le Vendredi 5 juin 2026
le Mardi 1 avril 2025 7:00 Nos communautés - Halifax

Mia Robichaud: «Quand tu perds le langage, tu perds la culture»

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Portrait de Mia Robichaud. — PHOTO : Taran Fournier
Portrait de Mia Robichaud.
PHOTO : Taran Fournier

Jeune étudiante en quatrième année à Dalhousie, Mia Robichaud est la fondatrice et présidente de la toute première société acadienne de l’université. Originaire de Clare, et très attachée à ses racines acadiennes, elle espère que nombreux seront bientôt à la rejoindre dans ce nouveau projet pour promouvoir avec elle sa culture.

Mia Robichaud: «Quand tu perds le langage, tu perds la culture»
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«Je l’ai commencé parce que j’avais noté qu’il n’y a pas vraiment d’espace pour le monde acadien à Dalhousie. Alors, j’ai décidé de fonder la société à cause que ça n’existait pas. Il y avait une société française, mais pas spécifiquement acadienne», raconte Mia Robichaud.

Lancée depuis la mi-février, la société, qui compte actuellement 16 membres, vient tout juste d’être ratifiée par la Dalhousie Student Union (DSU). Une étape importante qui leur permettra, après avoir complété un module d’entrainement en diversité et équité, de se réunir officiellement. La première rencontre devrait d’ailleurs arriver très prochainement.

Je pense qu’ils sont fiers de faire partie de notre société [parce] qu’ils vont avoir un espace pour parler français et s’engager avec d’autres étudiants acadiens.

— Mia Robichaud

Mia Robichaud, pour sa part, est très reconnaissante du soutien reçu par la communauté francophone, qui lui a notamment permis de rentrer en contact avec Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, ainsi que celui de la DSU, qui l’a aussi aidée à travailler le processus de ratification. 

Mais, c’est surtout l’intérêt des autres étudiants qui l’a particulièrement touchée. «Je pense qu’ils sont fiers de faire partie de notre société [parce] qu’ils vont avoir un espace pour parler français et s’engager avec d’autres étudiants acadiens.» 

Un engouement qui la porte et qu’elle aspire à voir s’étendre au-delà de l’université. «J’espère que [ça] encouragera d’autres élèves acadiens [à venir] à Dalhousie et être plus confortables, expressifs et fiers de notre culture. Et puis, j’aimerais connecter d’autres élèves acadiens each other, dans l’université. Peut-être même, connecter la société avec d’autres organisations françaises et acadiennes autour de Halifax.»

La jeune étudiante ne manque, en effet, pas d’ambitions et d’idées pour que cette société devienne un vrai projet communautaire, à l’image de l’Acadie. «Je veux vraiment qu’on préserve la culture acadienne [au sein de] notre école, confie-t-elle. Faire une classe confortable, où connecter et partager les expériences de tous les Acadiens pour embrasser notre héritage. J’aimerais aussi faire des workshops en français, pour que ça soit plus accessible aux membres et que ça apporte plus de compétences professionnelles et académiques [aux francophones].»

L’un des points qu’elle estime très importants étant la préservation du langage acadien qui représente, selon elle, toute la diversité de sa communauté, mais également son histoire. «Les Acadiens sont très vulnérables à l’insécurité linguistique, à cause de la barrière linguistique entre nous et d’autres francophones.»

«Perdre mon langage, c’est une vraie peur pour moi. Il n’y a pas de culture sans langage. Quand tu perds le langage, tu perds la culture. Alors, j’aimerais que notre société soit une place à célébrer nos dialectes.»

De par sa propre histoire, et notamment le fait d’avoir passé son enfance à Clare, défendre l’Acadie est quelque chose qui lui tient sincèrement à cœur. Aujourd’hui, elle aspire donc profondément à transmettre ses sentiments de fierté aux autres étudiants.

«Mon père est Acadien, ma mère est Anglaise, mais j’ai toujours été à des écoles du CSAP (Conseil scolaire acadien provincial), j’ai grandi en éducation française. C’était tout le temps vraiment important dans l’école de parler français, et pas perdre notre culture, être fiers de notre culture. Ils ont toujours essayé d’encourager le monde [à] être très secure de notre langage, de notre culture.»

D’autant qu’elle ressent une réelle différence entre la vie qu’elle menait à Clare et celle d’aujourd’hui, à Halifax. Si elle y reconnait plus de diversités, en revanche, il lui est plus difficile d’y partager son Acadie.

Je veux vraiment juste renforcer la communauté et encourager le monde acadien à être fier de son héritage, à ne pas laisser derrière eux leur langage, et continuer à s’engager avec leur culture et leurs valeurs.

— Mia Robichaud

«Depuis que j’ai déménagé, il y a moins d’opportunités à parler à d’autres personnes qui sont acadiennes. Clare, c’est vraiment rural. Tout le monde est plus connecté. J’avais beaucoup d’opportunités à parler français, et ce n’est pas vraiment le cas ici. Et, quand je parle français, je trouve que le monde ne me comprend pas. Alors, ça fera vraiment du bien d’avoir l’opportunité de parler à d’autres mondes à travers la même chose.»

D’où le combat qu’elle a décidé de mener aujourd’hui en fondant sa société. «J’aimerais que ça encourage les élèves à être plus ouverts à propos de leur culture […] juste pour avoir plus de dialogues entre les Acadiens et les francophones du Québec, de l’Afrique ou de France.» 

«Je veux vraiment juste renforcer la communauté et encourager le monde acadien à être fier de son héritage, à ne pas laisser derrière eux leur langage, et continuer à s’engager avec leur culture et leurs valeurs.» 

Type: Actualités

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