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le Jeudi 3 septembre 2026 9:00 Actualités: Acadie et Francophonie

Maxime Kornachuk: «À la rivière Rouge, il fallait qu’on cache qui on est»

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Maxime Kornachuk. — PHOTO: De gracieuseté —ONF
Maxime Kornachuk.
PHOTO: De gracieuseté —ONF

Que signifie être métis aujourd’hui? Et qu’est-ce que ce mot représente pour toute personne qui s’y identifie, socialement, culturellement, intimement? Ces questionnements, Maxime Kornachuk, jeune cinéaste métis de la rivière Rouge, les explore dans son court-métrage documentaire Là où nos fleurs poussent. Un hommage à ses racines, réalisé dans le cadre de l’initiative REDÉFINI.

Maxime Kornachuk: «À la rivière Rouge, il fallait qu’on cache qui on est»
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Type de contenu: Actualités

Diplômé du programme de Communication multimédia de l’Université de Saint-Boniface, le jeune homme fait partie des cinq créateurs sélectionnés pour ce projet produit par l’Office national du film du Canada (ONF), en collaboration avec le Festival international du film de Toronto (TIFF).

Intéressé par les thématiques de l’identité, de la mémoire et de l’appartenance, il a saisi l’opportunité de soumettre à la discussion ses questionnements en donnant la parole à des personnes métisses.

Son court-métrage, qui conjugue prises de vue réelles et animation rendant hommage à l’art du perlage, présente en effet les témoignages de différentes générations de la communauté métisse, mais qui n’ont pas tous forcément grandi au sein de leur culture.

Des grands-parents, des frères, des sœurs aux trajectoires individuelles, dont on observe les divergences, mais également les similarités partagées. Pour le jeune réalisateur, ces échanges étaient une façon d’en apprendre davantage sur l’histoire qui les reliait, mais aussi sur lui-même.

Extrait du documentaire RE/ROUTE.

PHOTO: De gracieuseté —ONF

«Je n’ai pas été élevé dans ma culture métisse, confie-t-il, alors je n’ai rien connu jusqu’à ce que je commence à vraiment faire le travail personnel de découvrir mon héritage, dans le début de ma vingtaine. Puis, à travers cela, une manière d’explorer puis de m’exprimer dans ma culture était de parler avec d’autres gens.»

Maxime Kornachuk raconte qu’il avait réalisé un documentaire similaire quand il était étudiant. Certains de ses interlocuteurs, notamment sa grand-mère, y participaient déjà. Pour d’autres, comme son frère, c’était une première. Or, il tenait particulièrement à ce que ce dernier fasse partie du projet.

«C’est quelqu’un de très intéressant et très important dans ma vie», souligne-t-il, tout en mettant en avant le fait que les deux hommes ont pourtant évolué sur des parcours très différents.

C’était vraiment fondamental pour lui de montrer la multiplicité de perspectives existantes entre les personnes de la communauté métisse, afin de redéfinir ce que signifie être Métis de la rivière Rouge.

Car, pour Maxime Kornachuk, il n’y a finalement pas une seule manière d’être Métis, le spectre s’étendant au-delà de la couleur de peau. Il souligne par ailleurs que certains Métis peuvent avoir la peau plus pâle que d’autres, sans pour autant que cela vienne remettre en question leur appartenance culturelle.

Dans cet esprit, il utilise une métaphore: les Métis sont comme des fleurs, composées de pétales aux différentes formes et nuances, mais toutes connectées à la même racine et à la même terre.

Une figure poétique qui n’est pas sans lien avec la symbolique des fleurs, centrale dans la culture métisse, notamment à travers l’art du perlage que Maxime Kornachuk fait aussi vivre à l’écran.

Extrait du documentaire RE/ROUTE.

PHOTO: De gracieuseté —ONF

En effet, grâce à la technique du stop motion, un style d’animation réalisé image par image et qui lui plaît tout particulièrement, il recrée visuellement l’art du perlage métis dans un contraste de couleurs vibrantes avec l’arrière-plan noir, devant lequel apparaissent les personnes témoignant. Un hommage à sa culture, mais également une autre manière sensible d’évoquer l’idée d’un peuple dissimulé dans l’ombre pendant presque 30 ans.

«À la rivière Rouge, à un certain point, il fallait qu’on cache qui on est.»

Pour Maxime Kornachuk, cela n’était rien d’autre qu’un mécanisme de survie dans un monde qui n’était pas ouvert aux personnes de couleur, aux personnes qui n’étaient pas blanches

Ainsi, cette corrélation entre des moments vibrants de couleurs et d’autres passages beaucoup plus silencieux, reliés par un narrateur —lui—, était selon le jeune réalisateur une très belle manière de mettre en lumière les témoignages de la communauté de la rivière Rouge. Des voix uniques, des récits riches, héritages d’une nation et d’un territoire, qui fondent, finalement, le socle constitutif de son œuvre.

«Le documentaire, c’est de partager des histoires, puis c’est la même chose dans la culture métisse, c’est de partager nos histoires.»

Extrait du documentaire RE/ROUTE.

PHOTO: De gracieuseté —ONF