«Depuis que je suis toute petite, je suis sur scène, raconte Maude Cyr-Deschênes. Je fais du théâtre, je chante, je raconte l’histoire de l’Acadie à travers des chansons, des personnages, notamment Évangéline, dans le spectacle de mes parents, à Edmundston, L’Acadie des terres et forêts en fête. Une production à petit budget et petit déploiement.»
«Pouvoir, finalement, raconter l’histoire de mon peuple, de ma culture, dans une grande production et [la] faire connaitre à un plus grand public, c’est comme une espèce d’aboutissement de 20 ans à parler de l’Acadie.»
Ce spectacle musical a été écrit par Caroline Cloutier et Steve Marin, avec Frédérick Baron à la composition des chansons et Jean-Jacques Pillet à la mise en scène. Elle retrace la très célèbre romance du couple Évangéline et Gabriel, tout en donnant une place importante à l’histoire de la Déportation des Acadiens.
«C’est vraiment très historique, souligne Mme Cy-Deschênes. On a un historien qui travaille sur la production pour parler de ça, du déchirement d’un peuple, d’une culture, et aussi de sa résilience. La résilience du peuple acadien, sa volonté de garder sa culture, de garder sa langue.»
Une belle opportunité pour l’artiste de transmettre son histoire et la faire découvrir au plus grand nombre. «Je sais qu’au Québec, les gens connaissent Évangéline à cause de la chanson, mais ce n’est pas tout le monde qui est conscient de c’est quoi la Déportation. Donc, je pense que ça va peut-être pouvoir sensibiliser les gens par rapport à ça.»
«Je sais qu’ils ont aussi envie de peut-être aller à l’international. Donc c’est vraiment une grande chance pour moi de pouvoir partager ma culture, mon histoire avec un plus grand public.»
La jeune femme surenchérit en affirmant que l’Acadie représente une part importante de son identité, de ce qui la constitue aujourd’hui, de ce qui l’a construite en tant que personne et en tant qu’artiste.
«C’est ma culture, c’est ma famille, c’est là où je suis née. Je trouve ça beau de voir à quel point les Acadiens sont résilients, forts ensemble, se tiennent les coudes. Être toujours entouré d’une autre culture, d’une autre langue et de, quand même, garder la force de vouloir parler, de continuer à faire connaitre notre langue, notre culture, je trouve ça très beau.»
«On est un peuple très fier. Fier de nous, de notre culture, de plein de choses, notre nourriture, notre musique, notre littérature. Pour moi, l’Acadie, ça représente tout ça.»
Mais, pouvoir interpréter Évangéline est également un beau tremplin professionnel pour l’artiste, qui n’avait, jusqu’à présent, jamais eu l’opportunité d’incarner de premier rôle aussi considérable dans une comédie musicale.
«On s’en va dans un public de 3000 personnes! Ça fait que, pour moi, c’est vraiment une espèce d’aboutissement dans ma carrière et aussi le début d’une autre partie. J’étais habituée à faire des petits spectacles, et là, tout d’un coup, je peux atteindre un plus grand public. C’est vraiment quelque chose de significatif pour moi.»
Ainsi, sans vouloir se mettre trop la pression pour le moment, elle a déjà commencé à se préparer pour le rôle, notamment en s’investissant dans l’étude du caractère historique de l’œuvre.
«Une fois que j’ai décroché le rôle, j’ai lu le poème de Évangéline de Henry W. Longfellow. Je me suis beaucoup informée, je me suis fait un rappel de mon histoire, de l’histoire des Acadiens. […] Mon père, pour Noël, m’avait acheté l’histoire complète de ma famille, de leur arrivée en Nouvelle-Écosse à présentement. J’ai replongé le nez là-dedans. Pour l’instant, c’est vraiment ça. Lorsque les répétitions vont débuter (à la mi-mai), je vais vraiment pouvoir plus travailler sur le rôle.»
En attendant, elle se consacre aussi à ses autres projets. Parmi eux, on peut citer la série télévisée Libre dès maintenant, qui sera diffusée le 3 avril, sur la chaine Tout.tv Extra.
Mais également, son autre spectacle, qu’elle présentera les 9 et 10 mai prochains, à la Salle Claude-Léveillé de la Place des Arts, à Moncton, où elle interprétera ses propres chansons. «Peut-être éventuellement, j’aimerais ça, entrer en studio pour enregistrer un album, mais disons que je suis assez occupée», confie-t-elle en riant.
Car si Maud Cyr-Deschênes est douée de multiples talents, elle admet toutefois que c’est la musique qui demeure le cœur de sa carrière artistique. «La chose qui me motive le plus, que je ne pourrais pas vivre sans, c’est la musique. Je suis auteure-compositrice-interprète et c’est vraiment ça qui, si je pouvais pas, si j’avais juste une chose à choisir, ce serait ça. Mais après, les autres, c’est tellement ancré en moi, c’est tellement important, je les aime tous.»
D’où l’importance, pour elle, de promouvoir aussi cette autre facette de sa carrière en incitant, notamment, les gens à découvrir ses chansons, disponibles sur toutes les plateformes de diffusion en continu.
