Type de contenu: Actualité
Une cérémonie en son honneur aura lieu le 21 février dès 14 h dans la chapelle de l’Université Sainte-Anne, où il a étudié dans sa jeunesse. Pour y participer, il faut réserver sa place en communiquant avec la Société acadienne de Clare (SAC) au 902 769-0955.
Le but de la cérémonie, selon Natalie Robichaud, directrice générale de la SAC, est de souligner la vie et l’histoire de J. Willie comme personne qui a beaucoup fait, non seulement pour Clare, mais pour la province.
«Il était politicien qui a assisté à l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse le plus longtemps que tous les membres et qui est ensuite devenu sénateur, raconte Natalie Robichaud. Il était aussi homme d’affaires et impliqué dans les domaines de la pêche et de la ferme (renards).»
Il s’est beaucoup battu pour la défense de la langue et de la culture acadiennes. Il a même aidé Dudley LeBlanc de la Louisiane à organiser la venue à Grand-Pré d’une délégation d’Évangéline en 1936, ces dames venant de chaque paroisse de la Louisiane.»
La petite fille de Willie, Dianne Thibault, présentera son grand-père lors de l’activité, devant des dignitaires qui auront aussi l’occasion d’honorer l’ancien sénateur.
Un groupe d’élèves de l’École secondaire de Clare, en 10e et 11e années, iront pour l’occasion à l’Assemblée législative à Halifax, le 3 mars. Les jeunes passeront la journée pour assister à une session avec une visite guidée de toute l’Assemblée. Il s’agit de la classe de l’enseignante Natalie Comeau. Ils ont déjà commencé à préparer leur visite.
Joseph Willie Comeau dans sa jeunesse, à Paris.
J. Willie Comeau est né en 1876 à Comeauville. Ses ancêtres faisaient partie des Acadiens revenus en Acadie après la Déportation des Acadiens dès 1755, s’installant dans la région de la Baie Sainte-Marie.
Lorsque le jeune Willie avait 15 ans, le curé de la paroisse l’a invité à étudier au nouveau Collège Sainte-Anne, récemment fondé par les pères Eudistes pour former les jeunes Acadiens. Il était de la première cohorte d’élèves en 1890. D’après ce qu’on raconte, sa famille a payé ses deux premières années d’études avec la vente d’une jeune vache, faute de moyens financiers.
Il est ensuite devenu enseignant à Meteghan tout en payant une partie des droits de scolarité de ses jeunes frères.
Il a alors entendu parler d’un poste de commissaire adjoint pour le pavillon canadien à l’Exposition de Paris de 1900. Grâce à son bilinguisme et à d’excellentes recommandations, dont celle du recteur de l’Université Sainte-Anne, le père Gustave Blanche, il a obtenu le poste. Ça lui a permis de passer un an à Paris, de voyager et d’élargir ses horizons à l’international.
De retour en Nouvelle-Écosse, Willie a épousé Grace Sheehan en 1902 et ils ont eu sept enfants. Après le décès de Grace, il a épousé Zoé Doucet en 1915 et ils ont eu neuf enfants ensemble.
En plus de se consacrer à sa famille, il s’est impliqué dans plusieurs entreprises commerciales. Il est devenu associé dans un chantier naval, a exploité une conserverie de homard à Comeauville et a été propriétaire d’une usine de traitement du poisson à Petit-de-Grat. Il a passé le reste de sa vie à Comeauville, dans la maison qu’il avait construite.
Le député devenu sénateur a commencé dans la politique provinciale en étant élu député pour le comté de Digby en 1907. Il s’est servi de cette plateforme pour défendre les intérêts des communautés acadiennes ainsi que leur culture.
Il a appuyé la création d’un livre d’histoire canadienne-française pour les écoles des régions acadiennes et a encouragé la formation en français du personnel enseignant par le biais de l’Université Sainte-Anne.
Il a été élu à neuf reprises, ce qui témoigne de la confiance que lui portaient ses électeurs et de son dévouement envers ceux-ci. Il a représenté le comté de Digby à l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse jusqu’en 1948, lorsque le premier ministre Louis St-Laurent l’a nommé sénateur.
Il est demeuré sénateur jusqu’à son décès, en 1966.
