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Le sénateur Réjean Aucoin se souvient du succès du film Le Tapis de Grand-Pré

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Couverture du livre Le Tapis de Grand-Pré. Récit écrit par les auteurs Réjean Aucoin et Jean-Claude Trembley.  — Illustrations d'Herménégilde Chiasson
Couverture du livre Le Tapis de Grand-Pré. Récit écrit par les auteurs Réjean Aucoin et Jean-Claude Trembley.
Illustrations d'Herménégilde Chiasson

Inspiré d'une histoire écrite par les auteurs Réjean Aucoin et Jean-Claude Tremblay (lauréats du Prix littéraire France-Acadie), Le Tapis de Grand-Pré raconte l'histoire d'un tapis au crochet inachevé, seul vestige de l'église de Grand-Pré, incendiée par les Anglais en 1755 lors de la Déportation des Acadiens.

Le sénateur Réjean Aucoin se souvient du succès du film Le Tapis de Grand-Pré
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Type de contenu: Récit

Mélange merveilleux de fantaisie, de tradition et d’aventure, cette histoire touche le cœur des enfants et des adultes de tous âges et de toutes cultures. 

La veille de Noël, les jeunes Rose-Marie et Constant se lancent dans une course nocturne avec Johnny à Minou, le facteur magique, à la recherche des 12 fils de laine dont ils ont besoin pour terminer le tapis magique de Grand-Pré. Volant parmi les étoiles dans le sac de Johnny à Minou, ils visitent les quatre coins de l’Acadie. Chaque arrêt les rapproche non seulement de la conclusion de leur quête, mais aussi de leurs ancêtres, les Acadiens de Grand-Pré, déportés en 1755. 

Henriette Aucoin, tisserande de tapis de Chéticamp, aujourd’hui décédée, exhibe fièrement le tapis qui a donné naissance à l’histoire, Le Tapis de Grand-Pré

PHOTO: Archives

J’ai pensé qu’il serait intéressant de revenir au tout début. Le sénateur Réjean Aucoin, fils de feu Eddie (à Médéric et Henriette) de Chéticamp, a parlé avec enthousiasme du projet lors d’une récente entrevue avec Philippe Haché du Cinéclub de Chéticamp.

«Tout a commencé au début des années 1980, alors que je travaillais pour Radio-Canada et que je ne pouvais pas rentrer à la maison pour Noël, raconte M. Aucoin. Ma mère a décidé de me confectionner un magnifique tapis au crochet représentant une église, mais avec une croix inachevée. Une chose en entrainant une autre, une histoire a commencé à se dessiner. Les morceaux de fil manquants, la tradition du tapis au crochet, etc. Les morceaux de fil auraient été dispersés avec les Acadiens en 1755 lors de l’expulsion et il faudrait de la magie pour les retrouver afin de terminer Le Tapis de Grand-Pré.»

«Jean-Claude Trembley et moi-même avons demandé des subventions au Conseil des arts afin de financer la publication d’un livre pour enfants et, petit à petit, la version française du livre a vu le jour en 1986. Plus tard, la deuxième version du livre a été traduite en anglais et la version française a également été réimprimée», explique le sénateur Aucoin. 

«Le réalisateur Phil Comeau a entendu parler de cette histoire et m’a contacté, intéressé par l’idée de faire un film sur le tapis de Grand-Pré. Une société montréalaise, Vie le Monde, est venue à Chéticamp pour filmer cette production. Le Tapis de Grand-Pré a été le premier film présenté par cette société dans les Maritimes.»

Une partie de l’équipe de tournage et des participants au film Le Tapis de Grand-Pré

PHOTO: Archives

«Finalement, le Théâtre populaire d’Acadie [l’a] présenté sous forme de production théâtrale qui a également fait une tournée dans les Maritimes et au Centre national des Arts à Ottawa. En 1990, le film a même été présenté aux Jeux de la Francophonie au Maroc. Ainsi, un livre a été publié, qui a remporté le Prix France-Acadie en 1987. Il y a eu un film, une production théâtrale, et l’histoire a été diffusée sur Radio-Canada et Radio CKJM.»

