore beaucoup mise de côté. «[Il faut] s’assurer qu’il y ait des incitatifs [à] choisir d’étudier en français, comme un crédit d’impôt à la fin des études, que vraiment l’éducation postsecondaire en français soit, de manière générale, plus accessible.»
Entre autres des éléments qu’il tient particulièrement à mentionner, il y a aussi le financement des médias, pour garantir la liberté de presse et l’accès à l’information en français.
«Les jeunes veulent un financement public accru, stable et à long terme pour la Société Radio-Canada, relate-t-il, mais également pour tous les médias francophones et communautaires dans la francophonie canadienne. C’est super important d’avoir accès à de l’information fiable.»
En outre, la santé mentale demeure une priorité, puisqu’ils ont relevé qu’il y avait encore de nombreux jeunes qui souffraient beaucoup du manque d’accessibilité à des ressources de santé mentale en français. «Actuellement, c’est un grand défi», insiste-t-il.
Enfin, il évoque rapidement la question du développement durable, de la nécessité à renforcer le lien social, et d’améliorer la stratégie emploi et compétence jeunesse, parmi les autres sujets de préoccupation de la jeunesse d’aujourd’hui.
Mais, souligner ces différents besoins et demandes est aussi une façon d’offrir aux futures générations davantage de voix et de place au sein de l’ensemble de la société canadienne.
«On est entendu jusqu’à un certain point, mais on a quand même du chemin à faire. […] C’est un travail constant de s'[en] assurer, et je pense que les partis politiques ont intérêt à s’intéresser aux enjeux de la jeunesse pour sortir le vote des jeunes.»
«Souvent, on accuse les jeunes de ne pas être éduqués en politique, de ne pas aller voter, de ne pas s’intéresser aux enjeux politiques, mais les partis politiques ont avant tout à s’intéresser à la jeunesse pour que les jeunes s’intéressent à la politique.»
«Donc, il y a toujours du travail à faire et cette plateforme “PAR et POUR” est une occasion [de] mettre [en] avant ce que la jeunesse a à dire.»
Bien que prudent, il reste toutefois sûr que le futur de la jeunesse peut s’améliorer, puisque certaines des préoccupations relevées lors des précédentes élections avaient pu être prises en compte. «Il y a certains nouveaux projets qui ont vu le jour à cause des revendications de la plateforme», affirme-t-il.
«Oui, il y a de l’écoute de la part des gouvernements, des demandes qui sont [mises en] avant, qui voient le jour suite à nos recommandations. […] On est super heureux de ça. Mais il y a quand même du chemin à faire, de s’assurer que ça continue et que toutes les actions soient reprises.»
C’est pour cela qu’il encourage aussi fortement le plus grand nombre à s’intéresser à la plateforme et à en parler autour de lui, mais surtout auprès des politiques, afin de propager le message. «Quand les candidats politiques entendent pour la 20e, 30e, 50e fois la même chose, à un moment donné, ils devront agir, ils devront mettre ça de l’avant, ils devront représenter ces intérêts-là […] et prendre des engagements concrets sur ces enjeux.»
À présent que les résultats des élections ont été révélés, pour la FJCF, c’est que le début du combat. «On va continuer [à] rencontrer les nouveaux élus pour les sensibiliser à ces enjeux et s’assurer qu’on pourra voir des actions concrètes […] que nos enjeux sont entendus. On poursuit le travail.»
