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La décision du CSAP de suspendre M. Arsenault a été prise à la suite de la réunion spéciale du conseil, tenue le 21 avril dernier.
Dans son communiqué, le CSAP reproche à l’accusé un «sérieux manque de décorum», de confidentialité et de professionnalisme, ainsi qu’un écart de jugement important. Il rappelle également que le conseiller avait déjà été retiré de ses fonctions par le passé pour des préoccupations similaires.
«Les éléments ayant mené à cette décision concernent, entre autres, des communications répétées et agressives avec des attaques transmises aux membres du Conseil ainsi qu’à des personnes externes, dont des membres du public, des élus provinciaux et des représentants des médias dans lesquelles M. Arsenault attaque et accuse sans fondement la présidence et les autres membres élus d’un manque d’intégrité», peut-on lire dans le communiqué du CSAP.
Jeff Arsenault.
Pour M. Arsenault, si cette décision n’est pas une surprise, elle reste toutefois injustifiée et exagérée.
Selon lui, le conseil devrait plutôt se concentrer à résoudre les «vrais problèmes», ceux qui concernent les familles de Halifax.
Il reproche d’ailleurs au CSAP de prendre de mauvaises décisions, contraires aux intérêts futurs de la communauté.
«Si on essaie vraiment de servir les communautés, exprime-t-il, servir nos droits, au lieu d’essayer de nous servir avec les solutions les plus faciles, qui sont pas vraiment des bonnes solutions dans le fond, si on travaillait l’inclusion, de servir nos droits, on serait dans une différente situation. Je pourrais au moins essayer de travailler avec eux, mais ils travaillent à l’encontre de nos besoins, à long terme.»
Entre autres exemples, M. Arsenault évoque l’ouverture de l’École secondaire Mosaïque à Dartmouth, en septembre 2020. Une décision contre laquelle il s’était opposé jugeant l’emplacement défavorable aux élèves habitants sur la péninsule. Ces derniers doivent en effet voyager jusqu’à la Dartmouth pour terminer leurs études en français.
«Les familles de la péninsule, c’est très clair, la vaste majorité des enfants, ils y vont pas, dénonce-t-il. Alors c’est pas un service acceptable.»
Il partage également son opinion sur la nouvelle école Mer et Monde, venue remplacer l’ancienne école de la péninsule. D’après ses dires, l’établissement est aussi mal situé, car peu accessible à pieds aux élèves, ce qui les contraint à faire appel à un service d’autobus.
Tout en reconnaissant que cette décision dépasse le champ d’action du ministère de l’Éducation et du CSAP, remettant la faute aux directions provinciales, il estime cependant que la présidente du CSAP aurait dû prendre position et donner son avis sur la question.
C’est notre problème, dans le fond, c’est supposé nous servir et juste dire rien, ça, c’est faible.
Quant aux reproches que le CSAP lui a faits concernant ses comportements agressifs, allant à l’encontre de son éthique, il affirme avoir pourtant essayé d’être poli par le passé, mais que cela n’avançait en rien les causes qu’il soutenait.
«Si tu vas me dire que dire la vérité, c’est agressif, ben c’est pas vraiment mon problème, c’est leur problème. J’ai rien dit qui est faux alors qu’ils disent que j’ai dit des choses qui sont fausses, c’est absolument pas vrai. J’ai jamais rien dit qui est faux. Jamais. Alors je sais pas comment est-ce qu’on règle ça.»
Finalement, cette décision du conseil de le retirer temporairement de ses fonctions détourne, selon lui, l’attention des véritables enjeux de la communauté.
«Ils devraient se demander comment est-ce que c’est possible d’être capable de suspendre un membre élu sur un conseil comme ça qui juste se bat pour sa communauté. Pour moi, c’est incroyable.»
