Née à Halifax, Mme Ross a fait des études au Canada et en France. Parmi ses quatre diplômes universitaires, trois ont été décrochés en français.
Si elle est reconnue principalement en tant qu’historienne, elle a toutefois plusieurs cordes à son arc. Pendant sa riche carrière, Sally Ross a enseigné l’histoire et la culture du Canada français pendant une dizaine d’années au niveau universitaire. Elle a aussi travaillé en tant que chercheuse indépendante, traductrice ainsi que comme consultante, pour ne citer que ces postes.
Certes, Sally Ross n’est pas une Acadienne de souche, mais elle connait l’histoire et la culture de l’Acadie comme le fond de sa poche. D’ailleurs, elle a travaillé sur un projet de recherche de Santé Canada pendant plusieurs années. « [Ce projet] m’a permis de voyager et d’interviewer des Acadiennes dans tous les coins de l’Acadie des provinces maritimes, précise-t-elle. Il n’y a aucun doute que ce contrat m’a aidée à saisir pleinement la diversité des communautés acadiennes. »
De plus, la contribution de Mme Ross au rehaussement de l’Acadie ne date pas d’hier. « Entre 1980 et 1995, j’ai fait une cinquantaine de comptes rendus de livres acadiens pour The Atlantic Provinces Book Review, une revue trimestrielle de l’Université Saint Mary’s, devenue indépendante en 1992 et rebaptisée Atlantic Books Today. »
« J’ai continué pendant des années à poursuivre ma recherche sur l’histoire de l’éducation en français en Nouvelle-Écosse et à partager les résultats de mes enquêtes, raconte l’historienne. Au Congrès mondial de 2004, par exemple, j’ai fait une présentation intitulée La famille et l’école acadienne en 2020, basée sur des entrevues avec des élèves et des enseignants. En 2016, sur l’invitation du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), j’ai prononcé des discours pour célébrer le 25e anniversaire de sa création. »
En 2003, elle reçoit une subvention du Musée de la Nouvelle-Écosse pour faire une étude socioculturelle des cimetières acadiens établis en Nouvelle-Écosse après la Déportation. Ce projet comporte un corpus photographique de 2 000 images qui ont été numérisées par Archives de la Nouvelle-Écosse (Nova Scotia Archives) et mises en ligne. « Par la suite, j’ai fait des conférences et de nombreux articles consacrés à cette recherche, publiés entre 2003 et 2014. »
En février 2018, Mme Ross a animé une conférence intitulée The History of Acadian Schools in Nova Scotia: Challenges and Victories à la résidence du lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Arthur LeBlanc.
Outre lesdits projets, l’historienne a roulé sa bosse comme professionnelle dans d’autres projets importants au Canada et ailleurs. « Au cours des années, j’ai eu des contrats importants avec divers ministères et organismes, dont Parcs Canada, le Musée de la Nouvelle-Écosse, l’Office des affaires acadiennes et de la francophonie de la Nouvelle-Écosse et la Société Promotion Grand-Pré, précise-t-elle. En 1998 je suis allée en Chine où j’ai travaillé pendant deux ans comme rédactrice et correctrice d’une série de manuels d’anglais à l’Université de Zhejiang à Hangzhou. »
Par ailleurs, elle est aussi connue comme écrivaine. Elle a rédigé en 1992, en collaboration avec l’historien Alphonse Deveau, The Acadians of Nova Scotia, un livre primé dont la traduction française, Les Acadiens de la Nouvelle-Écosse, paru en 1995, a servi de manuel d’histoire dans les écoles acadiennes.
En 2001, le Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick a publié son deuxième livre intitulé Les écoles acadiennes en Nouvelle-Écosse, 1758-2000. Le dernier ouvrage de Mme Ross, titré Louis R. Comeau, Portrait of a Remarkable Acadian, est paru en 2015.
Mme Ross a non seulement quelques livres à son nom, mais elle en a aussi traduit beaucoup d’autres. « Je compte parmi mes traductions littéraires 10 livres par l’historien et folkloriste Georges Arsenault, publiées entre 1989 et 2020, un roman de France Daigle et quatre chapitres de L’Acadie des Maritimes à l’Université de Moncton publiés par la même université », mentionne-t-elle.
En vue de remercier Sally Ross pour sa contribution au recueil historique et au rayonnement de la communauté acadienne, elle a reçu en 2019 un doctorat honorifique de l’Université Sainte-Anne. De plus, en 2021, elle a été parmi les six premières personnes à recevoir le Prix d’excellence du lieutenant-gouverneur pour l’Acadie et la francophonie de la Nouvelle-Écosse.