le Vendredi 5 juin 2026
le Jeudi 1 mai 2025 9:00 Actualités: Acadie et Francophonie

«C’était beau de voir qu’on est toujours le même monde»

Pourquoi faire confiance à Le Courrier
Zachary Fuselier, artiste de la Résidence artistique du CMA 2024. — PHOTO: David Simpson
Zachary Fuselier, artiste de la Résidence artistique du CMA 2024.
PHOTO: David Simpson

Jeune violoniste originaire de Louisiane, Zachary Fuselier fait partie des artistes ayant participé au Congrès mondial acadien 2024. Passionné de musique depuis son plus jeune âge, c’est aussi à travers elle qu’il exprime le mieux son engagement et sa fierté pour son identité acadienne.

«C’était beau de voir qu’on est toujours le même monde»
00:00 00:00

«Je viens d’un petit village au nord de Lafayette, qui s’appelle Scott. Je suis un élève de l’immersion, ça fait que j’ai fait la plupart de mon école en français, raconte-t-il. Je suis musicien acadien. J’ai appris à faire ça il y a une quinzaine d’années.»

Sa sensibilité artistique et son inclination musicale, c’est son père qui les lui a transmises. Notamment à travers les mélodies qu’il diffusait dans leur maison, quand il était enfant. «J’étais tout le temps entouré par la musique. Je me rappelle, tout petit, mes parents avaient des CD de la musique cajun. Mon père a tout le temps eu un grand amour pour la musique. C’était juste disponible.»

Le français, c’est notre passion. C’est juste la fierté de la culture.»

— Zachary Fuselier

C’est également ce dernier qui l’a incité à suivre des cours de violon, où il a rencontré ses premiers modèles et mentors, les musiciens BeauSoleil et Michael Doucet. «C’est comme ça que j’ai commencé. Et puis, avec le temps, j’ai commencé à aller aux jam-sessions parce que j’aimais la musique, et puis aussi c’était des occasions pour pratiquer le français.»

«Le français, c’est notre passion. C’est juste la fierté de la culture. […] J’ai commencé à jouer avec des bars, des festivals et toutes sortes d’affaires. C’est comme une boule de neige. Ça commence et puis ça arrête pas.»

Une passion, dont il est heureux de pouvoir vivre aujourd’hui, et qui reste profondément liée à ses racines acadiennes. Une identité qu’il est particulièrement fier de revendiquer et de porter. «Dans la Louisiane, aujourd’hui, on [doit] vraiment [se] battre pour garder le français, pour le préserver», explique-t-il. 

«Pas juste nous autres, mais la plupart des Acadiens. Ça tient à cœur parce que souvent, peut-être [pas] ma génération, surtout la génération de mes parents, ça se rappelle que leurs grands-parents parlaient français. Il y a une affaire nostalgique avec le français. Ça les ramène à leur enfance. Ils ont tous de bonnes mémoires du français.» 

Et c’est aussi, on se sent différents des États-Unis. Parce qu’on est vraiment un pays différent. Parce qu’on est Français, on est Acadiens.»

— Zachary Fuselier

En cela, il se dit très reconnaissant d’avoir pu participer au CMA de l’année dernière. Cet évènement a, en effet, été pour lui une très belle occasion de pouvoir enfin faire la connaissance avec d’autres membres de sa communauté.

«Quand j’étais au congrès, j’avais rencontré tous les Acadiens [de] la Nouvelle-Écosse. C’était drôle parce qu’il y avait du monde qui se ressemblait. On parle de la même manière, on se ressemble. [Alors que] c’est [à] des heures et des heures de distance d’ici. C’était vraiment vaillant. C’était une grande expérience.» 

«J’ai tout le temps voulu aller [en] Nouvelle-Écosse. […] J’ai tout le temps voulu aller à Grand-Pré. On a pu faire ça et c’était vraiment émouvant. Juste pour être là, juste pour voir la tête de mes ancêtres, [le lieu où] ils ont été déportés, voir la connexion, et faire la connaissance avec tous les parents.»

Une aventure qui a donc été très importante pour lui, pour tout ce qu’il y aura vu et éprouvé, ainsi que pour toutes les rencontres qu’il y aura faites. «Reconnecter avec les cousins, les cousines, et aussi pour voir les différences et expériencer les Acadiens modernes. Parce qu’on a tous cette notion que les Acadiens sont du passé. On pense à nos ancêtres quand ils étaient déportés. C’est pas souvent que quand tu dis le mot “acadien” que tu penses à du monde comme toi-même.» 

«Ça fait que c’était beau de voir qu’on est toujours le même monde, ajoute-t-il. On est toujours des cousins, des cousines, [même s’il] y a quelques différences. C’est comme une famille.»

Il évoque notamment sa camarade Solène Mauger, grâce à qui il a appris la présence d’une communauté acadienne française, à Belle-Île, d’où la jeune femme est originaire. «Ça m’a ouvert les yeux, de comment gros le monde acadien est. Parce que c’est pas juste la Louisiane et le Canada. Il y a plus que juste ça.»

Encore porté par tous ses souvenirs, les émotions qui le traversent lorsqu’il repense à tout ce qu’il a vécu là-bas lui ont aussi permis d’accéder à de nouvelles inspirations créatives, qu’il s’imagine bien exprimer un jour à travers son art. 

Mais toujours en restant un fidèle ambassadeur de la culture acadienne. «Si jamais j’écris des chansons, dans la manière que j’ai cette idée, j’ai une plus complète idée des Acadiens de la Nouvelle-Écosse, surtout de la baie de Sainte-Marie, mais le peuple acadien entièrement. Une idée plus complète du peuple acadien.» 

«À travers la musique, en écrivant des chansons, ça serait le meilleur moyen. Parce que je suis seulement un musicien», confie-t-il humblement.

Type: Actualités

Actualités: Basé sur des faits, soit observés et vérifiés directement par le ou la journaliste, soit rapportés et confirmés par des sources bien informées.

Pour consulter nos pratiques exemplaires et politiques journalistiques, cliquez ici.

Contactez la rédaction - Proposer une correction - Faire une suggestion - Contactez l'équipe