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le Mercredi 2 avril 2025 7:00 Actualités: Acadie et Francophonie

Le spectacle Évangéline: une histoire d’amour, au temps de la Déportation des Acadiens

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L’affiche d’Évangéline, une fresque musicale prévue en 2026 à Montréal, au Québec, et à Moncton, au Nouveau-Brunswick.  — PHOTO : Production d'Évangéline
L’affiche d’Évangéline, une fresque musicale prévue en 2026 à Montréal, au Québec, et à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
PHOTO : Production d'Évangéline

Évangéline, inspirée du poème d’Henry W. Longfellow, est créée pour revisiter cette histoire emblématique et la présenter sous forme artistique. Cependant, des critiques ont émergé concernant les choix de distribution artistique, qui montrent un manque de représentation d’artistes acadien(ne)s.

Le spectacle Évangéline: une histoire d’amour, au temps de la Déportation des Acadiens
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Lilianne Cormier, artiste de Chéticamp. 

PHOTO : Lilianne Cormier

Farida Agogno 

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – Atl

Évangéline est une fresque musicale dont le projet a débuté depuis un moment par deux auteurs, à savoir Caroline Cloutier et Frédérick Baron. Jean-Jacques Pillet, metteur en scène et directeur du spectacle, explique qu’il a joint ce projet il y a deux ans. 

M. Pillet avance qu’André-Carl Vachon, historien reconnu en Acadie, a été impliqué pour apporter son expertise et assurer la fidélité des éléments historiques. En s’appuyant sur ses connaissances, les auteurs ont tout d’abord élaboré la structure globale du projet. 

Une fois cette trame définie, ils ont pu créer un livret adapté, conçu pour raconter l’histoire de manière accessible et captivante, tout en respectant la véracité des faits historiques. 

Dans la distribution artistique (casting) du spectacle, on retrouve deux artistes acadiens. Toutefois certains pensent que ce groupe manque une représentation effective d’Acadien(ne)s. 

Lilianne Cormier, une artiste de la région de Chéticamp, affirme que, quand elle a su la création de ce projet, elle a d’abord exprimé  une certaine fierté, en y voyant un potentiel, puisque le projet mettra en lumière l’Acadie et offrira une plateforme aux artistes acadien(ne)s sur une scène québécoise. 

Jean-Jacques Pillet, metteur en scène et directeur du spectacle Évangéline

PHOTO : Production d'Évangéline

Cependant, cette fierté s’est rapidement dissoute lorsqu’elle a remarqué que les figures centrales du projet ne représentent pas suffisamment la communauté acadienne.

Selon Mme Cormier, ce manque de représentativité illustre les défis auxquels sont confrontés les artistes acadiens qui ont de la difficulté à se produire sur de grandes scènes, non pas par manque d’ambition, mais à cause de barrières, comme leur accent qui reflète leur identité régionale, et leur statut de minorité sociolinguistique. 

Ces facteurs compliquent leur intégration dans les circuits artistiques dominants. «Dès qu’on a une idée de projet, il faut se poser la question: est-ce que je suis la bonne personne pour raconter cette histoire? Et si ce n’est pas le cas, il faut trouver les bonnes personnes pour la raconter», déclare-t-elle.

«Dans notre contexte culturel, il est crucial de donner la parole à ceux qui viennent de cette culture, de les laisser briller, ajoute-t-elle. Cela est essentiel pour tout allié de toute communauté, qu’il s’agisse de la communauté acadienne, autochtone ou autre.»

Elle mentionne aussi que l’une de ses publications Facebook sur le sujet a suscité ce sentiment de manque de représentation par d’autres artistes. «En ce qui concerne les critiques, il est vrai que, comme dans toute création, il peut y avoir des malentendus», avance M. Pillet. 

L’équipe de distribution d’Évangéline, de gauche à droite: Raphaël Butler, Nathalie Simard, Mathieu Lévesque, Maude Cyr-Deschênes, Olivier Dion et Océane Kitura Bohémier-Tootoo. 

PHOTO : Production d'Évangéline

Il explique que les auditions ont eu lieu durant la phase de création, alors que le livret officiel n’était pas encore finalisé. Pour éviter toute fuite d’informations confidentielles, la distribution artistique a été fermée, ce qui diffère des processus plus ouverts utilisés pour des projets déjà bien définis.

Il souligne également que la production a ouvert un nouveau casting pour intégrer plus d’artistes acadien(ne)s. «Cela nous permet de réajuster le casting de manière plus locale et fidèle à l’Acadie», dit-il. 

«Je souhaite tout le meilleur pour la production et j’espère que cela sera un succès. Mais je pense que ces petites préoccupations qu’on soulève ne doivent pas être ignorées», précise Mme Cormier. « Elles peuvent aider à mieux soutenir les artistes acadiens», renchérit-elle. 

M. Pillet rappelle que la production d’Évangéline se veut à la fois locale et universelle, et son histoire touche des enjeux qui dépassent les frontières de l’Acadie. Il pense que raconter cette histoire est une opportunité pour sensibiliser les consciences sur les impacts de l’histoire coloniale et de l’exil. 

Ce projet, selon lui, permet de rassembler la francophonie nord-américaine et au-delà.

Type: Actualités

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