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le Jeudi 27 mars 2025 11:00 Actualités nationales

L’AFFC dénonce la suppression du poste de ministre des Femmes et de l’Égalité des genres

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Soukaina Boutiyeb, directrice générale de l’AFFC.  — PHOTO : de courtoisie - l’AFFC
Soukaina Boutiyeb, directrice générale de l’AFFC.
PHOTO : de courtoisie - l’AFFC

Face à l’annonce du nouveau cabinet ministériel, dévoilé le 14 mars dernier, l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC) a tout de suite été alertée par la suppression du poste de ministre des Femmes et de l'Égalité des genres. Une grave décision qui ne présage rien de bon pour les droits des femmes et les communautés marginalisées, selon l’organisme.

L’AFFC dénonce la suppression du poste de ministre des Femmes et de l’Égalité des genres
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«Ces changements demeurent inquiétants pour le secteur des femmes, de la francophonie canadienne», s’est exprimée Soukaina Boutiyeb, directrice générale de l’AFFC. 

«En tant que femme francophone vivant en situation minoritaire, en tant qu’organisation, on voit que les ministères qui devraient être voués à s’assurer au développement de nos communautés n’existent plus dans l’État qu’on a, qu’on connaissait du moins.»

Notons que, bien que le poste n’est plus, le ministère demeure, sous la responsabilité du ministre de la Culture et de l’Identité canadiennes, Parcs Canada et lieutenant du Québec, Steven Guilbeault. 

L’organisme qui a, en effet, du mal à comprendre et accepter cette annonce s’interroge sur ce qu’une telle décision signifie pour l’avenir de la société canadienne.

«Il y a beaucoup de questions qui sont inquiétantes. On sait que, quand on est en train de réaménager un cabinet, on donne un ton, des priorités. Est-ce que c’est le message que le premier ministre voudrait donner? J’espère que non. Est-ce que le dossier des femmes [et celui] des langues officielles passent au second plan?» se demande encore Mme Boutiyeb.

Des questions, pour le moment sans réponses, dont l’AFFC attend vivement la clarification. Avant de pouvoir identifier des actions concrètes, l’organisme continue d’alerter sur le danger qui encourt pour les femmes canadiennes, et particulièrement, les femmes francophones et acadiennes.

«Un changement économique ne doit pas impacter les personnes qui sont déjà les plus vulnérables et marginalisées de la société. Ça veut dire qu’il faut encore plus les protéger. Les risques de ne pas avoir ces ministères, c’est qu’il n’y ait pas de politiques axées sur l’égalité de genre, sur l’épanouissement des francophones, sur l’accessibilité des services à tous les niveaux. Il y aura un oubli et les personnes qui sont déjà marginalisées risquent de l’être encore plus», s’inquiète fortement Mme Boutiyeb.

La directrice générale de l’AFFC se souvient d’ailleurs très bien d’erreurs du passé qui ont beaucoup couté à ces populations.

«Il se doit d’avoir des investissements concrets. C’est quelque chose qu’on n’arrête pas de dire et de crier, même avec les autres ministères qu’on a eu avant. À titre d’exemple, il y a eu un plan d’action pour contrer la violence fondée sur le sexe, et où on a oublié complètement les francophones. Au bout de la ligne, qui est impacté sur le terrain? C’est les femmes francophones.»

Mme Boutiyeb souligne également que cette prise de décision entre en inadéquation avec l’image et les principes du pays.

«Le Canada est un pays du G7, où on est très fier de se dire qu’on est un gouvernement féministe, où la place des femmes est très importante, où on s’assure qu’il y ait l’égalité. Quand on se dit un gouvernement pour l’égalité des genres, que c’est une priorité, ça se doit d’être par des actions concrètes et non pas par juste des paroles.»

Malgré toutes ses craintes, Mme Boutiyeb ose souhaiter que ce remaniement ne soit pas définitif et sera très vite repensé.

«On espère que ce gouvernement-là va voir que c’est une erreur, une mauvaise stratégie, qui peut être rectifiée définitivement […] que si l’idée, c’est de diminuer les ministères, ça ne doit pas se faire au détriment de certaines priorités. Donc, que ceci n’est qu’une décision qui peut être rétractée et améliorée pour le bienêtre de tous et de toutes.»

Ainsi, elle appelle toutes celles et ceux qui se sentent concernés, de près ou de loin, par cette situation à prendre la parole et oser protester.

«Tout le monde peut réagir. Les citoyens et citoyennes, les personnes qui se disent alliés. Il y a différentes manières de réagir. Parler à son député, envoyer un courriel, partager le communiqué, en discuter, etc. Le plus on en discute, le plus on démontre qu’il y a des choses qui sont inacceptables. C’est en travaillant en commun qu’on peut s’assurer qu’on a une société qui est équitable et juste pour tout le monde.»

«Les femmes francophones et acadiennes, c’est des femmes qui sont fortes, des femmes qui sont résilientes. On sera toujours là à défendre nos droits les plus stricts pour s’assurer que nos droits ne soient pas opprimés, ne soient pas omis», conclut-elle finalement.

Type: Actualités

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Corrections:

le Vendredi 25 avril 2025 11:23:

Correction: il ne s’agit pas d’une suppression du ministère de Femmes et Égalité des genres Canada, mais du poste au sein du nouveau cabinet libéral. 

Ajout au 4e paragraphe: Notons que, bien que le poste n’est plus, le ministère demeure, sous la responsabilité du ministre de la Culture et de l’Identité canadiennes, Parcs Canada et lieutenant du Québec, Steven Guilbeault.