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Plus d’une centaine de personnes étaient de sortie pour savourer le gumbo chaud préparé par Ambroise Comeau et assister au spectacle de Jourdan Thibodeaux et les Rôdailleurs, un groupe de musique cadienne qui milite notamment pour la préservation de la langue et de la culture cadiennes.
Originaire de Cypress Island, dans la paroisse de Saint-Martin, en Louisiane, Jourdan Thibodeaux a grandi dans une famille cadienne où il a appris le français cadien auprès de sa grand-mère.
Son parcours musical a notamment été influencé par son voisin Aldus Roger et le violoneux Louis Foreman, qui l’a inspiré à apprendre lui-même le violon. En grande partie autodidacte, Thibodeaux a commencé à composer des chansons après le décès de sa grand-mère.
Accompagné des musiciens Cedric Watson, Joel Savoy, Alan Lafleur et Jay Miller, il a offert au public une soirée où se sont mêlés musique cadienne, folklore louisianais et jazz.
Les musiciens ont notamment enchaîné les titres «Mes ti cochons» et «Tit cabri», faisant rapidement danser les spectateurs sur la piste.
Parmi les moments marquants de la soirée, la fille de Jourdan Thibodeaux est également montée sur scène pour interpréter avec émotion une chanson aux sonorités blues.
Au-delà de la musique, la soirée a également permis de mettre en lumière les liens qui unissent les communautés acadiennes de la Louisiane et de la Baie-Sainte-Marie.
Pour Daniel LeBlanc, directeur général et artistique du Festival acadien de Clare, ces liens se ressentent notamment dans les noms de famille et dans l’accueil réservé aux Acadiens louisianais lorsqu’ils arrivent en Nouvelle-Écosse.
De gauche à droite: Nita Josée, coordinatrice des activités et du marketing au Festival acadien de Clare, et Daniel LeBlanc, directeur général et artistique du festival.
«Je crois que c’est rinque l’ambiance, l’accueil que la Baie Sainte-Marie a, et qu’on sent ça quand on arrive en Louisiane, avec les mêmes noms. Comme moi, je suis un LeBlanc. Puis là, ça sent comme de la famille, parce qu’on est quand même reliés à cause du Grand Dérangement et toute l’activité qu’il y a eu il y a longtemps», explique-t-il.
Pour Dawn Comeau, bénévole du Festival, ce sentiment de proximité se manifeste également chez les visiteurs louisianais lorsqu’ils découvrent les lieux et les noms associés à l’histoire acadienne.
«Comme avant le spectacle, j’étais en train de parler avec l’épouse de Jourdan. Et puis, ils m’ont décrit comment les enfants vont réagir à aller au Grand-Pré. Parce qu’ils ont vu le nom de leurs amis, de leur famille, que ça les a touchés», raconte-t-elle.
Elle poursuit: «Parce qu’on est chez nous. Et c’est ça qu’ils vont dire, on est chez nous. Ils sentent comme si ils étaient chez eux.»
Un sentiment que partage Jourdan Thibodeaux lorsqu’il revient dans la région acadienne de Clare.
«Ça réchauffe mon cœur. Chaque fois que je viens ici, c’est juste une bonne expérience pour voir le monde», confie le musicien.
Au cours de la soirée, Thibodeaux s’est également exprimé sur l’importance de transmettre sa culture cadienne à sa fille, perpétuant ainsi une tradition culturelle qui se transmet d’une génération à l’autre.
La présence de musiciens louisianais au Festival acadien de Clare s’inscrit dans une histoire plus vaste de célébration et de transmission de la culture acadienne.
Le tout premier Festival acadien a suivi la Fête régionale du bicentenaire acadien à la Baie Sainte-Marie, qui s’était tenue du 7 au 10 mai 1955, soit un an auparavant. Ces célébrations soulignaient le bicentenaire du Grand Dérangement du peuple acadien de 1755.
C’est la Chambre de commerce de Clare, sous la présidence du docteur Julius Comeau, qui a établi le programme du premier Festival acadien en 1956.
Un peu plus de 70 ans plus tard, la soirée Su Ambroise a fait résonner, à Saulnierville, une musique venue de l’autre côté de la frontière, tout en rappelant les liens historiques et familiaux qui continuent d’unir les communautés acadiennes de la Nouvelle-Écosse et de la Louisiane.
