le Jeudi 25 juin 2026
le Jeudi 25 juin 2026 7:00 Jeunesse

«Il n’y a pas de plus belle mission que prévenir les agressions à l’endroit des enfants»

Pourquoi faire confiance à Le Courrier
Des enfants formés par les équipes de COPA National. — PHOTO: De gracieuseté
Des enfants formés par les équipes de COPA National.
PHOTO: De gracieuseté

Depuis son arrivée au Canada en 1995, le Centre d’orientation de prévention des agressions (COPA National) s’est donné pour mission de prévenir les agressions, la violence et l’intimidation à l’endroit des enfants. Un engagement que défend avec cœur et ardeur Marie-Claude Rioux, directrice générale de l’organisme.

«Il n’y a pas de plus belle mission que prévenir les agressions à l’endroit des enfants»
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Type de contenu: Actualité

La violence sous toutes ses formes —familiale, dans les relations amoureuses, en ligne, ou encore médiatique— est devenue un enjeu majeur aujourd’hui, affirme-t-elle, constatant une situation absolument désolante.

Les chiffres partagés par COPA National le démontrent d’eux-mêmes.

En 2025, 84% des professionnels de l’éducation, de la santé mentale et des services à l’enfance et à la jeunesse disent avoir été confrontés à des idéologies radicalisées chez des garçons et de jeunes hommes.

En 2024, environ 60% des Canadiens déclaraient avoir subi de la maltraitance avant l’âge de 15 ans.

Des données policières, recueillies entre 2009 et 2022, révèlent que 41 057 adolescentes et adolescents de 15 à 17 ans ont été identifiés comme victimes de violence dans le cadre de fréquentations au Canada.

L’équipe de COPA National, en mars 2026.

PHOTO: De gracieuseté

Une liste non exhaustive qui démontre également, comme le souligne Marie-Claude Rioux, que les enfants font partie des populations les plus vulnérables et les plus touchées par la violence.

L’organisme ayant adopté comme principe de ne pas reproduire les mêmes erreurs que celles commises à l’égard des femmes victimes de violence, COPA National s’engage fermement à croire les enfants et ne pas créer de peur chez eux.

En effet, Marie-Claude Rioux explique que certaines recommandations, comme «fais attention aux étrangers», peuvent être aussi néfastes que dire à une femme «ne porte pas de jupe courte» ou «ne sors pas tard le soir». Car, en agissant ainsi, «on contribue à solidifier ces mythes et à mettre encore une fois le fardeau sur les épaules de la personne qui subit de la violence.»

Dans cette perspective, l’organisme revendique que les enfants ont trois droits —le droit à la sécurité, le droit à la force et le droit à la liberté— qu’il s’évertue à leur transmettre, quel que soit leur âge.

«Tout ce qu’on leur dit, c’est tant que tu ne seras pas en sécurité, fort et libre, ça veut dire fort probablement que t’es en train de vivre une agression.»

Une fois le mot posé, COPA National développe ensuite trois grandes stratégies d’enseignement —dire non, quitter la situation, et parler à un adulte de confiance— partagées dans les écoles et auprès des communautés à travers différents programmes, aux enfants victimes comme aux jeunes témoins.

«On leur dit: “vous aussi vous avez un rôle à jouer, puis votre rôle est encore plus important parce que votre rôle à vous est d’aller rassurer la personne qui a subi, de peut-être parler à la personne en gang, de parler à la personne qui l’a fait, puis d’aller ensemble voir un adulte de confiance pour dénoncer ce qui s’est passé.”»

Au fil de leurs interventions, Marie-Claude Rioux constate que la confiance s’établit entre ses équipes et les jeunes, qui apprennent ainsi petit à petit à les considérer comme des adultes de confiance.

Avec la roue du consentement, les membres de l’organisme enseignent également les principes du consentement reposant sur trois «oui».

Le «oui informé», quand la personne comprend ce à quoi elle consent.

Le «oui authentique», quand la personne dit «oui» parce qu’elle le veut vraiment.

Et le «oui libre», quand la personne répond «oui» sans influence extérieure.

Sans oublier qu’un «oui» peut changer aussi et devenir un «non» en cours de route.

«Dans un monde idéal, on n’aurait même pas besoin de poser cette question-là, mais on n’est pas dans un monde idéal», déplore Marie-Claude Rioux.

Mais l’organisme, qui aspire à engendrer un changement systémique, propose également des formations aux parents, tuteurs et tutrices, ainsi qu’aux personnels scolaires pour que ces derniers deviennent à leur tour des adultes de confiance.

En outre, depuis que COPA est devenu national en 2021, il s’engage à étendre son champ d’action auprès des communautés francophones minoritaires du Canada, notamment des communautés rurales, plus fragilisées, car plus isolées, et disposant de beaucoup moins de ressources.

Dans cette optique, Marie-Claude Rioux aimerait que l’organisme puisse bénéficier d’un financement de base, plutôt que de continuer à fonctionner par projets, afin de couvrir ses opérations, dans chaque province et territoire du Canada.

Positive malgré tout, fière des évolutions engendrées depuis son arrivée, et convaincue que COPA National s’en va dans la bonne direction, ainsi le soutient-elle: «C’est un avenir qui est radieux. Parce qu’il n’y a pas de plus belle mission que celle-là, prévenir les agressions à l’endroit des enfants.»

Type: Actualités

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