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L’Observatoire, avec la collaboration de la Société acadienne de Clare (SAC), avait invité les membres de la communauté universitaire et du public à stimuler les réflexions sur des enjeux communs dans la francophonie mondiale et dans les milieux francophones au Canada. Le Symposium était présenté sur place à l’Observatoire, à l’Université, et par téléconférence en ligne.
Trois invités d’honneur étaient d’abord appelés à parler sur place de leurs expériences en Nouvelle-Écosse. Ils étaient suivis par une présentation sur L’Acadie de la Nouvelle-Écosse et la francophonie internationale, connexions historiques et chemins d’avenir avec la conférencière Juliana Barnard. Une causerie a suivi avec le professeur Adil El Amouri, appuyé de Soukayna Moubarik.
Un atelier sur Les observatoires culturels : là où nous allons pour savoir où nous sommes a terminé les présentations académiques avec le professeur Roger Gervais, Mario Noury et Natalie Robichaud.
Le professeur Clint Bruce, directeur de l’Observatoire Nord/Sud, a organisé le tout premier Symposium de la Journée internationale de la Francophonie.
Le professeur Clint Bruce, directeur de l’Observatoire, a accueilli les gens qui ont répondu à l’appel. Il a présenté des faits sur la Francophonie internationale, qui compte 93 pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), comprenant 321 millions de francophones sur tous les continents.
Depuis octobre 2024, la Nouvelle-Écosse fait partie de l’OIF à titre de membre observateur, ce qui ouvre des portes à la coopération dans les domaines de la culture, de l’éducation et du développement économique, entre autres.
Le professeur Bruce a noté que l’obtention de ce statut illustre l’engagement du gouvernement provincial envers la protection et la promotion du français et de l’identité francophone.
La Journée internationale de la francophonie a été célébrée la première fois le 20 mars 1970 à Niamey (Niger), lors de la convention créant l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), ancêtre de l’OIF. Elle a été signée par 21 États et gouvernements, dont le Canada.
Le professeur a expliqué les raisons de ce Symposium. «Il s’agit de profiter de la Journée de la Francophonie pour souligner l’appartenance de notre communauté à l’espace géolinguistique. Notre milieu est de plus en plus un microcosme de la Francophonie internationale, surtout grâce à l’attractivité de l’Université Sainte-Anne. Le besoin de compréhension interculturelle se fait gravement sentir à l’heure actuelle. Nous pouvons profiter de nos expertises et de nos expériences ici à l’Université Sainte-Anne, notamment grâce au programme de maitrise en Cultures et Espaces francophones.»
Le Symposium a donc commencé par les trois invités d’honneur qui ont abordé leurs expériences envers la francophonie dans leur milieu de travail.
D’abord, Réanne Cooper, conseillère de la Municipalité de Clare, siège notamment aux comités de planification, de recrutement médical, de la police, du Western Regional Enterprise Network et de l’accessibilité. Elle travaille comme conseillère en développement durable au Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse (CDÉNÉ) et agit comme chargée de cours à l’Université Sainte‐Anne, où elle enseigne la gestion du développement durable.
Elle a notamment présenté la Municipalité, qui travaille sur une politique linguistique. C’est le seul gouvernement municipal dans la province qui effectue ses travaux en français. La majorité des gens locaux parlent en français et la Municipalité continue de créer des endroits où on peut parler en français.
Natalie Robichaud, directrice générale de la SAC, contribue à l’essor de la culture acadienne en tant que cinéaste, danseuse et animatrice de projets communautaires. Elle pilote de nombreuses initiatives de préservation et de mise en valeur du patrimoine acadien. Elle joue aussi un rôle important dans le milieu culturel.
Elle a expliqué son expérience comme cinéaste visant l’histoire musicale de la communauté et la francisation versus l’acadienneté, tout en notant la pratique des gens qui fêtent beaucoup leur fête nationale (15 aout) versus la Journée internationale de la Francophonie. En situation minoritaire en Clare, la francophonie est bien vivante. On continue de faire rayonner et préserver la langue en solidarité, selon elle.
Kenneth Deveau, recteur et vice-chancelier de l’Université Sainte-Anne, est titulaire d’un doctorat en éducation de l’Université de Moncton et spécialiste de la vitalité des communautés linguistiques en contexte minoritaire. Il est devenu, entre autres, professeur à l’Université Sainte-Anne au département des Sciences de l’éducation. Il est devenu vice-recteur à l’Enseignement et à la Recherche et enfin recteur.
Il se rappelle le débat sur l’école francophone lors de la création du Conseil scolaire acadien provincial et ses études qui l’ont amené à s’interroger sur son domaine d’études. Il a été chercheur associé à l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques.
L’Université Sainte-Anne est, selon lui, un lieu de rencontres physiques et intellectuelles. Il y a bien des gens qui découvrent la Nouvelle-Écosse via l’Université. Son plan stratégique vise à être plus efficace dans ce domaine.
La conférence de Juliana Barnard a suivi. Elle a présenté des aperçus de ses recherches pour une maitrise de l’Université Sainte-Anne visant une promotion d’une société équitable et durable. Ayant vécu et participé à des mouvements sociaux et culturels aux États-Unis, en Amérique latine et en Nouvelle-Écosse, elle a été directrice pendant 17 ans du programme de développement scolaire et communautaire au Conseil scolaire acadien provincial.
Elle a notamment présenté les résultats de ses entretiens avec plusieurs intervenants dans le cadre de ses recherches pour exposer l’évolution depuis 1968, lors de la fondation de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse par le père Léger Comeau, jusqu’en 2023. Elle a noté les perspectives de la jeune génération sur les avantages d’une collaboration Acadie-Francophonie, soit les avantages d’une collaboration avec le monde.
Le professeur Adil El Amouri a dressé un portrait culturel et linguistique de son pays natal, le Maroc.
Dans la partie mondiale du Symposium, Adil El Amouri a poursuivi avec sa causerie: Maroc : contact de langues, cultures et population. Originaire du Maroc et établi à la Baie Sainte‐Marie, il est inscrit dans son projet de maitrise en Cultures et espaces francophones, où il s’intéresse aux enjeux linguistiques et identitaires des communautés francophones minoritaires, particulièrement en milieu scolaire.
Il est assistant de recherche à l’Observatoire Nord/Sud et contribue à la réalisation d’entretiens. Il a présenté les différents dialectes marocains et français au Maroc, par le contact de langues, cultures et population. Il a indiqué comment les langues de son pays peuvent varier, comme c’est le cas en Acadie, dépendant des régions où on habite.
Roger Gervais, professeur agrégé en sociologie à l’Université Sainte-Anne, a animé l’atelier Les observatoires culturels : Là où nous allons pour savoir où nous sommes. Natalie Robichaud est revenue à titre de directrice générale de la SAC avec Mario Noury, directeur général du Conseil communautaire du Grand-Havre à Dartmouth depuis 2019.
Ces deux derniers ont à répondre à six questions portant sur leur communauté francophone et leurs expériences dans ces communautés. Chacun a expliqué comment ils ont impliqué les intervenants et appris avec la collaboration des personnes et groupes chez eux.
L’après-midi a pris fin avec un gouter et une présentation musicale de Vickie Deveau, qui a offert une séance musicale. Elle a entamé des chansons acadiennes/françaises originales très appréciées en racontant les anecdotes sur chacune. Elle a noté qu’elle était plutôt chômeuse, mais à l’emploi de la francophonie!