Réjean Aucoin et d’autres membres de l’équipe du film travaillant avec Louis-Joseph Maillet, qui a joué le rôle de Johnny à Minou dans Le Tapis de Grand-Pré

PHOTO: Archives

«Je dirais que pour ceux qui ont participé à la production du film, d’une manière ou d’une autre, ce fut certainement une expérience passionnante! Ce serait formidable de voir le film refait. Une chose dans le film, c’est qu’ils ont doublé les voix parce que la société de production a déclaré que nous ne parlions pas un français standard adapté au marché international. C’était une décision de la société que nous n’avons jamais acceptée, donc si nous pouvions refaire le film, ce serait formidable d’avoir les voix originales des acteurs avec notre accent acadien.»

Avec un petit rire, le sénateur Aucoin a partagé quelques anecdotes sur le tournage du film: «Nous tournions pendant la Semaine Sainte et devions tourner une scène dans la sacristie de l’église, alors que la messe était à 18 h. Nous avons terminé juste à temps, avec environ une demi-heure pour démonter tous les accessoires et tout remettre en ordre.»

«Nous avons également tourné une scène dans l’ancienne maison Glebe de Saint-Joseph-du-Moine, qui n’existe plus aujourd’hui. Nous avons vidé le réfrigérateur, en retirant tout son contenu et en le répandant sur le sol pour la scène où le gouverneur Lawrence revient à la recherche des jumeaux. Il avait tout jeté par terre, ligoté Suzanne (jouée par Patricia à Willie Tom Muise) et l’avait enfermée dans le réfrigérateur. Bien sûr, nous avons tout rangé après la scène. Il y a aussi la scène où Suzanne est à nouveau sur le quad à la recherche du tapis au crochet. C’était la première fois qu’elle conduisait un VTT.»

Le sénateur Réjean Aucoin lors d’une visite à l’École NDA pour rencontrer des élèves. Une discussion a eu lieu sur l’histoire du Tapis de Grand-Pré, la langue française et le processus d’écriture. 

PHOTO: de gracieuseté

«La première version de l’histoire a été diffusée pendant une semaine sur Radio-Canada à Moncton, puis l’idée d’écrire un livre a germé. C’était également formidable d’entendre l’histoire diffusée sur Radio CKJM avec les voix des habitants de Chéticamp. Cet enregistrement existe probablement encore, et je souhaiterais qu’il soit diffusé chaque année.»

«Aujourd’hui, 40 ans plus tard, il est toujours aussi populaire, car c’est Noël chaque année, pour les enfants comme pour les adultes. Certains adultes m’ont abordé pour me demander si j’avais vraiment écrit cette histoire, ou m’ont dit qu’ils ne savaient pas que j’avais écrit ce livre. Cela m’a ému aux larmes.»

«Il est vrai que si nos ancêtres de Grand-Pré avaient pu célébrer Noël en 1755, cela aurait été un évènement important, mais malheureusement, ils n’ont pas pu le faire», explique le sénateur Aucoin.

«Malheureusement, je n’ai pas pu assister à la projection du film Le Tapis de Grand-Pré à Chéticamp à l’occasion du 40e anniversaire. Je souhaite à tous ceux qui ont participé d’une manière ou d’une autre à ce film que cette soirée ait été mémorable et qu’elle leur ait permis de revivre une expérience très émouvante», a conclu le sénateur Aucoin.

Imaginez que tout cela ait commencé avec un tapis au crochet conçu et créé par Henriette Aucoin. D’une manière fantaisiste, il semblerait que la magie ait opéré à chaque fois qu’elle tirait sur les boucles de laine. J’aime croire que les esprits de nos ancêtres acadiens étaient présents, l’encourageant et jouant d’une certaine manière un rôle important dans la concrétisation de cette histoire.

(Tiré d’une entrevue entre le sénateur Réjean Aucoin et Philippe Haché, avec leur permission).

À lire aussi: On souligne le 40e anniversaire du film Le Tapis de Grand-Pré à Chéticamp

Type: Récit

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