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Jocelyne Comeau, descendante des Comeau, a présenté l’historique de sa famille depuis l’arrivée de ses ancêtres à la Baie Sainte-Marie peu après 1768. Denise Comeau Desautels a pour sa part présenté sa famille des Comeau, qui a grandement contribué à l’industrie forestière dans la région.
Aussi, la Société historique a profité de l’activité pour accorder le Certificat J.-Alphonse-Deveau à la Commission de développement de Bangor, après la présentation de Denise Comeau Desautels sur les moulins de la Rivière de Meteghan.
La présidente de la Société historique, Elaine Thimot, en a fait la présentation pour conclure la causerie. Ryan Robicheau, député de Clare, a félicité la Société historique tout en soulignant son attachement à la langue française à l’occasion de la Journée internationale de la francophonie la veille.
Jocelyne Comeau lors de sa présentation sur les Comeau.
Natalie Robichaud de la Société acadienne de Clare a animé l’activité. Elaine Thimot a accueilli la foule nombreuse venue pour en apprendre davantage sur les Comeau. Elle a annoncé qu’il y aura d’autres familles à l’honneur au cours de l’année.
Jocelyne Comeau a noté que la première famille Comeau à arriver en Acadie, ancêtre de tous les Comeau en Amérique du Nord, était celle de Pierre Comeau, arrivé à Port-Royal en 1648 avec son épouse Rose Bayols.
La première image de sa présentation était celle du Château des Comeau à Créancière, France, en Bourgogne. Elle croit que les Comeau venaient de là. En retournant à la présence des Comeau à Port-Royal, elle a indiqué sur des anciennes cartes les lieux où les Comeau habitaient.
Jocelyne a présenté ses ancêtres qui remontent à François Comeau. Il était le fils de Pierre Comeau (fils de Pierre et de Rose Bayols) et de Jeanne Bourgeois (à Jacques et Jeanne Trahan) qui étaient installés dans la région de Port-Royal. François a marié Marie-Madeleine Lord en 1726 et ils se sont installés dans la région de Beaubassin.
La famille de François s’était échappée de la Déportation des Acadiens après 1755 pour passer dans les camps de réfugiés acadiens (Cocagne, Miramichi –Espérance et Restigouche). Jocelyne a expliqué les malheurs que les familles acadiennes ont dû subir dans des camps de réfugiés avec les enfants.
Après 1761, à la fin des batailles entre la France et l’Angleterre, les familles acadiennes sont devenues prisonnières dans les forts britanniques en Nouvelle-Écosse, a poursuivi Jocelyne, soit Fort Edward à Windsor, Fort Charlotte (Île George) à Halifax et Fort Cumberland à Amherst. Marie-Madeleine Lord est décédée durant ces années de refuge et François s’est remarié avec Marie-Madeleine Pitre.
La famille de François est venue en Clare de Petitcodiac, au Nouveau-Brunswick. Il a eu neuf enfants. Il est étonnant, selon Jocelyne, comment la famille a pu subir la tragédie de la déportation en restant ensemble.
Les enfants de François venus en Clare sont: Marie-Josephe (marié Jean Bastarache), Justinien (marié Natalie Bastarache, sœur de Jean), Jean-Baptiste (marié Marie Rose Robichaud), Anne-Marie (marié Jean Saulnier et ensuite Augustin Guidry), Salvadore (marié Anastasie Belliveau), Joseph (marié Marguerite Johnson), Félicité (marié René Gaudet) et Marie (marié Joseph Robichaud) de leur mère, Marie Madeleine Lord. Un fils. Amand, est parti au Québec. Un autre fils, Firmin (marié Isabelle Dugas, petite-fille de Joseph et Marie Dugas) était de Marie-Marguerite Pitre.
La lignée de Jocelyne relève de Joseph à François et Marie-Madeleine Lord. Sa famille était installée sur la Rivière Petitcodiac lorsqu’ils se sont échappés et se sont enfuis dans les camps de réfugiés. Joseph a marié Marguerite Johnson pendant ce temps. Il est venu s’installer à la Baie Sainte-Marie et, avec d’autres jeunes familles, a reçu un octroi de terre dans la région de Saint-Alphonse.
Un deuxième descendant de Pierre et Rose est venu s’installer à la Baie Sainte-Marie. Il s’agit d’un autre François Comeau, fils de Pierre (et Suzanne Besier), à Jean (et Françoise Hébert), à Pierre Comeau et Rose Bayols.
Connu comme François Maza, né en 1731, il s’est marié à Félicité LeBlanc vers 1764. Ce jeune François, aussi reconnu comme un fondateur de Clare, est venu de Port-Royal en 1769 avec trois enfants nés à Port-Royal. Ils ont eu quatre autres enfants à la Baie Sainte-Marie.
