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Il a œuvré au sein de plusieurs organismes locaux dans la région de Halifax, mais aussi pour le Conseil scolaire acadien provincial en tant que vice-président, ainsi que pour des organismes provinciaux, comme le Regroupement des aînés de la Nouvelle-Écosse, à titre de président, la Société de Presse Acadienne, à titre d’administrateur pendant plus de 10 ans, et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE).
C’est justement en 2021 qu’il a reçu de la FANE le certificat de mérite Léger-Comeau.
«Claude est un bâtisseur, pis c’est un champion de la francophonie en Nouvelle-Écosse», dit Jules Chiasson, directeur général de la FANE et ami personnel de Claude Renaud.
On perd une personne très, très impliquée et très importante pour la communauté, et c’est sûr que Claude, c’est une personne qui va nous manquer.»
«Pendant plus de 40 ans, il a contribué avec constance et détermination, mais surtout avec cœur, au développement et à la vitalité de nos communautés acadiennes et francophones», a déclaré le RANE via communiqué.
Acadien de cœur
Tout plein d’hommages sont ressortis sur les réseaux sociaux à la suite de la nouvelle, notamment une publication du Conseil communautaire du Grand-Havre (CCGH), un organisme pour lequel Claude Renaud a beaucoup contribué.
Image de Claude Renaud et autres membres en rencontre. Archives du CCGH.
«Claude est l’exemple parfait de ce qu’on appelle un Acadien d’adoption», dit Jean-Guy Deveau. Venu à Halifax en 1983 pour le travail, en provenance de Montréal, Renaud a vite été sensibilisé à la cause acadienne et francophone et s’est taillé une place dans cette communauté francophone émergente.
Il a laissé de nombreux legs, dont sa contribution à la création du festival de la francophonie et du centre médical avec médecins francophones à Bedford.
Il avait l’éducation en français à cœur, impliqué dans la création du Centre scolaire communautaire d’Halifax et faisant partie du comité travaillant sur la construction de l’École du Carrefour, ouverte en 1991. «Claude a joué un rôle important dès le départ, dès son arrivée», souligne Jules Chiasson.
«Il a participé aux débuts de la gouvernance scolaire francophone, notamment à titre de président du Conseil d’école du Grand-Havre, puis comme représentant et vice-président du CSAP, raconte le RANE. Il a également contribué aux efforts ayant mené à une meilleure équité dans la distribution de la taxe scolaire.»
Diane Racette remettant le prix de Bénévole de l’année 2016-2017 à Claude Renaud. Archives du CCGH.
L’amour de la culture
Claude Renaud était toujours impliqué avec le CSAP, mais aussi avec la communauté et ses activités culturelles.
Avant l’arrivée du Carrefour du Grand-Havre, il était important pour les bâtisseurs, comme Claude Renaud, de militer pour la création d’un centre communautaire. De démontrer que l’on ne voulait pas seulement une école, mais aussi des espaces pour vivre sa francophonie.
Amoureux du français, de la musique, des arts et des rencontres, Claude Renaud a également été pionnier dans la création de la Société culturelle du Grand Havre, le précurseur de la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse.
Cette société avait un cinéclub, présentait fréquemment des pièces de théâtre et encourageait une ligue d’improvisation locale. Tout ça sans lieu physique.
«Claude pouvait voir que c’était important de démontrer au gouvernement, soit municipal, provincial ou fédéral, qu’il y avait une vie active dans la région», se remémore Jean-Guy Deveau.
Sonia Losier, qui a longtemps chanté avec la conjointe à Claude Renaud, Marie-France, pour la chorale Les Voix d’Acadie, se souvient d’un homme impliqué, présent en arrière-scène, souvent avec un appareil photo proche pour capter des souvenirs.
«Il est tellement gentil, dit-elle. Il était drôle aussi. Il avait vraiment un bon sens de l’humour.»
Jules Chiasson, lui, se souvient d’une personne discrète et humble qui aimait participer, mais qui ne cherchait pas la vedette. Il faisait réfléchir, menant vers des réflexions approfondies.
Pour Nicolas Jean, directeur général du Courrier de la Nouvelle-Écosse, son plus beau souvenir de Claude Renaud remonte au Congrès mondial acadien de 2024, à l’église Saint-Bernard.
«Claude était assis sur un banc et m’a souri, raconte-t-il. La lumière était magnifique, Les Voix d’Acadie répétaient et les œuvres de François Gaudet décoraient ce lieu spécial. Tout semblait parfait et à sa place.»
«C’est ce que j’aimerais voir»
Ce que l’on peut retenir de Claude Renaud, c’est sa capacité à négocier, à trouver des compromis entre partis opposés et à structurer la communauté, notamment en ce qui concerne les statuts et règlements, mentionne Mario Noury, directeur général du CCGH.
À être une «force tranquille», rigoureux et souple en même temps, sachant poser les bonnes questions aux bons moments et donner confiance.
«C’était lui qu’on allait voir. C’était lui notre Grand Manitou pour nous expliquer qu’est-ce qui se passait», raconte Sonia Losier, ajoutant qu’il avait une facilité avec la vulgarisation, capable de renchérir les discussions avec sa perspective.
C’est tout ce travail qui fait «qu’on a la communauté qu’on a, et qu’on a une communauté qui est capable de se projeter dans l’avenir», ajoute M. Noury.
Selon Jean-Guy Deveau, une manière de rendre hommage à Claude Renaud serait de maintenir la vie culturelle active à Halifax, mais aussi à travers la province.
«Claude fait partie de ces bâtisseurs dont la liste de contributions est immense, commente Nicolas Jean. Selon moi, son plus grand legs est le caractère inspirant de son parcours pour les générations actuelles et futures.»
«Dans les moments de doute, c’est en se rappelant des personnes comme lui que l’on retrouve de la force et de l’espoir.»
Jules Chiasson croit que Claude Renaud est un personnage dont le passage à Halifax mérite d’être souligné de manière permanente, suggérant une reconnaissance quelconque désignée en son nom. «C’est ce que j’aimerais voir.»
Une page interactive a été créée sur le site Internet du Courrier, invitant les membres de la communauté à rendre hommage à Claude Renaud, en quelques mots.
