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«Le contact avec le public, c’est la chose la plus importante, affirme Michel Bénac, le chanteur du groupe. Et quel beau compliment de voir que, 27 ans plus tard, la jeunesse reste aussi fière, aussi prête à faire la fête avec nous.»
Pour le musicien, qui a commencé sa carrière en chantant en anglais, c’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’il se produit aujourd’hui sur scène face à de jeunes spectateurs acadiens et francophones manifestement très heureux de l’entendre en français.
«Depuis la pandémie, on a réalisé l’importance d’aller inspirer la jeunesse, exprime-t-il, leur donner accès à quelque chose qui leur donne un petit coup de pouce, une façon passive pour dire que parler français, ça peut être cool, ça peut être bien.»
LGS (Le Groupe Swing) en concert à Halifax, le 30 mars dernier.
Il explique que cela lui tient particulièrement à cœur, car il constate un certain déséquilibre au sein de l’industrie musicale, notamment à cause des algorithmes de recommandation des plateformes de streaming, qui favorisent les contenus anglophones – souvent à plus large audience – au détriment des autres.
De ce fait, il devient, selon lui, de plus en plus difficile d’exposer la jeunesse à des œuvres francophones.
«Moi, j’étais pas un excellent étudiant à l’école, confie-t-il, mais de voir qu’aujourd’hui, j’ai la chance d’inspirer autant de jeunes qui sortent de l’école, puis moi, j’aide à leur français avec mes chansons. Un verbe de plus de réglé, ça me fait grandement plaisir.»
Dans cet esprit de dialogue et d’échange, il souhaite aussi que sa musique puisse transmettre un peu de légèreté et de joie.
«C’est comme inviter quelqu’un chez toi. On s’ouvre un verre, peu importe c’est quoi, que ce soit un café ou une bière, on partage un repas, on a du plaisir ensemble. C’est ça qu’on fait, mais sur la scène. Peut-être qu’il n’y a pas de nourriture, peut-être qu’il n’y a pas de verre de vin, mais c’est l’émotion, puis la connexion. C’est ça qu’on espère pouvoir partager avec les jeunes, de se donner le droit de se lever, puis de fêter».
La fête semble en effet être l’un des sujets favoris du groupe, qui aime par-dessus tout voir son public danser.
«D’origine, on est un groupe folklorique. Puis, dans le folklore, c’est le rassemblement, c’est de faire la fête ensemble. Donc ces thèmes-là restent toujours dans notre musique aujourd’hui, même si le violon, il y est pas toujours. Donc, c’est bien normal, tu sais, que la fête, elle revient comme thème principal», affirme-t-il, ajoutant plus loin: «Je pense que, quand on a la chance de rassembler déjà, puis de partager un moment ensemble, il n’y a rien de plus profond que ça.»
Séduit par l’engouement que les jeunes lui ont manifesté le jour de la représentation, Michel Bénac semble aussi avoir une affection particulière pour la province, où il est venu se produire à plusieurs reprises.
«Il y a de quoi de beau ici. L’Acadie est différente en Nouvelle-Écosse. De loin, le plus bel accent que j’ai jamais entendu. Puis, quand on nous appelle, on nous invite, on dit jamais non.»
Finalement, quittant la scène avec un grand sourire, il espère que sa communauté saura combien il est reconnaissant pour toutes ces années partagées.
«Malgré qu’on a changé un tout petit peu, coupe de cheveux gris de plus, puis peut-être un petit peu moins de violon, on apprécie tellement que, quand on revient chez vous, on se sent chez nous.»
