«J’ai toujours chanté, raconte-t-elle lorsqu’on l’interroge sur l’origine de son intérêt pour la musique. J’ai commencé à jouer des instruments plutôt dans les grades 8, 9, 10, à l’école secondaire. Mais j’ai toujours été entourée de musique, d’une façon ou d’une autre.»
Un parcours artistique déjà bien avancé qui lui a permis de se faire repérer facilement par les recruteurs de la résidence. Ces derniers recherchaient, justement, de jeunes artistes ayant de l’expérience dans leur domaine de prédilection.
«C’est Marcel Aymar (le directeur de la programmation du CMA 2024) qui a trouvé mon nom, je pense par mot de bouche. Par ici à la Baie, on parle beaucoup. Donc, j’ai été approchée [pour] voir si ça m’intéresserait, si je voulais écrire une chanson. J’ai accepté et je m’y suis rendue.»
Une décision qu’elle ne regrette pas du tout. Aujourd’hui, elle se dit reconnaissante d’avoir pu participer à une expérience inédite dont elle garde encore de très beaux souvenirs.
«C’était vraiment cool. Ce n’est pas quelque chose que j’avais entendu auparavant. Je ne savais pas à quoi m’attendre, donc j’ai dû apprendre juste en le faisant. Je ne savais pas quoi expected. C’était vraiment bon. Les personnes qui étaient avec nous étaient super. Anne-Marie White (la coordonnatrice de la résidence artistique), ainsi que tous les jeunes avec moi. C’était vraiment great.»
Un enthousiasme qui se ressent aussi lorsqu’elle nous partage ses sentiments et impressions concernant le tournage de Résonance Acadie.
[Ça m’a] juste donné la confiance de pouvoir continuer.
«C’était vraiment bon. Il (Phil Comeau) a fait vraiment un bon job, très respectable. Je pense que ça a dû être un défi de pouvoir mettre tous les shoots, tout ce qu’il a attrapé de 10 personnes en 15 jours. J’étais à la première soirée [où] ils l’ont montré. J’ai vraiment aimé ça.»
Pour autant, la jeune femme demeure très humble vis-à-vis de sa propre carrière. Si elle est consciente de tout ce que cette expérience lui a apporté, elle reste toutefois très ancrée dans la réalité, aspirant à faire avancer ses projets sans pression ni trop grandes ambitions.
«[Ça m’a] juste donné la confiance de pouvoir continuer. Il me semble que beaucoup de monde a aimé ma chanson et comment ça s’est déroulé, donc je pense que la confiance, c’est probablement la plus grosse chose. Je ne l’ai pas recorded encore, mais j’ai des plans de le faire. Je ne pense pas que ça va être mon seul job, mais je pense qu’il y a du potentiel à pouvoir avoir plus de monde écouter ma chanson et ce que je fais, qu’il voit ce que j’ai à donner.»
Ainsi, si elle sait que la musique fera toujours partie de sa vie, elle ne préfère pas tout de suite se projeter dans un futur proche ou lointain. Elle aspire plutôt à se laisser porter, prête à accepter ce qui se présentera à elle, le moment venu.
«Je n’ai pas de projets. J’aimerais juste pouvoir écrire assez de chansons pour peut-être enregistrer un album. La musique, c’est toujours mon but, mais c’est peut-être pas réaliste maintenant, où est-ce que moi je suis. [Actuellement], je joue de la musique les soirs et je travaille le jour. Mais on sait pas, c’est de la misère à dire qu’est-ce que l’avenir donne. Donc, on laisse les portes ouvertes et on voit ce qu’il se passe.»
Ce dont elle est surtout consciente, c’est que cette expérience lui a permis d’acquérir une certaine discipline et confiance en elle, dont elle s’estimait dépourvue auparavant.
«Juste savoir que je peux le faire. Ça fait longtemps que je dis que je veux chanter, que je veux écrire des chansons et je ne le fais pas. Donc, ça m’a enseigné à m’asseoir, là, pendant une semaine, pour écrire et travailler sur quelque chose. Juste savoir que je peux, si je m’assois, je le fais. Et puis, je suis fière de ce que j’ai fait, j’ai aimé ça, je suis contente avec.»
Mais s’il y a bien quelque chose dont la jeune femme se dit particulièrement fière, c’est certainement sa culture acadienne, qui demeure très importante pour elle.
«Je vis dans une région qui est acadienne, donc c’est quelque chose qui est là tous les jours. Mon travail, c’est des mots français, des gens français, je parle en acadien. Ce sont des questions très importantes pour moi. Donc, je pense que c’est vraiment cool, vraiment une bonne expérience dans ma vie que j’ai pu prendre avec moi, puisque j’ai pu y participer d’une façon directe avec le CMA. J’ai été contente de pouvoir partager avec le monde peut-être un sentiment que j’ai sur l’Acadie. Je sais que c’est de la misère de savoir ce que j’ai dit quand on n’a pas la chanson à écouter, mais c’était une bonne expérience. C’était vraiment good.»
