le Lundi 13 juillet 2026
le Lundi 13 juillet 2026 7:00 Rubrique - Le saviez-vous?

Le djembé, un moyen de reconnexion aux racines ancestrales

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Image présentant un djembé.  — PHOTO: Instrument du Monde
Image présentant un djembé.
PHOTO: Instrument du Monde

«Celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut savoir où il va». Cette citation d'Otto Von Bismarck est souvent utilisée pour faire référence au besoin qu'a une personne de comprendre ses origines, afin de mieux accepter qui elle est.

Le djembé, un moyen de reconnexion aux racines ancestrales
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Type de contenu: Actualité

Les êtres humains ont besoin de racines et d’être attachés à quelque chose dans la vie. Dans un monde où l’histoire est marquée par des déplacements massifs de populations, nombreuses sont les personnes qui se lancent dans des quêtes identitaires.

Cette recherche de sentiment d’appartenance peut passer par la musique, ou plus précisément par un instrument.

Le djembé est un tambour originaire de l’Empire mandingue, ou Empire du Mali. Au-delà d’être un outil de percussion, il porte en lui un patrimoine culturel fort, qui se transmet de génération en génération.

Sobaz Benjamin, créatif pluridisciplinaire engagé, a trouvé dans le djembé un refuge et un moyen de connexion avec ses racines. Aujourd’hui, il partage cette passion à travers la province, avec des personnes d’origines diverses.

Sobaz Benjamin, créatif pluridisciplinaire. 

PHOTO: Facebook - iMove

PM: Pourriez-vous vous présenter et parler de votre parcours?

SB: Je m’appelle Sobaz Benjamin. 

Je suis né à Londres, en Angleterre, dans un quartier appelé Wembley. 

J’ai quitté l’Angleterre à l’âge de 15 ans, j’ai vécu dans les Caraïbes, sur l’île de la Grenade, pendant plusieurs années, puis j’ai déménagé à Toronto, où j’ai rencontré ma femme, qui est originaire d’Halifax.

J’ai étudié le cinéma à l’Université York, mais j’y ai aussi suivi des cours de sciences politiques et de communication. 

Je m’occupe également beaucoup de programmes sociaux.

Je traite donc de questions liées à la marginalisation, à la diversité, à l’équité, à l’inclusion, à l’incarcération.

PM: Vous avez vécu dans plusieurs pays et évoqué des racines à la Grenade. Quelle place ces différents endroits occupent-ils aujourd’hui dans votre identité?

SB: Il y a une chanson qui dit, «on est chez soi là où se trouve son cœur, là où l’on pose son chapeau». 

En vivant dans tous ces endroits différents, ce qui ressort le plus pour moi, c’est que ce sont les gens qui créent et qui donnent ce sentiment d’être chez soi, ce sentiment d’amour et d’appartenance.

Il n’y a pas de récit ou d’explication unique qui, selon moi, puissent résumer cette question de savoir comment tous ces endroits m’ont façonné.

C’est juste un univers, une constellation, voilà comment j’ai vécu mon parcours.

PM: Comment avez-vous découvert le djembé?

SB: J’ai découvert le djembé grâce à un homme que j’apprécie beaucoup. 

Il s’appelle Henry Bishop. Henry était directeur général [..] du Centre culturel noir.

Henry jouait dans une église, et c’était un espace plutôt conservateur, et les gens étaient très tendus.

Mais il a continué à jouer, et finalement, tu sais, ça a pris une autre tournure. J’ai donc vu Henry, en quelque sorte, transformer cet espace, et ça m’a fasciné.

C’est comme ça que j’ai découvert le djembé, en 2013 ou 2014, et je joue depuis lors.

PM: Vous souvenez-vous d’une de vos premières expériences marquantes avec cet instrument?

SB: C’est à travers les principes du Kwanzaa qu’Henry m’a appris à jouer du tambour.

Chacun de ces principes correspond à un rythme de tambour, et je me souviens qu’Henry m’a en quelque sorte guidé à travers ça.

On a vécu une expérience de tambour vraiment merveilleuse lors d’un événement touristique.

On aurait facilement pu accueillir entre deux et, je pense, peut-être deux mille personnes dans cet espace.

C’était vraiment génial de jouer devant un public aussi nombreux.

J’aime tout autant jouer devant un public composé d’une seule personne, donc, pour moi, c’est l’amour de l’instrument. Il me parle, il résonne en moi, il m’apporte beaucoup de joie, je dis toujours que c’est mon remède.

PM: Qu’est-ce qui vous a motivé à commencer à donner des cours de djembé?

SB: La meilleure façon d’apprendre, c’est d’enseigner.

Le mot «djembé» signifie se rassembler en paix, et le djembé n’est pas un instrument conçu pour une seule âme.

Donc, enseigner, ce n’est pas seulement donner, c’est aussi recevoir.

PM: Qui sont les personnes qui participent habituellement à vos cours, et, selon vous, qu’est-ce qui les motive?

SB: Je crois que les gens qui viennent de partout. 

La diaspora africaine, les gens du continent aussi.

Je sais que c’est un peu controversé, mais on invite aussi des gens blancs à jouer du tambour avec nous, et des femmes aussi. 

Je dis ça parce que si tu es traditionaliste, le tambour se transmet par la lignée.

Dans les pays d’Afrique de l’Ouest généralement la lignée des griots, et ce sont les forgerons qui disposaient des outils et du savoir-faire nécessaires.

Il y a aussi une sorte d’histoire et de lignée très patriarcales liées au djembé. Mais le djembé est devenu un phénomène mondial aujourd’hui.

Je crois que les gens, qu’ils soient asiatiques, européens ou d’ailleurs, sont désormais tous liés à ce tambour. 

PM: Dans quelle mesure le djembé peut-il aider les Afro-Néo-Écossais que vous accueillez habituellement dans vos cours à renouer avec leurs racines africaines?

SB: Je travaille beaucoup avec des personnes incarcérées, des hommes en particulier.

Bon nombre des hommes afro-néo-écossais que j’ai rencontrés, surtout ceux qui ont été incarcérés, quand ils découvrent ce tambour, la première chose qu’ils perçoivent, c’est la puissance.

Les gens qui ont commis des erreurs et qui en ont payé le prix par l’incarcération, vous savez, ils perçoivent les dynamiques de pouvoir, et se demandent si c’est pour eux ou contre eux.

L’idée que le pouvoir puisse être mis à leur service n’est pas une expérience qu’ils vivent souvent, ou qu’ils ont vécue, mais plutôt d’une manière très conflictuelle.

Tout cela pour dire que, lorsqu’ils s’approchent du djembé et qu’ils perçoivent intuitivement la puissance de ce tambour, il faut qu’il y ait une période d’acclimatation.

Je crois qu’il y a une dynamique qui s’opère avec ce tambour, à laquelle les Afro-Néo-Écossais s’identifient en fonction de leurs propres expériences de vie.

PM: Pourquoi pensez-vous qu’il est important aujourd’hui de rester en lien avec ses origines?

SB: Pour obtenir ce dont on a besoin afin d’avoir cette qualité de vie à laquelle, je crois, nous aspirons tous, il faut des racines. 

Le djembé; il a près de mille ans. 

Il y a là une histoire, un récit, et, pour moi, me reconnecter à cette histoire et à ce récit, c’est comme être chez moi. 

Je pense que c’est une création ouest-africaine, sans aucun doute. 

Il a dépassé les frontières de l’Afrique de l’Ouest et du continent, et a touché des gens partout dans le monde, et c’est une chose merveilleuse.

Session de drumming en plein air. 

PHOTO: Facebook - iMove

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