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Kateri Aubin-Dubois: «On a toujours des racines avec nos communautés»

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L’autrice de Je suis Autochtone, Anne Tenning. — PHOTO: Facebook - Campbell River School District - SD72
L’autrice de Je suis Autochtone, Anne Tenning.
PHOTO: Facebook - Campbell River School District - SD72

Je suis Autochtone d’Anne Tenning est un ouvrage qui explore la question de l’identité autochtone avec beaucoup de douceur et de sensibilité. Illustré par 13 artistes autochtones de différentes nations, c’est une invitation pour les petits et grands lecteurs à découvrir la richesse culturelle et la diversité de l’autochtonie.

Kateri Aubin-Dubois: «On a toujours des racines avec nos communautés»
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Membre de la Première Nation Stz’uminus, autrice, enseignante et directrice de l’éducation autochtone dans le district scolaire de Campbell River (Colombie-Britannique), Anne Tenning est une femme engagée qui se consacre à faire connaître les différentes perspectives autochtones, notamment auprès des plus jeunes.

C’est ce que l’on ressent également à la lecture de Je suis autochtone, comme le souligne Kateri Aubin-Dubois, la traductrice de l’ouvrage, avec qui nous avons pu échanger. L’album expliquant, en effet, aux enfants — mais aussi à leurs parents ou autres accompagnants — que, quel que soit l’origine, le lieu de vie, le langage ou encore la couleur de peau d’une personne autochtone, cela n’enlève en rien à qui elle est, à son identité.

C’est un livre qui exprime bien que, peu importe, ton lien autochtone vient, dans le fond, de ta famille, de tes relations.

— Kateri Aubin-Dubois

«C’est un livre qui exprime bien que, peu importe, ton lien autochtone vient, dans le fond, de ta famille, de tes relations, appuie Kateri Aubin-Dubois. Et puis, c’est pas déterminé nécessairement par comme genre le pourcentage de ton sang, c’est vraiment comme la façon que tu t’identifies.»

D’origine Wolastoqey, membre de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk du Québec, Kateri Aubin-Dubois dit elle-même avoir été particulièrement touchée par le fait que l’autrice insiste sur l’idée qu’il n’existe pas une seule voie ni manière unique d’être autochtone, qu’il n’y a pas une seule réalité.

«J’ai aimé que, dans l’histoire, ça raconte que, peu importe le cheminement, où est-ce qu’on grandit, on a toujours des racines, dans le fond, avec nos communautés. Donc, ça fait pas de toi moins autochtone parce que t’as pas grandi comme d’une certaine façon.»

La traductrice et artiste de perlage, Kateri Aubin-Dubois.

PHOTO: Facebook - Kateri Aubin-Dubois

La traductrice confie d’ailleurs s’être elle-même questionnée par le passé, car elle n’avait pas été élevée dans une réserve et que son initiation culturelle s’était faite autrement.

«J’ai été chanceuse, parce que j’ai habité en Nouvelle-Écosse, raconte-t-elle. Mes parents ont rencontré des Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse, puis moi, j’ai eu la chance de grandir avec la culture des personnes Wabanaki.»

C’est pourquoi les livres, comme Je suis autochtone, lui semblent particulièrement importants pour l’éducation des jeunes sur ces questions.

«En tant qu’autochtone, on essaye souvent de venir défaire ce qui a été fait par le colonialisme et de défaire les clichés, d’essayer de, comme on dit souvent, décoloniser l’esprit. Et ce genre d’histoires là, ça vient aider à former justement les générations futures. Ça vient aider à effacer le racisme envers les Autochtones. Ça vient aider à avoir une plus grande ouverture d’esprit. Puis, on s’entend que, plus on le fait jeune, mieux c’est pour le futur.»

Mais au-delà des enfants, ces ouvrages jouent tout autant un rôle de conséquence chez les adultes, notamment chez ceux qui accompagnent dans la lecture, puisque les invitant à développer eux-mêmes un esprit plus éveillé et tolérant.

En cela, Kateri Aubin-Dubois est heureuse de constater qu’il y a de plus en plus d’auteurs autochtones publiés et que la représentation des identités dans la littérature jeunesse évolue aussi.

«C’est des livres que j’aurais aimé avoir moi comme [étant] enfant», confie-t-elle, tout en se réjouissant pour ceux d’aujourd’hui qui vont pouvoir remplir leurs bibliothèques de ces ouvrages.

En outre, elle estime que la littérature contribue également beaucoup à la réconciliation entre les peuples autochtones et allochtones, notamment parce qu’elle participe à la transmission de l’histoire en tant qu’objet de mémoire et de vérité.

«Il ne faut pas oublier non plus que les écoles, les pensionnats, ça a vraiment existé», rappelle Kateri Aubin-Dubois, faisant référence aux pensionnats créés par les églises chrétiennes et le gouvernement du Canada à destination des enfants autochtones et qui ont perduré pendant plus de 150 ans. 

«Parce qu’il y a beaucoup de gens encore au Canada qui pensent que c’est n’importe quoi ce que les autochtones racontent et qu’ils ne croient pas à ça, mais ça a vraiment existé.»

D’où son intérêt à participer à un tel ouvrage, ainsi qu’à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation célébrée le 30 septembre, où elle anime régulièrement des ateliers de perlage, tout en expliquant aux participants pourquoi cette journée-là est importante pour qu’ils puissent ensuite eux-mêmes s’éduquer sur ces sujets.

Le monde culturel autochtone étant riche et vaste à découvrir, aussi diversifié que les terres canadiennes, Kateri Aubin-Dubois, finalement, nous confie que ce qu’elle a particulièrement apprécié dans le livre d’Anne Tenning, c’est qu’il ne se concentre pas sur l’histoire d’une seule communauté, mais, au contraire, met en lumière plusieurs et différentes nations, comme le sont issus les artistes ayant réalisé les illustrations.

«C’est ce qui m’a touchée, vraiment.»

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