Type de contenu: Actualités: Acadie et francophonie
Attirée par les activités artistiques depuis son plus jeune âge, s’essayant aussi bien au piano, en dessin ou encore en photographie, la jeune femme avait, en effet, dû mettre de côté cette partie de sa personnalité à son entrée à l’université.
Elle n’a donc pas hésité à se lancer dans ce projet proposé par le Congrès mondial acadien (CMA), lorsqu’elle en a entendu parler. «J’avais bien envie de me replonger dedans parce qu’une fois dans la routine du travail, je ne faisais rien d’artistique, confie-t-elle. Mais, j’avais vraiment envie de me reconnecter avec mes racines artistiques et acadiennes. Je trouve que c’était une bonne occasion de faire les deux.»
Renouer avec ses origines acadiennes, qui lui viennent de son père, était, effectivement, la deuxième de ses motivations pour se lancer dans cette expérience, qu’elle voyait comme une belle opportunité pour en apprendre davantage sur son histoire familiale.
«La culture acadienne en France n’est pas très présente. […] C’est connu, on en parle, surtout qu’il y a un gros travail des associations locales qui est fait. Mais, contrairement à la Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, il y a carrément des villages où ils sont acadiens et des villages où ils ne sont pas acadiens, alors que nous on est mélangés. On n’a pas un sentiment d’appartenance.»
Dès son plus jeune âge, elle a été bercée par les récits de sa grand-mère, de son père et de sa mère qui, bien que n’étant pas Acadienne elle-même, s’était toujours intéressée à l’histoire de la communauté, l’Acadie fait partie de sa vie depuis son plus jeune âge.
Mais, outre le fait de rendre fière sa famille, participer à la résidence était pour elle l’occasion de vraiment pouvoir explorer ses origines par ses propres moyens, notamment en posant enfin ses pieds sur les terres de ses ancêtres.
«Ça m’a permis de faire des rencontres, de voir la Nouvelle-Écosse, de voir Grand-Pré. Je regardais sur l’arbre généalogique, où mes ancêtres étaient nés ou pas, et je suis allée à certains endroits.»
C’est sûr qu’on est beaucoup concentrés à Belle-Île, où la généalogie est ouverte, mais il y en a quand même beaucoup en France qui descendent des Acadiens, il y en a partout.»
Des découvertes qui l’ont amenée à créer une œuvre artistique, qui pourrait contribuer à faire davantage connaitre l’Acadie en France. «On n’en parle pas autant, on ne voit pas son histoire, alors que ça concerne quand même beaucoup de monde.»
«C’est sûr qu’on est beaucoup concentrés à Belle-Île, où la généalogie est ouverte, mais il y en a quand même beaucoup en France qui descendent des Acadiens, il y en a partout.»
«C’est vrai que mon regret, c’est qu’en France, personne ne connait les Acadiens, personne ne connait cette histoire, alors que c’est une grosse communauté française qui a été déportée. Moi, je connais parce que je suis dedans. Je ne connaitrais pas non plus sinon. Mais, c’est vrai que je trouve ça dommage.»
Ayant fait le choix de se concentrer sur les arts graphiques, elle a réalisé trois photos qu’elle a ensuite retravaillé au dessin. Une première de Marika, une autre participante à la résidente; une création mélangeant une œuvre acadienne avec les visages des autres participants; et, enfin, la reproduction du phare de la Baie Sainte-Marie.
«Ça prend énormément de temps, mais à force de pratiquer, j’ai réussi à en faire trois en dix jours. J’étais assez contente. […] Ça m’a donné confiance en moi, en mon art et en ma capacité à être créative […] quand on pratique pas, on oublie qu’on est créatif.»
Si, aujourd’hui, la jeune femme a retrouvé sa vie d’avant la résidence et n’a pas pour le moment le projet de devenir une artiste professionnelle, cette expérience lui a toutefois confirmé qu’il était enfin temps de renouer avec son univers créatif.
«Maintenant, je fais beaucoup plus de photos. J’ai acheté un nouvel appareil. Je pense que c’est lié quand même à ce qui s’est passé cet été. Ça m’a mis en confiance, donné envie de faire des trucs créatifs.»
«Je pensais me remettre à la musique. J’ai pas joué de piano depuis un moment. Je suis en train de reprendre, voir pour des cours, et si ça me plait, prendre un piano. Je fais [aussi] du tricot et de la broderie. J’aime bien ces trucs créatifs. Je n’ai pas forcément de projet. Juste, personnellement, de continuer à cultiver cette créativité. Je trouve que c’est important.»
Insistant sur le fait qu’elle ne se considère pas comme une «vraie artiste», contrairement à ses camarades, elle garde cependant aujourd’hui de très bons souvenirs de cette résidence et s’avoue quand même fière et heureuse d’avoir pu y participer.
«D’un point de vue personnel, c’était super. Ça m’a fait beaucoup de bien.»
