le Vendredi 21 août 2026
le Vendredi 21 août 2026 13:00 Nos communautés - Clare

Et si l’intégration passait par le bénévolat?

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De gauche à droite: Caroline Thériault et Alice Comeau, bénévoles durant la soirée Su Ambroise. — PHOTO: Prudencia Mbiadjeu
De gauche à droite: Caroline Thériault et Alice Comeau, bénévoles durant la soirée Su Ambroise.
PHOTO: Prudencia Mbiadjeu

Lorsque j’ai posé mes valises dans la municipalité de Clare pour la première fois, en janvier 2023, c’était dans l’enceinte de l’Université Sainte-Anne.

Et si l’intégration passait par le bénévolat?
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Type de contenu: Éditorial

Je découvrais alors ce lieu qui m’était complètement inconnu au bataillon, car, malgré les recherches préalables à mon arrivée, je ne m’étais pas encore rendu compte de ce qui m’attendait.

Trois ans, c’est le nombre d’années que j’y ai passées, ou presque. La majeure partie de l’année, j’étais sur le campus et, une fois l’été arrivé, comme plusieurs étudiants, je devais partir. Durant les mois passés à Sainte-Anne, j’ignore si je peux affirmer que je connaissais réellement Clare. En tant qu’étudiante internationale sans véhicule, ma vie se résumait à son périmètre. 

Désormais diplômée, je ne suis plus une résidente de l’Université Sainte-Anne, mais une résidente de Clare. Sauf que la différence est drastique, bien qu’il s’agisse de la même région.

En tant que résidente de Clare, je me demandais comment sortir de mon prisme d’étudiante afin de m’impliquer du mieux possible dans la communauté proprement dite.

Quel meilleur moyen de le faire qu’en étant bénévole au Festival acadien de Clare, me suis-je dit.

La foule admirant le spectacle des violoneux lors de la soirée Violon au Richelieu.

PHOTO: Prudencia Mbiadjeu

J’ai déjà eu à être bénévole à de nombreuses occasions, mais cette fois-ci, c’était différent. Pour la première fois, je ne voulais pas simplement être une étudiante internationale qui demeure à Clare pour ses études, mais une personne qui y habite, qui s’imprègne de sa culture, de ses habitudes et de ses habitants.

J’ai donc été volontaire lors de quatre événements : le souper-théâtre, la soirée violon, la soirée vin et la soirée Su Ambroise. Chacun d’entre eux m’a permis de m’imprégner de la culture acadienne à différentes dimensions.

Commençons par le souper-théâtre. Quelle expérience! Au-delà de servir les plats et de mettre en place les tables, j’ai également pu profiter d’un sacré spectacle. 

La pièce présentée, intitulée Magitte et Bertha, m’a permis d’embarquer dans un univers loufoque, presque absurde, où les deux protagonistes passent de la plage à un enlèvement.

Depuis mon poste, j’ai pour la première fois été confrontée à de l’humour 100 % acadien, mêlant sarcasme et expressions bien propres aux Acadiens. Mais une chose est sûre, c’est que j’ai ricassé! Merci à Nita-Josée, coordinatrice des activités et du marketing au Festival acadien de Clare, pour l’expression.

Ensuite, le devoir m’a appelée à la soirée violon et à la soirée vin, toutes deux tenu au Richelieu. Tout d’abord, j’ai pu découvrir cet endroit mythique, presque englouti au beau milieu de la nature. Son bois ciré, ses poutres, son odeur si authentique et ancienne m’ont permis de comprendre pourquoi c’est un lieu si important pour les habitants de la Baie-Sainte-Marie.

J’ai également pu m’imprégner du principe du 50/50, un jeu de tombola dont la moitié des gains était destinée au Festival.

Tout en sillonnant les tables pour débarrasser, j’ai pu discuter, rire et même danser avec les personnes présentes. Car oui, la musique était au rendez-vous!

Les violoneux de la région ont mis le feu à la piste lors de la soirée violon, et cela m’a permis de vivre une énergie que je n’avais encore jamais expérimentée auparavant dans la Baie.

Brian Amirault a, quant à lui, mis l’ambiance avec des sonorités country lors de la soirée vin. Je ne pouvais que rejoindre la piste pour faire du line dancing ; une première pour moi.

Jourdan et Rôdailleurs mettant l’ambiance sur la scène lors de la soirée Su Ambroise.

PHOTO: Prudencia Mbiadjeu

Pour finir, je me suis portée volontaire pour la soirée Su Ambroise, et pas des moindres. Pour les personnes qui se poseraient la question, comme moi : Su Ambroise veut dire «sur Ambroise», car le gumbo a été préparé par Ambroise Comeau.

Le Centre des anciens combattants s’est alors transformé en une salle de concert, où le groupe Jourdan Thibodeaux et les Rôdailleurs nous a fait embarquer pour la campagne louisianaise. Je peux dire que j’avais un pied au comptoir, où je vendais les billets pour le gumbo, et un autre sur la piste de danse. Une fois de plus, l’ambiance était électrique.

Après être revenue de ces événements, je me suis posé une question : aurais-je pris la peine de découvrir ces activités si je n’étais pas bénévole ? Et la réponse était : probablement que non.

La vérité, c’est que l’intégration passe par le fait de sortir de sa zone de confort. Que vous vous soyez installé dans une autre ville, dans une autre province ou même dans un autre pays, comme moi, force est d’admettre qu’il faut parfois se mettre dans la peau d’un habitant de cet endroit nouveau.

Cette expérience m’a donc permis de réaliser que le bénévolat est un moyen efficace pour accomplir cette tâche. J’ai non seulement pu me sentir appartenir à la région de Clare, mais, plus important encore, je me suis sentie utile.

Faire partie d’un projet aussi important et significatif pour la culture acadienne que le Festival acadien de Clare a été un véritable honneur.

Certes, le bénévolat ne «paie pas», comme j’ai déjà eu à l’entendre, mais la récompense obtenue va bien au-delà de l’argent. Les sourires des personnes qui me remerciaient lorsque je leur donnais un plat, les conversations spontanées que j’ai eues avec des gens que je n’aurais probablement jamais rencontrés au quotidien, les danses et les relations formées avec d’autres bénévoles constituent pour moi une gratification qui va bien au-delà du gain financier.

Alors, pour vous qui éprouvez le désir de vous impliquer, de vous imprégner d’un nouvel environnement auquel vous peinez probablement à vous accoutumer : sortez et aidez.

Ce n’est pas un remède miracle pour l’intégration, car, selon moi, c’est un processus continuel. Mais je pense que cela pourrait, je l’espère, contribuer à quelque chose.

Et surtout, croyez-le ou non, les gens ont besoin de vous, de votre vision et du bagage que vous apportez de là où vous venez.

S’intégrer ne signifie pas effacer qui on est, mais justement s’adapter à un autre mode de vie pour encore mieux apprécier son identité.

C’était mon expérience en tant que bénévole au Festival acadien de Clare.

Prudencia Mbiadjeu,
Journaliste au Courrier de la Nouvelle-Écosse

Type: Éditorial

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