Les enfants de François et Félicité sont: Major François (marié à Marguerite Melanson), Jean-Chrysostôme (marié à Suzanne LeBlanc), Charles-David (marié Marguerite Lanoue), Marie (mariée Fréderic Melanson), Anne (mariée Jean-Baptiste Dugas), Joseph-Mathurin (marié Hélène Comeau), Rosalie (mariée Charles Morpin Belliveau) et Marguerite (mariée Joseph-Charles Belliveau).
Denise Comeau Desautels lors de sa présentation sur les moulins des Comeau. Présidente de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, elle a aussi adressé la foule au nom de la FANE.
Industrie forestière
Grâce en grande partie à la famille Comeau, une industrie importante pour la région de Clare, celle de l’industrie forestière, a beaucoup contribué au développement économique à ses débuts. La famille de Jos à Rosalie Comeau, ancêtres de Denise Comeau Desautels, a vu au développement de cette industrie.
Denise a présenté l’histoire de sa famille des Comeau, des moulins à bois sur la rivière de Meteghan et du développement économique en Clare lors de la présentation des familles fondatrices de Clare. Elle a grandi où trois moulins opéraient sur une distance de 2,5 kilomètres.
Elle a présenté ses trois premières générations des Comeau qui sont arrivées lors de la fondation de la municipalité après 1768. François (père), Jean-Baptiste (fils) et Joseph (petit-fils) sont arrivés dans la région. Selon Denise, dès 1785, il y avait déjà 90 moulins en Nouvelle-Écosse, dont deux à la Baie Sainte-Marie.
L’arrière grand-père de Denise, Joseph Corneille Comeau (1838-1908), dit Jos à Rosalie, fils de Charles (décédé jeune) et de Rosalie (Thériault), a acheté un terrain à Bangor et y a construit un moulin. Au tout début, le moulin était appelé le Moulin des Trois-Rivières en référence aux ruisseaux des Irlandais, des Black (Blackadar) et de Picker. Le deuxième moulin de Jos à Rosalie a été construit de l’autre côté de la rivière.
Le moulin a ensuite été la propriété de Moïse, un des fils de Jos à Rosalie. Après avoir scié leur propre bois, ils ont offert gratuitement l’usage du moulin pour construire les églises de Saulnierville, des Concessions et de la Pointe-de-l’Église. Laurent et Amédée à Moïse à Jos à Rosalie ont continué leur entreprise familiale, suivis des fils d’Amédée, Normand, Hector et Félix. Ayant toujours resté dans la famille de Jos à Rosalie, le moulin a été démoli en 2006.
Un autre fils, le grand-père de Denise, Alphonse à Joe à Rosalie (1865-1933) a aussi construit son propre moulin en 1898 non loin du moulin de son père. Ce moulin est resté dans la famille d’Alphonse à Jos jusqu’à ce qu’il soit démoli en 1999.
En 1879, l’arrivée du Western Counties Railway, entre Yarmouth et Digby, a transformé l’industrie forestière de la Baie Sainte-Marie, selon Denise Comeau Desautels, en facilitant le transport du bois vers de nouveaux marchés. Bangor était devenu un centre important pour l’industrie.
En 1880, la compagnie Parker-Eakins a acheté le moulin à vapeur et les terres du Capitaine Timothy Boudreau et installé une turbine hydraulique. Peu après, la compagnie a construit une voie ferrière reliant le moulin à la ligne principale
Entre 1920 et 1940, l’effondrement des marchés des Antilles et de l’Europe, puis la Grande dépression de 1929, ont durement touché l’industrie forestière en Nouvelle-Écosse. Les compagnies anglaises ont de plus commencé à payer des taxes sur leurs terres et leurs activités en Clare en 1928. En 1932, après 52 ans d’activité, la Parker-Eakins a cessé toutes ses activités à Bangor.
Zita, fille à Alphonse à Jos à Rosalie, a acheté l’édifice qui abritait le magasin et le logement en 1943. Elle a acheté les actifs restants de la compagnie en 1954. Charles Comeau et son gendre Thomas Comeau à Élie à Alphonse à Jos ont acheté le moulin et vendu à Laurent Thibodeau en 1987 qui l’a vendu à Paul à Médric Comeau en 1989. Par après, la Belliveau Cove Development Board a acquis le moulin.
En 1994, le moulin a été acheté par la Commission de développement de Bangor dans le but de restaurer, préserver et valoriser le moulin. Un musée a été intégré dans l’édifice en 1995. Un incendie a détruit le moulin et le musée en 2024. La Commission poursuit son projet de reconstruction du musée.
