La fenêtre de shop, où Joshua a brièvement travaillé pendant sa jeunesse.
Né dans une famille humble à Mount Hanley, sur la montagne du Nord, Joshua avait huit ans quand sa famille a déménagé sur l’ile Brier, où son grand-père était gardien de phare. Il a appris avec son père à fabriquer des bottes en cuir pour les pêcheurs. Cependant, il détestait ce travail et, avec 11 enfants à la maison, il étouffait: il aimait la solitude et la mer, et son gout pour l’aventure l’a vite poussé plus loin.
Il a pris une distance quand il avait 14 ans, en trouvant un emploi sur un bateau de pêche, et à 16 ans, il a fui pour de bon. Il est parti comme marin pour Dublin. Depuis, il n’a cessé de parcourir les mers. Il a contourné le cap Horn, abordé les iles de Java, Hong Kong et Singapore, entre maints autres lieux. Tout en voyageant, il a étudié et s’est qualifié comme second, puis est devenu capitaine.
Plus tard, il a navigué depuis San Francisco, transportant différentes cargaisons vers le Japon, la Chine et l’Australie. Il y a rencontré son épouse avec qui il a navigué pendant 13 ans, durant lesquelles ils ont eu sept enfants.
Ce n’est qu’en 1874, se trouvant alors aux Philippines, qu’il a fait construire son propre navire, le Pato. Il était alors libre de ses affaires et a commencé sa carrière d’écrivain.
Après plusieurs bateaux et de nombreuses traversées, il s’est retrouvé veuf puis s’est remarié. Les voyages n’étaient pas de tout repos: il a traversé des ouragans, survécu au choléra et à la variole, et confronté des attaques de pirates, ainsi qu’un naufrage. Slocum a laissé un récit de ces péripéties, Voyage of the Liberdade.
Après des années de voyages à travers mers et océans, Slocum a finalement rénové le Spray, ce voilier qui s’est inscrit dans l’histoire. Le capitaine raconte dans Sailing around the world, publié en 1899 et devenu un classique de la littérature, ses aventures qui ont débuté en 1895: il est parti pour accomplir la première circonvolution de la terre en solitaire, passant par le Brésil, le détroit de Magellan, l’Australie, le cap de Bonne Espérance, entre autres.
Sans équipement sophistiqué, il établissait ses coordonnées à l’estime. Après trois ans en mer et avoir parcouru 74 000 km, il a rejoint les côtes du Rhode Island.
L’immense succès de ses écrits l’ont amené à donner des conférences, à attirer l’intérêt de célébrités telles que le président Roosevelt, et il a pu s’acheter une ferme sur Martha’s Vineyard, mais il avait besoin d’être sur l’eau. En 1909, il est reparti dans l’espoir d’explorer plus au sud et d’écrire un autre livre, mais il a disparu en mer.
Bien qu’il ait très peu vécu en Nouvelle-Écosse, sa première école est devenue un musée, où son enfance est notée, et sur l’ile Brier, on peut voir un monument en son honneur. Par ailleurs, sur la shop de son père, une plaque est apposée. On semble peu connaitre son histoire dans la province, mais aux États-Unis, la société Slocum perpétue sa mémoire.
Pendant 30 ans, jusqu’en 2004, le traversier Joshua-Slocum a relié les iles Long et Brier. Une scène du film Dolores Clayborn, tiré du roman éponyme de Steven King, y a été tournée.