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Dans la bibliothèque de Karina Pawlikowski

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Karina Pawlikowski. — PHOTO: Rémi Thériault
Karina Pawlikowski.
PHOTO: Rémi Thériault

La neige chahute. Dehors, si fort. L’hiver perdure, et ses tempêtes, et ses bourrasques, de flocons, de frissons, nous contraignant à rester bien au chaud dans nos maisons. Il y a pourtant du bon à cette hibernation. Du temps pour lire, peut-être écrire et rêver, et, dans ces mots, s’évader.

Dans la bibliothèque de Karina Pawlikowski
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Type de contenu: Rubrique

Karina Pawlikowski, autrice et artiste québécoise, vient de publier, avec Julien Morissette, Là où la poussière se dépose et Les amours extraordinaires. Deux œuvres qui parlent d’amour sans convention, à l’image de ces plumes marginales qu’elle admire et l’inspirent.

MPP: Quel est le livre de ton enfance?

KP: Je lisais pas beaucoup. Par contre, mes parents m’amenaient quand même à chaque  Salon du livre de l’Outaouais.

Puis, j’ai découvert une autrice.

Dominique Demers, qui avait lancé une espèce de collection qui s’appelait Alexis.

Des petits livres qui se lisaient vraiment rapidement, mais qui m’ont comme donné le gout à la lecture.

MPP: À l’adolescence, vers quoi t’es-tu tournée?

KP: J’ai commencé en fait à vraiment aimer lire quand je suis tombée sur Nelly Arcan par hasard. Donc j’ai lu Folle et Putain.

C’est ces deux livres-là en fait que j’ai relus toute mon adolescence. J’avais pas comme nécessairement envie d’aller vers autre chose. J’avais juste envie de me plonger dans cet univers-là.

MPP: Et qu’est-ce qu’on peut retrouver sur ta table de chevet?

KP: Les forces de Laura Vasquez.

J’ai jamais rien vu de tel. La forme est tellement éclatée, ça ressemble des fois à Proust. Puis, des fois, ça ressemble à une écriture hyper actuelle. Il y a comme pas de code, c’est tellement bon. Puis, des fois, c’est difficile de dire si c’est comme quelque chose qui se passe comme en temps réel ou si elle est en train d’imaginer ce qui se passe.

C’est tellement délicieux là, c’est tellement bon, c’est tellement comme obsédant.

C’est fou ce livre-là, c’est un chef-d’œuvre.

MPP: Est-ce qu’il y a un livre que tu aimerais avoir écrit?

KP: Celui-là!

J’en ai un autre aussi. Le livre de Deborah Levy, Le coût de la vie.

Ça m’a bouleversée. Des fois, tu lis un livre qui [est] exactement en concordance avec comment tu te sens, puis qu’est-ce que tu vis.

Tu trouves que les liens sont vraiment forts, puis on dirait que c’est toi qui écris.

MPP: Est-ce qu’il y a un personnage dans lequel tu te reconnais?

KP: Peut-être que le personnage principal en fait dans l’œuvre de Les forces.

Je me suis beaucoup identifiée à ce personnage-là. Puis, à un certain point dans le livre, ce personnage-là, il se fait vraiment remettre à sa place.

Ça frappe ton égo.

C’est vraiment un personnage qui se sent un petit peu à l’extérieur du monde. 

C’est vraiment percutant.

Puis, y a aussi un super beau passage sur c’est quoi faire ou comme écrire de la poésie, mais aussi faire une œuvre. C’est quoi une œuvre en soi?

Comment on peut se projeter aussi comme créateur?

MPP: Et est-ce qu’il y a un univers de fiction dans lequel tu aimerais vivre?

KP: Mon plus grand rêve là, c’est de vivre dans un monde où l’Internet lâche. Mais comme pour toujours.

Parce que là, on se retrouve tous à devoir sortir de nos maisons, puis parler aux gens. 

C’est vraiment quelque chose qui m’interpelle beaucoup.

Je lis vraiment pas beaucoup de livres postapocalyptiques. Mais j’aime beaucoup les livres, quand je ressens, qu’il y a comme, ils sont basés vraiment sur la quotidienneté.

Les livres de Jean-Christophe Réhel font beaucoup ça.

Par exemple, Ce qu’on respire sur Tatouine [ou] son dernier, c’est La blague du siècle.

On est vraiment dans un univers très domestique. Il y a comme des références à la maladie, des choses comme ça à l’intérieur de ses livres, mais il y a beaucoup d’humour aussi.

Des effets comiques aussi causés par justement l’espèce de tragique du quotidien de l’ère actuelle.

MPP: Si tu devais choisir un livre pour t’évader?

KP: J’avais beaucoup aimé La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette.

L’histoire d’une femme qui vraiment quitte ses enfants pour aller vivre en fait de sa pratique artistique à Montréal. C’est une femme qui fuit en fait ses engagements.

Les univers qui sont décrits par la plume d’Anaïs Barbeau-Lavalette sont vraiment magnifiques.

Les descriptions sont tellement réelles.

T’es vraiment en train de regarder un film pratiquement quand tu lis.

Elle a aussi écrit Femme Fleuve.

Il y a une histoire de romance qui se passe là-dedans là, vraiment fun à lire, qui nous amène ailleurs aussi. On n’est jamais dans des terrains connus.

De Deborah Lévy, il y a aussi un livre qui est vraiment fun à lire à l’été.

Hot Milk.

Il y a quelque chose d’hyper nébuleux, mais, dans l’écriture de Déborah Lévy, y a quelque chose de vraiment enivrant aussi.

MPP: Et si tu partais sur une ile déserte, quel livre emporterais-tu?

Un livre qui peut juste m’aider à cheminer. 

Je pense à Daniel Laferrière, Un certain art de vie.

C’est tellement délicieux parce que c’est juste des courtes phrases qui peuvent te guider toute la journée.

MPP: Enfin, si tu pouvais partager un diner avec un ou plusieurs auteurs, qui inviterais-tu?

KP: J’inviterai un auteur ou une autrice qui parle en français parce que, sinon, je sens que ce serait super malaisant d’essayer de communiquer.

J’irais avec Marjolaine Beauchamp, qui est une poète et autrice que j’affectionne beaucoup.

Je sais que je vais avoir une belle conversation avec elle.

Alexis de Dominique Demers

Folle et Putain de Nelly Arcan 

Les forces de Laura Vasquez

Le coût de la vie et Hot Milk de Deborah Levy

Ce qu’on respire sur Tatouine et La Blague du siècle de Jean-Christophe Réhel

La femme qui fuit et Femme Fleuve d’Anaïs Barbeau-Lavalette

Un certain art de vivre de Dany Laferrière

Marjolaine Beauchamp

Type: Rubrique

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