Cette année, le Salon du livre organisé dans le cadre du Francofest, festival des cultures francophones à Halifax, s’est tenu au gymnase de l’école du Carrefour, du 30 octobre au 2 novembre derniers.
Une soirée costumée a été organisée, le 30 octobre, sur le thème de l’Halloween, en présence de l’auteur Philippe Garon, qui a eu l’occasion de partager son conte Le tien, le mien, le sien autour de chocolat et de biscuits.
Le 31 octobre et le 1er novembre, des ouvrages en français étaient proposés par la maison d’édition Bouton d’Or Acadie et la librairie Pélagie pendant le Salon.
La journée du 2 novembre était consacrée au grand public avec des dédicaces d’auteurs, des ateliers littéraires jeunesse, des milliers de livres et des gourmandises, en vente au profit des Jeux de l’Acadie pour allier l’utile à l’agréable.
Une dizaine d’artistes des communautés acadiennes et francophones étaient présents, dont les artistes du «Gros Partééé». La radio C98 a diffusé les entretiens avec les auteurs et les artistes en direct.
Hélène Devarennes, auteure du livre Le chant d’honneur, travaille en milieu mi’kmaw depuis 2017 et a passé beaucoup de temps dans la communauté pour apprendre. Dans les histoires autochtones, la narration passe par les légendes, et il est important de faire preuve d’humilité culturelle et de prendre le temps d’écouter les autres.
C’est un livre poétique, imagé, dans lequel «le chant lui a été offert en cadeau». Le livre est déjà paru en langues française et mi’kmaw et une traduction vers l’anglais est aussi disponible.
Originaire de Gaspésie, l’auteur Philippe Garon est fort de 20 ans de carrière littéraire et ne se spécialise pas dans un seul genre en particulier. Il se définit comme «le médecin de famille de la littérature».
Ses écrits comprennent des contes, des récits et des chansons. Cet «amoureux des mots» a déjà été invité au Festival acadien de poésie de Caraquet, où il fait sa première rencontre avec l’Acadie et découvre cette richesse culturelle, même s’il habite à 50 km et qu’il ne connaissait pas du tout la région.
Pour lui, l’identité est loin d’être acquise. Elle se forge au fur et à mesure, et il aimerait que l’identité acadienne fasse partie de la sienne.
Avec son ouvrage Le tien, le mien, le sien, il examine le lien à la préservation de l’eau, inspiré par Joséphine Mandamin, activiste des droits à l’eau et commissaire en chef des eaux de la Nation Anishnabe, née en 1942 sur le territoire non cédé de Wiikwemkoong, à l’ile Manitoulin, en Ontario.
Cette «grand-mère marcheuse de l’eau» était une activiste de renommée mondiale, qui a marché autour des Grands Lacs, de 2003 à 2017, afin de sensibiliser la population aux problèmes de la pollution de l’eau et de la dégradation environnementale des Grands Lacs et des réserves autochtones au Canada.
Il y avait aussi des auteurs venus d’ailleurs, comme Laura Hedon, auteure et illustratrice invitée de France par l’Alliance française pendant une semaine pour participer au Salon du livre, qu’elle a trouvé à la fois «familial et convivial».
Mme Hedon a animé des ateliers de peinture pour les jeunes âgés de quatre à cinq ans pendant son séjour et des ateliers de lecture pour les tout-petits âgés de trois à quatre ans, qui se terminaient par le dessin d’une feuille d’automne dans les écoles d’immersion française.
Natalie Robichaud, cinéaste et formatrice d’ateliers de danse câllée originaire de la Baie Sainte-Marie, s’est donnée comme mission depuis près de huit ans de faire renaitre cette forme de danse traditionnelle en Acadie. Même si elle est surtout pratiquée par les ainés, elle demeure un défi pour les jeunes qui n’y sont pas très habitués. Mais le jeu en vaut bien la chandelle.
La famille LeBlanc, bien connue pour ses spectacles musicaux, résume bien le ressenti pendant le Salon du livre: «cette énergie d’exister, la fierté d’être francophile» et «ce besoin d’être ensemble», que ce soit par la musique, la danse, la lecture, la peinture ou la sculpture.
Le Salon du livre sera à nouveau au rendez-vous l’année prochaine.
