Ainsi, ce rassemblement, créé plus tard par André Boudreau, originaire du Nouveau-Brunswick et habitant d’Edmonton (capitale de l’Alberta), devient le CMA, la réunion acadienne tous les cinq ans.
En fait, qui est Jean-Marie Nadeau, cet initiateur? Quelles sont ses contributions au rehaussement de la culture acadienne?
M. Nadeau est reconnu d’abord comme journaliste et auteur. Toutefois, en raison de son attachement à l’Acadie dans toutes ses coutures, on lui attribue souvent le titre de patriote et activiste, voire syndicaliste acadien.
Il importe de souligner que M. Nadeau est une figure emblématique dans le paysage médiatique du Nouveau-Brunswick. Grâce à ses différents postes dans plusieurs médias de cette province, il a construit sa popularité. Il a été rédacteur en chef et directeur de la revue L’Acayen, puis éditorialiste et directeur de l’information à l’Acadie Nouvelle.
La contribution de M. Nadeau dans plusieurs organismes acadiens a aussi contribué à sa notoriété. M. Nadeau a été très actif dans plusieurs organismes acadiens. Il a été secrétaire général de la Société nationale de l’Acadie (SNA) entre 1984 et 1989, d’une part, et président de la Société acadienne du Nouveau-Brunswick (SANB) entre 1993 et 1994, puis entre 2008 et 2013, d’autre part.
Fondée à Shippagan, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, en juin 1973, la SANB fut créée en vue de défendre et promouvoir les droits de la communauté acadienne de la province. M. Nadeau a aussi prêté ses services au Parti acadien ainsi qu’à la Fédération du travail du Nouveau-Brunswick.
Par ailleurs, M. Nadeau a reçu plusieurs prix tant dans le milieu acadien que dans le milieu francophone. En 1993, il a été lauréat du prix France-Acadie (création littéraire), pour son ouvrage Que le tintamarre commence! En 1999, il devient membre de l’Ordre des francophones d’Amérique et récipiendaire du Prix A.-M.-Sormany de la Société des Acadiennes et Acadiens du Nouveau-Brunswick.
Il est aussi membre de l’Ordre national du Mérite de France en 2004 et lauréat de la Médaille Léger-Comeau en 2014. Récemment, il figure dans le palmarès 2023 des dix personnalités les plus influentes de la francophonie canadienne.
Il faut convenir que, dans sa posture militante, M. Nadeau se fait toujours passer comme l’intercesseur des Acadiennes et Acadiens ainsi qu’un leader d’opinion leur rappelant leur histoire. C’est en ce sens qu’il a proposé le changement du nom de l’Université de Moncton à celui de l’Université de l’Acadie en février 2023.
De ce fait, il a lancé une pétition qui compte plus d’un millier de signatures. Si cette proposition en a dit long pour des Acadiennes et Acadiens, elle a été réfutée par d’autres, puis rejetée par le conseil de l’Université. «Je respecte beaucoup les gens qui sont contre le changement de nom et c’est normal qu’il y a de la résistance. Et, je sais qu’ils sont plus que 10, mais nous, on a près de 1 400 signatures. Alors, je vous laisse faire le compte», a-t-il lancé dans une entrevue accordée à Radio-Canada.
En plus de toutes ses réalisations, l’initiateur de l’idée du CMA est aussi connu comme un auteur. Parmi ses ouvrages, on peut citer L’Acadie possible: La constance d’une pensée, paru en 2009 aux Éditions de la Francophonie, Québec Acadie: fini le niaisage! paru en 2019, ainsi que Mise à nu: Autobiographie de Jean-Marie Nadeau, paru en 2020 chez les mêmes éditeurs.